Aidyn Israfilov
Aidyn Israfilov présente un numéro unique en son genre. Avec son partenaire "macaca nemestrina" il mêle jonglage et dressage, le tout avec Humour, tendresse et une rare complicité.

  • Depuis le début de cette tournée 2006 avec le cirque Arlette Gruss, vous êtes très médiatique. Hier encore vous étiez sur France 3 et vous passez régulièrement dans les journaux. Vous attendiez vous à cet accueil ?

    J'ai déjà travaillé plusieurs fois en France mais jamais durant une saison entière, c'était pour des galas et des festivals donc oui ça m'est déjà arrivé de faire des reportages mais pas autant que maintenant. L'année dernière j'étais au Royal Palace de Kirwiller où les danseuses en étaient les vedettes donc là non plus pas de reportages.

    Depuis le début de cette saison c'est un grand plaisir pour moi de répondre aux questions. De manière générale, c'est un plaisir pour tous les artistes de voir qu'on s'intéresse à eux. D'ailleurs maintenant lorsque je fais une promenade avec mon partenaire dans le zoo, les visiteurs nous reconnaissent et viennent me voir.


  • Vos parents avaient un numéro de chameaux, avec lequel vous étiez d'ailleurs déjà venu en France. Comment en êtes vous arrivé à travailler avec des singes ?

    Quand j'étais petit j'ai toujours dressé des animaux, c'était comme un jeu. Les chats, les chiens etc ... En une heure avec un chien j'arrivais a lui apprendre quelques chose. Je prenais en cachette de la nourriture dans le réfrigérateur de ma mère et cherchait un chat pour lui faire executer des tours. J'ai toujours préféré les petits animaux, mais mes parents travaillaient avec des chameaux jusqu'au jour où une amie de la famille qui travaillait avec des singes de la même race que ceux que j'ai maintenant -des macaques à queue de cochon- m'a proposé de l'aider à les nourrir et à les soigner.

    Je faisais déjà du jonglage sur monocycle, mieux que maintenant d'ailleurs, et je voulais y joindre un animal. Mes parents m'ont donné le choix entre le chien et le singe. Comme il existait déjà en Russie un numéro de monocycle avec chien j'ai choisi le singe car il est plus intéressant pour le public. J'ai trouvé à en acheter un et c'est comme cela que tout a commencé.


  • Votre numéro est unique actuellement, pouvez vous nous en parler ?

    Oui le numéro est unique en son genre mais ce n'est pas uniquement le numéro, c'est aussi certains " tricks " que fait le singe et qui n'ont jamais été fait auparavant. Il peut par exemple jongler avec moi sur une longue distance. Il a fallu deux ans pour apprendre au singe à lancer dans les mains. Au départ il faisait les mêmes erreurs qu'un jongleur débutant mais on ne peut pas lui expliquer comme on le ferait avec un homme. C'est à mon avis le tricks le plus difficile qu'on puisse faire réaliser à un singe, le public ne s'en rend pas forcement compte car cela parait naturel mais la difficulté d'apprentissage est bien réelle.


  • Depuis quand travaillez vous avec votre singe actuel ?

    J'ai eu mon premier singe à 15 ans et j'ai commencé le travaille 6 mois plus tard mais le numéro n'était pas encore très abouti.

    Le numéro actuel existe de puis 10 ans et je travaille aujourd'hui avec le deuxième singe, le premier est au repos jusqu'à l'été. Ensuite j'aimerai faire le mélange des deux singes pour le numéro. Je voudrais qu'ils travaillent en alternance, c'est à dire que lorsque l'un sort par le rideau, l'autre rentre, comme cela je pourrai encore améliorer le numéro en prenant ce que chacun fait de mieux.

    Le plus grand est un peu plus joli mais moins rapide Cependant il se comporte sur la piste comme un véritable acteur. Le plus jeune, Rony qui a 8 ans est plus rapide.

    Vocha aura 13 ans en septembre. C'est avec lui que je suis allé à Monte-Carlo pour le festival de la première rampe et également au festival du cirque de demain. Il est très intelligent ; si il voit une cage il sait qu'il peut y avoir un animal, c'est le cas avec les fauves dans la ménagerie alors que le plus petit se méfie beaucoup moins. Je pense que c'est du au fait que Vocha vient d'un zoo alors que Rony a été sauvé d'un laboratoire ou ils ne sont pas en contact d'autres animaux et ne vivent jamais plus de deux ans.



  • Comment avez vous vécu le Festival International du Cirque de Demain ?

    C'est une histoire un peu spéciale, c'était à la fin de l'année 1999. Habituellement le festival louait le cirque d'Hiver Bouglione pour la manifestation mais pour cette année spéciale du millénium, le festival devait se dérouler sous le chapiteau du cirque Arlette Gruss.

    La grande tempête de 1999 a eu lieu alors que j'étais dans l'avion pour la France. A mon arrivée il n'y avait personne qui m'attendait à l'aéroport et j'ai appris seulement après qu'on venait de téléphoner en Russie pour annuler le festival et reporter à l'année suivante, mais trop tard j'étais déjà arrivé.

    Je suis donc revenu en 2001 et la aussi c'était particulier. Le matériel pour le spectacle à disparu à l'aéroport. La veille du festival j'ai donc du chercher dans Paris pour trouver le bâton, les cerceaux etc ... Je n'ai pas eu beaucoup de temps pour répéter car le singe doit connaître le matériel et ses odeurs, je n'ai donc pas très bien travaillé, le singe était lent et peu concentré.

    L'année suivante je suis à nouveau revenu pour " Trapèze " le spectacle du cirque d'Hiver Bouglione et la encore il s'est passé quelque chose. A l'aéroport ils ont oublié d'enlever le singe de l'avion et dans l'heure suivante il est retourné à Moscou ! Il est finalement arrivé en France le matin suivant.



  • Comment se fait l'adaptation de vos singes à un nouveau chapiteau, à une nouvelle musique et un nouveau costume ?

    Pour la musique et le costume ce sont les miens. Je n'ai pas changé parce que d'une part ça correspondait avec le spectacle et d'autre part parce que pour le singe ce n'est pas bon. Par exemple si je change de parfum le singe peut croire que ce n'est plus la même personne et c'est la même chose avec les vêtements. Cela fait 10 ans que je travaille avec les animaux et j'ai toujours utilisé les même vêtements pour les répétitions.

    Quand nous sommes arrivé à Bordeaux en début de tournée j'ai laissé aux singes le temps de découvrir la piste et le chapiteau en les laissant se promener et en leur donnant à manger en piste. La musique et les lumières ont ensuite été ajoutées petit à petit.



  • Que pensez vous des associations ou des lois qui tendent vers un cirque sans animaux ?

    Je ne suis pas d'accord avec cela car par exemple pour mon numéro j'ai pris le premier singe dans un zoo où il n'était pas en bonne santé et je lui ai donné les soins nécessaires que le zoo ne pouvait pas lui apporter. L'autre singe je l'ai sauvé d'un laboratoire.

    Mon père lui avait sauvé ses chameaux de la boucherie. Ce sont des animaux domestiques qui sont bien nourris et bien soignés maintenant.

    De plus pour le public dans un cirque le contact avec les animaux est direct alors que dans un zoo ce n'est pas possible. De plus on ne peut pas voir l'intelligence des animaux, elle n'est pas mise en valeur et les enfant ne peuvent pas le comprendre.

    Lorsqu'un propriétaire de chien ne s'en occupe pas ou le laisse dans un appartement on ne dit rien alors que c'est la même chose, ce qui compte ce que l'on s'occupe bien des animaux.

    Il faut bien évidemment que des règles soit fixées mais surtout qu'elles soit mises en application pour tout le monde et qu'il y ait des contrôles.



  • Vous avez un rapport particulier avec vos animaux, mais pouvez vous tout faire avec eux ou y a-t-il des barrières à ne pas franchir ?

    Par exemple j'ai essayé de lui apprendre le monocycle mais ça ne fonctionnait pas. Je me suis rendu compte que c'était trop difficile pour lui, c'est pour ça que j'ai abandonné car je veux que notre relation reste une relation de complicité. Il faut qu'il ait confiance en moi et dans ce que je lui demande de faire. Si c'est trop difficile ce n'est pas la peine.

    J'ai ma propre vision de ce qu'il faut faire et de ce qu'il ne faut pas faire avec les animaux. A mon avis il faut travailler avec les animaux en utilisant leurs attitudes naturelles. Vous pourriez me dire que le singe ne fait pas de vélo à l'état sauvage mais en fait ça a été très facile pour lui d'apprendre et maintenant c'est devenu une attitude naturelle. Ce qui est important c'est que lorsqu'il fait du vélo je le laisse aller où il veut, il n'y a pas un trajet obligatoire, c'est lui qui s'amuse avec le vélo comme le ferait un enfant.

    Il faut avant tout respecter ce qu'ils sont capables de faire ou non, il ne faut jamais les forcer. Par exemple lorsque pendant le numéro il met sa veste sur la tête, c'est lui qui l'a d'abord fait seul pendant les répétitions, c'est venu naturellement. Je l'ai alors récompensé à chaque fois qui le faisait et maintenant c'est devenu naturel et ça fait parti du numéro.



  • Quels sont vos projets ?

    Ma première idée est d'améliorer encore mon numéro en faisant travailler les deux singes pour que ça devienne un très bon numéro. J'ai également une autre idée qui est de faire un numéro avec des chiens et des ânes.

    En fait j'ai beaucoup d'idées encore mais ça sera toujours avec des animaux.



    Merci à Aydin de s'être séparé quelques minutes de ses protégés afin de répondre à nos questions.




    Source : François Dehurtevent




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