Hans Ludwig Suppmeier


  • Avez-vous des origines circassiennes ?

    Ma mère est une enfant de la balle, la quatrième génération au cirque. Elle était écuyère, et fut notamment jockey dans la troupe de Hansel, qui joua à Médrano en 1961. Elle a rencontré mon père chez Krone, où il était électricien.

    Ma soeur et moi, nous sommes donc la 5eme génération.


  • Et comment en êtes vous venu au spectacle ?

    Nous avons grandi chez Krone. Voyant mon gout pour les animaux, Christel Sembach m'a fait démarrer à 7 ans : je donnais la haute-école pendant le spectacle des enfants. Dès 12 ans, je donnais, avec Christel, des numéros équestres. Un temps, je fus le plus jeune écuyer d'Europe !

    Puis j'ai évolué vers l'acrobatie et le trapèze volant. J'ai été porteur chez les Flying Bells, puis les Flying Madisons.

    En 1989, je suis arrivé à l'American Circus de Flavio Togni. Flavio venait de décrocher un contrat pour aller en Amérique, chez Ringling, et il avait besoin d'aide. Je suis donc parti chez Barnum avec lui, pendant 2 ans. j'y ai énormément appris. Après cela, j'ai aussi travaillé chez Knie, chez Roncalli et au Big Apple Circus.


  • Qu'attendez-vous de votre prestation en France, au Cirque d'Hiver ?

    j'ai peu d'expérience en France. Je sais, et je vois ce que la jeune génération Bouglione a fait ici, c'est unique : c'est le seul exemple d'un mélange aussi réussi entre la pure tradition et l'esthétique contemporaine. J'aime la programmation du Cirque d'Hiver, la façon dont le spectacle est construit. J'attends donc le succès, et un bon accueil du public !




  • Pour en revenir aux fauves ?

    Flavio Togni avait dressé des panthères pour Ringling. Cela m'a plu, et servi d'expérience; récemment, l'American Circus est allé en Roumanie, et j'ai présenté la totalité des numéros animaliers, chevaux, tigres, exotiques, etc... Joseph Bouglione m'a vu travailler avec les tigres à Bucarest, il a aimé, et me voilà à Paris !


  • Quels sont les tigres que vous présentez ici ?

    Un mâle blanc, Tibet, 6 ans, trés indolent, mais docile.

    Sumina et Delhi, deux femelles golden tabi de 5 et 6 ans ; excellentes, intelligentes, mais nerveuses !

    Enfin, Shiba, une femelle à robe blanche rayée, qui a 18 ans, étonnamment capable vu son âge !

    En fait, il vaut mieux avoir un groupe très homogène en âge, où tous les sujets évoluent simultanément. Cela donne des numéros qui durent dans le temps, et qu'on maitrise mieux.


  • Comment envisagez-vous l'avenir de votre profession ?

    J'ai peur pour mon métier, et je suis révolté par ce qu'on raconte au grand public sur les dresseurs.

    Prendre des animaux est une responsabilité de chaque instant, qui exige une implication énorme.

    Si nous ne nous impliquions pas, si nous maltraitions nos bêtes, nous travaillerions contre nous-mêmes.

    Malheureusement, 99% de notre travail reste dans l'ombre. les dresseurs ne constituent qu'un minuscule groupe de pression, très faible.


  • Mais si vous continuez, c'est que vous avez un espoir. Lequel ?

    Oui, j'ai foi dans le public. Mon espoir, c'est que les gens viennent et voient. C'est le public qui nous sauvera.




    Source : Julien MOTTE / Club du Cirque




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