Dom-Dom


  • Pouvez-vous nous expliquer votre parcours et comment vous êtes venu au cirque et plus particulièrement au jonglage ?

    Je suis issu d'une famille nombreuse puisque j'ai 10 frères et soeurs. Mon père est musicien et nous avons toujours été baignés dans l'univers de la musique. A la maison nous n'avions pas la télévision mais nos parents nous passaient bon nombre de films de Chaplin ce qui fait que depuis l'age de 3 ans je me suis inspiré de ce grand acteur et j'ai profité de mes nombreux frères et soeurs pour en faire mon premier public en tentant de les amuser avec mes imitations.
    Je me suis ensuite orienté vers le tennis, avec de la réussite puisque j'ai fait les championnats de France mais à l'age de 15 ans le poids de la compétition me pesait trop et j'ai donc abandonné cette voie.
    Entre temps j'avais rencontré un clown dans la rue qui m'avait convié le soir même à une réunion de clowns dans une école de cirque mais j'ai très vite déchanté car à mon sens pour être un bon clown et pouvoir faire rire il faut avoir déjà vécu, avoir de l'expérience.


  • Et le jonglage dans tout ça ?

    J'étais dans l'association « école des arts de la piste » de Boulogne Billancourt où nous avions monté une troupe d'animations de rue et c'est ainsi que j'ai pu tester, dans la rue, le jonglage que j'avais appris seul en parallèle.
    Le créateur de cette école connaissait Italo Medini et l'avait invité à un spectacle de fin d'année et c'est ainsi, en 2001, que j'ai rencontré celui qui deviendra rapidement mon professeur et qui l'est d'ailleurs toujours.


  • N'êtes vous pas finalement plutôt clown que jongleur ?

    Je voulais d'abord maîtriser la technique du jonglage pour pouvoir ajouter des effets comiques car lorsque l'on a 5 raquettes en l'air il faut pouvoir se détacher pleinement de la difficulté pour faire rire. Ensuite tout est parti de Charlie Chaplin, c'est d'ailleurs pour ça que je suis allé vers le cirque et d'ailleurs mes parents ne le voulaient pas. J'ai répété trois ans en cachette dans ma chambre avant de les inviter à mon premier spectacle et c'est ainsi que tout a débuté.
    Je me considère faire plutot parti des jongleurs excentriques que des clowns jongleurs


  • Comment s'est passé la construction de votre personnage et de votre numéro avec Italo Medini ?

    Italo me reprenait beaucoup sur la technique, sur la présentation des figures, le salut, mais il m'a laissé une totale liberté sur le personnage et c'est parmi les choses que j'aime beaucoup chez lui car ça n'aurait pas été possible dans d'autres écoles où il est imposé un style, un programme fixe etc ...
    Ici je peux venir m'entraîner à n'importe quelle heure, je sais qu'il sera présent tous les après-midi et que si j'ai besoin d'un conseil je le consulte simplement.
    En commençant l'animation de rue, j'ai débuté avec des costumes de clowns bariolés mais rapidement je me suis rendu compte que ça ne me correspondait pas, je me suis alors replongé dans mon passé, dans dans ce que j'avais déjà vécu. Une partie de ma famille vient d'un milieu aisé c'est pourquoi j'ai vu beaucoup de personnes venir boire le thé avec des manières très distinguées. Je retrouvais également ce coté distingué dans les clubs de tennis avec beaucoup de personnes qui cherchaient à se donner un genre. C'est donc en observant beaucoup que j'ai reproduit certains gestes en essayant de montrer à ce sport qu'il ne faut pas se prendre trop au sérieux.
    Jacques Tati est aussi pour moi une référence importante dans l'art de l'imitation et du mime.

  • Pratiquez vous encore le tennis ?

    Oui j'étais d'ailleurs professeur de tennis à Asnières où Sever Dron qui était mon entraîneur et qui est le directeur du club, mais également un grand monsieur du tennis qui a entre autre gagné la coupe Davis, m'a engagé car j'avais une manière différente d'enseigner et essayant d'ouvrir les enfants au plaisir du jeu et en leur offrant d'autres alternatives.
    Ivan Radev, Menno Van Dycke, François Borie, Sampion Bouglione Jr et vous même avaient tous le même professeur et pourtant vos numéros sont tous différents. Y-a t-il un point commun entre vous ?
    Effectivement nous avons la même « marque de fabrique » dans le style car notre professeur est italien et le jonglage italien est rapide et vif. Nous jonglons vite et sur scène il faut que ca déménage. Ce n'est pas un jonglage lent, il n'y a pas de message à comprendre, le but est d'en mettre plein la vue en étant le plus impressionnant possible dans la rapidité.


  • Avez-vous une référence comme jongleur ?

    J'aimerai bien atteindre ce que fait Kris Kremo, c'est à dire faire le plus simple possible, mais j'ai compris que pour faire simple il faut d'abord savoir faire compliqué. L'idéal pour moi serait d'arriver en piste avec 3 balles et de faire rire les gens et ensuite ajouter le coté impressionnant comme par exemple avec les cinq raquettes mais tout cela ne s'invente pas : ça se travaille.


  • Quels sont vos projets ?

    J'ai pas mal de projets avec le tennis, ca serait d'arriver à donner au tennis un coté spectacle avant les matchs, de tourner avec un cirque ou cotoyer les variétes en Allemagne.




    Merci à Dom-Dom pour sa gentillesse et sa patience pour cette interview.

    Source : François Dehurtevent




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