Guillaume Brasseur
Alors que débutera la semaine prochaine "Artistes" le nouveau spectacle du cirque d'Hiver Bouglione, nous vous proposons de découvrir l'entretien que nous avons eu avec Guillaume Brasseur, l'attaché de presse du cirque d'Hiver, qui nous explique comment est créé un spectacle dans cet établissement.

  • Comment se prépare au fil du temps un spectacle pour le Cirque d'Hiver Bouglione ?

    En prenant vraiment à la base, le premier travail est celui du directeur artistique, Joseph Bouglione, qui souvent par connaissance, et aussi parce qu'il voyage beaucoup de cirques en cirques, fait une sélection de numéros qu'il a vu et aussi, mais c'est plus rare, sur les vidéos qu'il reçoit régulièrement. Il les visionne toutes mais si le numéro retient son attention il le verra toujours en vrai, dans un autre cirque ou festival afin de bien se rendre compte du rendu et de l'impact sur le public, ce qui lui permet également de rencontrer les artistes. En moyenne ce travail se fait 2 ans à l'avance.

    Son impératif est qu'il faut évidemment que le numéro lui plaise, mais aussi que le numéro rentre dans le cadre de l'esprit Cirque d'Hiver car la programmation y est un peu particulière. Un numéro peut être très bien dans un autre cirque mais peut ne pas correspondre à l'image du Cirque d'Hiver. Il faut également faire en fonction du public que l'on reçoit, nous sommes en plein centre de Paris donc ce n'est pas tout à fait le même public que pour une tournée. Joseph essaye également de toujours s'imaginer ce que le numéro peut rendre dans le Cirque d'Hiver car ce ne sont pas les mêmes espaces, ce ne sont pas les mêmes lumières que sous un chapiteau, le public n'est pas disposé de la même façon, les gradins montant beaucoup plus haut.

    C'est donc avec tous ces impératifs que Joseph compose pour réussir à créer chaque année un spectacle différent mais avec toujours la même signature Cirque d'Hiver Bouglione.


  • Justement vous nous parlez de la différence entre une structure stable avec un chapiteau itinérant, quels sont les avantages et/ou inconvénients au travail dans un cirque en pierre ?

    Nous avons l'avantage ou l'inconvénient, cela dépend de la manière de voir les choses, d'être dans une structure qui n'a pas à voyager tous les jours. Le premier avantage est vraisemblablement le cadre du Cirque d'Hiver : l'architecture très spéciale du lieu qui a été créé pour le cirque, toute l'histoire qu'il a connu, tout cela offre déjà une certaine magie.

    Ensuite de pouvoir se permettre d'avoir beaucoup plus de moyens techniques, que ce soit pour le son ou les lumières ou encore l'habillage de la salle, c'est un avantage certain.

    Au niveau du travail proprement dit, c'est beaucoup plus confortable, pas de soucis de logistique, de transport, de démontage. Pour les répétitions c'est beaucoup plus facile car nous avons tout sous la main et les équipements sont déjà réglés.


  • Revenons à la création d'un spectacle : que se passe-t-il entre la signature du contrat deux ans à l'avance et le début des répétitions ?

    Au cours des 2 ans, pas grand chose si ce n'est quelques échanges pour garder le contact. Cependant, plusieurs choses peuvent se mettre en place au niveau des costumes, de la musique et de la chorégraphie. En fait l'artiste est engagé avec son numéro au niveau technique, sa mise en scène mais si ça ne correspond pas à l'esprit cirque d'Hiver, un costume lui est confectionné, la mise en piste peut être revue et une nouvelle musique sera composée, soit par Germain Bourque, soit par Toni Bario notre chef d'orchestre ou encore notre guitariste ou notre pianiste. Ce sont les 4 compositeurs principaux qui reviennent régulièrement dans les musiques du cirque d'Hiver.

    Ça c'est la partie qui concerne les numéros mais il y a aussi une autre partie qui se développe plus avec Sergio et Alberto Caroli et de manière générale avec les clowns et les comiques : c'est le fil conducteur du spectacle. Joseph donne une idée de base et ce sont eux qui brodent tout ce qui va être dialogues, gags etc .... Soit ça reste sur l'idée départ soit ça évolue complètement.

    Dans les spectacles du cirque d'Hiver, il y a toujours un épilogue qui un rappel du fil rouge et d'année en année ça devient de plus en plus difficile de trouver une idée originale pour ne pas refaire ce qui a été fait les années précédentes. D'ailleurs l'année dernière ça a été un peu plus compliqué, les problèmes arrivés juste avant le début du spectacle n'ont rien arrangé (ndlr : Hashley des N'Dux Malax est décédé peu de temps avant). On a alors essayé de rattraper avec Paco de Goty's mais c'était fait dans l'urgence et c'est pourquoi lorsque l'on a prolongé en mars, la partie fil rouge a été un peu supprimée. Cependant cette année avec Mimi et Angelina cela fonctionne beaucoup mieux et le public accroche.

    Ensuite les répétitions sont assez courtes, elles se déroulent sur 3 semaines environ. Les artistes n'arrivent pas tous en même temps, c'est échelonné sur 1 semaine. Chaque artiste arrive avec son numéro, ce ne sont pas des répétitions du numéro proprement parlé mais plus l'installation du numéro sur la piste du cirque d'Hiver avec le calage des musiques, des lumières.


  • Après la première le spectacle évolue-t-il ?

    Oui il se raccourcit pour gagner en dynamise, ensuite ce qui évolue le plus c'est le fil rouge, les artistes le rode en fonction des réactions du public et maintenant à chaque séance c'est différent, le trame est posée et le reste c'est beaucoup d'improvisation au niveau des dialogues.

    Au niveau de la logistique, je pense principalement pour les animaux, le cirque étant en plein centre ville, comment gérez vous cela ?

    C'est un petit peu le souci lié au cirque fixe. Il y a quelques années le cirque avait beaucoup plus de notoriété et la mairie était plus souple, que ce soit au niveau des tolérances pour déborder un petit peu, des autorisations étaient données pour des espaces aux alentours pour les caravanes et les animaux. Maintenant c'est n'est plus le cas donc il est donc évident que l'on aura plus une girafe en même temps qu'un numéro d'éléphants ou qu'un groupe de tigres, il faut donc composer avec ces contraintes d'espace.


  • Vous parlez de tigres justement, depuis que la nouvelle génération Bouglione a repris les spectacles au cirque d'Hiver il n'y a pas eu de numéro de cage. Est-ce un hasard ou une volonté ?

    C'est un peu les deux à la fois, Thierry et Sandrine ont un numéro avec tigres et panthères, Bella (Ringenbach) présente cette année un tigre en liberté. C'est une volonté de présenter au cirque d'Hiver des numéros différents et d'offrir une image différente des fauves avec un aspect plus poétique. C'est le lien de complicité entre l'animal et le dresseur que l'on souhaite mettre en avant. Cependant ça n'exclut pas d'avoir un numéro de cage et il y en aura peut-être un qui viendrait l'année prochaine.

    C'est techniquement plus contraignant, au niveau de l'espace et du montage de la cage, mais ça peut se faire et ça se fera dans doutes ...


    Nous tenons à remercier Guillaume Brasseur pour son accueil et la disponibilité avec laquelle il a repondu à nos questions.




    Source : François Dehurtevent




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