Sampion Bouglione Jr
C'est quelques jours après la première d'Artistes, le spectacle 2006-2007 du cirque d'hiver Bouglione, que nous avons rencontré Sampion Bouglione Jr qui y présente son numéro de claquettes et balles rebond.

  • Pouvez-vous nous expliquer la création et l'évolution de votre numéro ?

    J'ai commencé les claquettes relativement jeune, en commençant tout d'abord par les claquettes irlandaises puis ensuite les claquettes américaines. Dans mon premier numéro il n'y avait que des claquettes irlandaises et j'ai voulu évoluer en incorporant des claquettes sur de la musique rock. C'est pourquoi j'ai ajouté les claquettes américaines en voulant briser les clichés que l'on peut avoir sur le style des musiques qui y sont associées ... d'où la musique rock du début de mon numéro. J'ai également voulu incorporer les balles avec les claquettes, ce que je ne faisais pas dans mon ancien numéro.


  • Comment avez vous travaillé pour arriver à ce mélange ?

    C'était un peu difficile au début car il fallait trouver les tempos tout en restant en accord avec la musique, il fallait que les rebonds soient une rythmique de la musique. J'ai dû consulter plusieurs professeurs avant de réussir à sortir quelques notes.


  • Quels ont été vos professeurs ?

    J'ai commencé les claquettes à l'âge de 9 ans avec Pat et Kate Bradford qui font un numéro de claquettes et d'équilibres. Ils avaient travaillé avec mes parents et c'est comme cela qu'ils sont devenus mes premiers professeurs. Ensuite j'ai fait une école de claquettes où j'ai appris toutes les techniques de base : claquettes américaines, claquettes irlandaises, danses etc ... Puis inévitablement j'ai appris l'acrobatie, car c'est une des bases fondamentales du cirque et j'ai intégré les numéros du cirque d'hiver tels que le charivari, les vélos ou encore le tumbling il y a deux ans. J'ai donc participé à plusieurs types de numéros avant de faire le mien en solo. Depuis maintenant 4 ans, sur une idée de mon père, je me suis mis au jonglage et c'est ainsi que pour ma prestation j'ai voulu associer toutes les techniques et utiliser toutes les bases que je possède.


  • Est-ce que vos parents, qui sont également artistes de cirque, ont un regard objectif sur votre travail ? Ne sont-ils pas plus exigeants ?

    Oui et non à la fois, cela dépend des moments. Quand ils trouvent que c'est bien ce sont les premiers à venir me le dire mais lorsqu'il y a la moindre faute ce sont également les premiers à me le signaler. Ils sont francs avec moi, si il y quelque chose qui n'est pas bon ils vont m'en faire part mais toujours en restant constructifs et en proposant une solution d'amélioration. La construction de mon numéro est basée à 85% sur leurs conseils. Cependant au départ je ne voulais faire qu'à mon idée, mes parents me donnaient tout de même des conseils mais bien évidemment je n'en tenais pas compte. C'est à force de travailler avec la vidéo que je me suis rendu compte qu'il avaient raison. Donc, depuis, j'essaye d'appliquer au mieux le moindre conseil.

    Le travail de création a véritablement été un échange mais ça reste " mon " numéro, au final c'est moi qui tranche et qui décide mais j'avoue que les conseils et idées de mes parents ont une place importante et je trouve d'ailleurs tout à fait normal d'avoir un autre avis sur son travail, si c'est celui des parents c'est d'autant mieux.



  • De la même manière, le directeur artistique est-il également plus exigeant parce que vous êtes un Bouglione ?

    C'est un peu le même fonctionnement, c'est toujours des conseils qui sont bons à prendre que ce soit moi ou un autre artiste, Joseph ne se gène pas pour les donner et tout ça dans l'intérêt du spectacle.


  • Vous avez eu une formation de base avec des professeurs mais comment vous êtes vous forgé votre expérience ?

    J'ai débuté le jonglage seul mais je suis rapidement allé à Fontenay sous Bois à l'école d'Italo Medini où j'ai acquis une solide formation de jongleur.
    Pour mon premier numéro je n'en ai fait qu'à ma tête et ensuite je me suis mis à écouter les remarques et les conseils des gens que j'ai transformés pour arriver au numéro actuel.


  • Que pensez- vous des écoles de cirque comme Châlons par exemple ?

    Ce sont des écoles qui ont des gros moyens pour former des élèves. J'ai déjà vu de beaux numéros sortir de Châlons. J'ai vu également l'académie Fratellini qui a également beaucoup de moyens, le seul " problème " est que cela ne fait que peu d'années qu'ils sont ouverts et qu'il faut du temps pour sortir des numéros et encore pas mal de temps pour les lancer.


  • Quelles sont vos références en matière de jonglage ?

    J'aime tous les styles et n'en ai pas un de prédilection. J'aime autant Viktor Kee qu'un jongleur traditionnel, ce qui m'intéresse vraiment c'est ce que l'artiste dégage envers le public. C'est pour cela que j'aime beaucoup Viktor Kee et Francis Brunn, ce sont des numéros que l'ont peut regarder des centaines de fois et qui donnent l'envie de travailler pour toujours progresser.


  • Comment vivez- vous le fait de jouer au cirque d'Hiver Bouglione quand on s'appelle Bouglione ?

    C'est un rêve qui se réalise, j'ai beaucoup de pression mais c'est un vrai plaisir. J'ai longtemps été à l'extérieur de la piste à voir les numéros avec toujours l'envie d'y être un jour en me disant que le jour où je serai en piste j'aurai déjà réalisé quelque chose.


  • Pourquoi ne pas vous êtes orienté vers le dressage car les Bouglione sont une grande famille de dresseurs, vos parents en sont certainement l'exemple le plus direct ?

    Je sais ce que c'est que d'avoir des animaux, c'est fantastique mais je sais aussi ce qu'est le souci au quotidien. Mes parents n'ont jamais pu se permettre de partir plus d'une journée ou deux. De plus il y a le danger lorsque l'on travaille avec des animaux sauvages, il faut une bonne dose de courage. Ce sont tout ces facteurs qui ont fait que je me suis orienté vers le jonglage et les claquettes.


  • Comment voyez-vous la suite de votre carrière ?

    Je fais ce métier pour me faire plaisir, le plus important pour moi et de m'amuser en piste. J'ai la pression mais lorsque je rentre en piste cette pression se relâche toute seule car je fais ça avant tout pour le vivre.


    Merci à Sampion Jr pour sa disponiblité et sa sympathie tout au long de notre entretien.




    Source : François Dehurtevent




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