Pascal Bister
  • D'où vous est venue cette passion du cirque ?
    Le cirque a été depuis ma tendre enfance une passion que m’a fait découvrir mon père et mon oncle qui eux faisaient à la base de la gymnastique et qui en 1972 ont créé une école de cirque. À cette époque nous habitions dans un café et mon père qui était moniteur s’y entraînait , je suis né dans un deux pièces à côté de cette salle, tout petit j’allais voir mon père qui pratiquait déjà certaines disciplines du cirque comme marcher sur un fil, équilibre, trapèze et faire le clown avec son frère qui lui était surtout illusionniste, voilà comment j’ai découvert cette passion, j’ouvrais la porte da la salle et en couche-culotte je faisais mes premières roulades ou je tapais sur les premiers tremplins à lames de ressorts ou l’ on faisait déjà quelques petites acrobaties. Voilà d’où est née ma passion pour ce beau métier qu’est le cirque.

  • Depuis ces premières expériences, en avez-vous fait votre métier, ou celà reste une passion ?
    Non pas du tout, après mon service militaire j’ai exercé le métier de commercial pendant 24 ans et arrivé à un certain âge j’ai voulu tourner la page et faire du cirque mon métier.

  • Pratiquiez-vous toutes les disciplines enseignées dans une école de cirque ?
    Comme on était société de gymnastique avant la création du Persé Circus, j’ai pratiqué beaucoup la gym avec participation à des championnats régionaux où j’ai pu me distinguer à certains agrés comme les barres parallèles ou l’acrobatie au sol et pour mes premières découvertes sur les arts du cirque j’ai commencé à apprendre à marcher sur une boule, j’ai fait beaucoup de rola rola (rouleaux américains) et après j’ai découvert le côté aérien, en particulier fil de fériste, funambule, la corde volante, cela m’a beaucoup plu d’être dans les airs, mais la magie m’attirait déjà beaucoup.

  • Avez-vous découvert des pistes célèbres ?
    La première piste que j’ai foulée était celle de Pinder Jean Richard, et je voulais découvrir les coulisses et la vie du cirque, c’était très important pour moi de savoir comment cela se passait. Ensuite j’ai eu la chance de partir avec Achille Zavatta qui était un homme formidable, un clown merveilleux, avec qui j’ai passé des moments sensationnels et là je donnais un petit coup de main mais la première piste où j’ai réellement travaillé c’est chez Willy Zavatta direction Jacky Beautour où je présentais un numéro de grande illusion (la malle des indes, le temple de Bénarès, la femme zig zag...) des grands classiques de la magie, j’ai même failli suivre cette voie là mais à l’époque mes enfants étaient très petits et j’ai beaucoup pensé à leur éducation, c’est ce qui ma freiné et a provoqué un tournant dans ma vie, ne faire que du cirque mais d’une autre manière sans suivre les grands chapiteaux avec qui j’ai vécu des choses extraordinaires.

  • Le tournant provoqué dans votre vie serait-il la passation du savoir ?
    Oui j’ai eu envie de vivre cette passion autrement en passant du côté professionnel, j’ai eu cette envie de transmettre à toute une génération de jeunes ce que moi j’avais pu apprendre. Le virage s’est négocié par une reconnaissance puisque je voulais travailler avec les centres de loisirs, les écoles... à partir de là, la seule reconnaissance sur les arts du cirque était la FFEC (Fédération Française des Ecoles de Cirque) qui nous faisait passer le BIAC (Brevet d’initiation aux arts du cirque) j’ai donc passé cet examen à l’école Arc en Cirque à Chambéry pendant plusieurs jours. Sur mes acquis je devais prouver mon savoir sur les arts du cirque, j’ai réussi cet examen et mon BIAC me permet aujourd’hui de travailler en particulier avec l’éducation nationale avec qui je monte de très jolis projets, et à travers tout cela je suis heureux.
    Ce que je garde personnellement c‘est ce que mon oncle Robert Bister m’a appris, l’art de la moyenne et de la grande illusion que je transmets aussi au Persé Circus.

  • Au niveau de l’enseignement, que vous demande la FFEC ?
    Le cirque étant un art qui se transmet dans le respect de la personne, une charte qui doit-être respectée existe à la FFEC avec la partie pédagogie et formation, hygiène et sécurité et la dimension artistique.

  • Qui a créé le Persé Circus et pourquoi en avez-vous pris la suite
    Il a été créé en 1972 par André Bister, Robert Bister, Georges Miltgen et Pierre Blairet, tous quatre membres de la Persévérance Avant-Garde Verdunoise (société de gymnastique fondée en 1878). Mon père André Bister en est le patron, excellent formateur ils avaient monté à l’âge de 15 ans avec son frère une troupe "The Bister Brother". Il a 87 ans aujourd’hui et il est toujours là pour conseiller les élèves, il participe encore aux spectacles. En 1996 la succession était destinée à Georges Miltgen qui a choisi de partir avec les grands chapiteaux pour vivre autrement sa passion. J’ai donc repris la présidence du Persé Circus.

  • Combien de licenciés avez-vous en 2009 ?
    Exactement 155 licenciés, nous sommes au maximum par rapport à la structure et à l’encadrement. En tant que directeur du Persé Circus je vis ma passion à 100% et suis très fier de cette école de cirque. J’ai bon espoir pour la pérennité de l’école car mes deux fils prennent le chemin que j’ai suivi.

  • Les changements de sites successifs de l’école vous ont-ils été préjudiciables ?
    Nous avons connu quatre gros déménagements pour différentes raisons :
    - La salle de la cour cloué de 1878 à 1976 "la persévérance avant-garde"
    - La salle du manège militaire de 1977 à 1983 qui était bien en période estivale pour les spectacles et l’entraînement mais nettement moins bien en hiver car pas de chauffage et pas d’alimentation en eau, des températures trop basse pour pouvoir travailler.
    - L’ancien cinéma Vox qui était fermé depuis 14 ans, à remettre en état, cela nous a pris presque un an de travaux pour accueillir les élèves et faire l’inauguration avec deux gros spectacles puisque entre temps on avait un gymnase pour pouvoir enseigner. Nous y sommes resté plus de vingt ans.
    - Et badaboum ... en 2004 on recommence, la mairie ayant des projets pour cet emplacement nous revoilà délocalisé. Ce fût le pire de tout pour le Persé Circus qui a failli mourir. Nous sommes alors remis dans un autre manège militaire de la ville pendant presque 2 ans avec promesses d’aménagements mais les choses ne se sont pas déroulées comme cela avait été dit, alors il nous a fallu prendre le taureau par les cornes pour sauver le Persé Circus puisque encore une fois pas de chauffage etc... Nous avons été obligé de fermer les portes à 160 licenciés à la fédération française d’école de cirque à qui on a demandé d’arrêter l’activité.
    Nous nous sommes plaint à plusieurs reprises de la situation mais rien n’avançait, nous avons alors changé de localité, en contact avec la commune de Thierville sur Meuse où nous avons été très bien accueilli. Début 2007, la commune nous a donné une salle fermée depuis dix ans où il y avait des travaux à réaliser. Financièrement nous avons investi beaucoup avec une bonne contribution de leur part. Trois mois ont suffit pour que les activités du Persé Circus reprennent.
    Aujourd’hui en 2009 nous avons acquéri un chapiteau de 400 places, et depuis un an et demi nous avons bien relevé la tête malgré ce mauvais passage à vide douloureux.
    Au moment où je vous parle, le Persé Circus a retrouvé sa dynamique et le nombre de licenciés qu’il avait dans le passé. Avec cette grande salle et le chapiteau nous avons de quoi faire de la belle production et de très beaux spectacles.

  • Pensez-vous que ce mauvais passage est un mal pour un bien ?
    Oui je le pense puisque nous n’avions jamais eu le plaisir d’avoir un chapiteau, certes nous avions une salle magnifique transformée en petit cirque d’hiver (ancien cinéma Vox) mais ce chapiteau nous met dans l’ambiance, pour nous c’est une autre dimension, il a un impact positif sur les élèves et sur le public.

  • Quel type de sorties et de prestations faites-vous ?
    Nous nous déplacons sur toutes manifestations confondues sur un ou deux jours, ce qui représente 40 sorties sur l’année, nous partons jusqu'à 25 ou 30 personnes, installons le portique aérien ... Toutes les disciplines sont proposées, on joue en palk (plein air), pour les périodes de fin d’année on a l’occasion de se produire 20 à 25 fois y compris sous notre chapiteau et nous avons été fier de représenter en 2008 la Lorraine à Paris. Nous participons au Festival du Cirque de Vaucouleurs et à sa parade.

  • Avez-vous eu des élèves qui ont fait du cirque leur métier ?
    Oui certains sont partis dans des cirques en Belgique avec un numéro de corde volante, d’autres de trapèze, d’autres des numéros de patins à roulettes, mais une élève particulièrement au trapèze a fait un parcours exceptionnel après une formation solide au Persé Circus, à 17 ans elle est partie se perfectionner chez Madame Annie Fratellini sous son chapiteau, ensuite dans les cabarets parisiens, ensuite dans les croisières, ensuite chez Eurodisney et aujourd’hui au Cirque du Soleil, et en ce moment à Las Vegas.

  • Comment voyez-vous l’avenir de votre école de cirque ?
    Nous avons des élèves qui sont avec nous depuis 15/20 ans, d’autres voulaient rester mais le marché de l’emploi décide souvent pour eux. C’est une grande reconnaissance pour nous, ils ont un grand attachement à l’école de cirque et l’avenir du Persé Circus je le vois plus beau qu’aujourd’hui puisqu’il faut toujours aller plus loin, former toujours plus de jeunes, organiser plus de spectacles et de manifestations sur le cirque. Pour cela je ferai appel aux meilleurs éléments de l'école et leur ferai rencontrer des artistes professionnels sous notre chapiteau ce qui les valorisera. Présenter un spectacle de qualité avec 2 ou 3 numéros professionnels voilà mes objectifs pour l’avenir.

  • Utilisez-vous la vidéo comme outil de travail ?
    Cela nous arrive d’utiliser ce moyen pour apporter des corrections dans la prestation et la présentation, les élèves en se voyant corrigent plus facilement leurs défauts.


    Merci à Pascal Bister pour son accueil et sa disponibilité.

    Source : Jean Pépin pour Aucirque




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