Ronny Gan

  • Si l’on demandait aux amateurs de cirque de citer les présentateurs qu’ils connaissent, vraisemblablement bien peu donneraient votre nom. Comment expliquez-vous ce manque de notoriété ?

    C’est paradoxal, parce que durant ces dernières années, je suis certainement celui qui a présenté le plus grand nombre de spectacles de cirque. Mais c’était aux Antilles ou à la Réunion. Là-bas, il y a même eu une captation télévisée du spectacle qui a donné lieu à trois émissions qui sont régulièrement rediffusées sur les chaînes locales. Alors oui, on connaît bien Ronny Gan, mais dans les îles...

  • Vous n’êtes pas issu d’une famille de cirque, comment y êtes-vous venu ?

    Par passion bien sûr, en commençant par accompagner des cirques pendant les vacances. Ça a d’abord été avec le clown Boboss, l’actuel patron du Cirque Alexandra Franconi pour la tournée des plages. Il y a eu aussi Rancy-Carrington chez qui tant de grands professionnels du Cirque sont passés.


  • Vous êtes tout de suite venu à la présentation ?

    Non, même si j’avais fait un peu de Radio au moment de l’explosion de la bande FM (Je m’appelais Mendrax sur Fun-Radio, toute une époque !).
    En fait, c’est par la publicité que je suis entré au Cirque en 1989. Je m’en suis occupé pour l’Achille Zavatta 2 des Micheletty puis ensuite pour Amar du temps de Désiré Rech. J’y avais réalisé quelques photos et affiches qui ont marqué, notamment pour Daewoo.
    Et puis là, je me suis arrêté un certain temps pour me consacrer à des animations commerciales.


  • Alors, quand avez-vous revêtu pour la première fois le costume de « Monsieur Loyal » ?

    J’ai commencé il y a une dizaine d’années avec Mario Hart sous l’enseigne William Zavatta. Et puis en 2002, je me suis associé avec Christian Laurent et Patrice Roche pour lancer le Cirque Balladin. Nous avions un super plateau avec Daniel Suskov et les éléphants de Ronald Spendler. Malheureusement, l’opération a fait long feu. Je n’aurai été patron que quelques semaines… (rires)

  • Et le Cirque Roger Lanzac ?

    C’est peu après que Roger Mordon m’a parlé de son projet de partir à la Réunion. Un chapiteau de 2 500 places, un spectacle de qualité avec des volants, etc. L’aventure était passionnante ; j’ai signé des deux mains pour présenter le spectacle et m’occuper de la publicité et de la communication. Ensuite, nous avons présenté là-bas "Circo do Brazil" avec un orchestre brésilien qui depuis est toujours avec nous. Et puis ça a été la Guadeloupe et la Martinique toujours avec le même succès.


  • Quels ont été vos modèles en matière de présentation ?

    Bien sûr, il y a l’influence de Roger Lanzac à "La Piste aux Étoiles" mais celui qui m’a vraiment marqué, c’est Nandy Werl qui présentait chez Pinder dans les années 80.
    Aujourd’hui, bien sûr j’apprécie la rigueur d’un Sergio mais j’aime surtout la manière de travailler de Patrice Roche.


  • Et vous, comment travaillez-vous ?

    Je n’écris pas mes textes ; je les construis mentalement et ils se façonnent de spectacle en spectacle. Une intervention c’est comme une musique : ce qui compte c’est le premier et le dernier mot, c’est sur le ton qui est donné que doit s’harmoniser l’orchestre.


  • La fonction de "Monsieur Loyal" a tendance à disparaître…

    Si c’est vrai, c’est bien dommage ! Au cirque traditionnel, ce rôle est indispensable pour mettre en valeur les artistes et rythmer le spectacle. Et puis, il y a toujours le risque de l’incident technique…

  • Vous en avez connu ?

    L’an dernier à Royan, nous avons eu une coupure de courant pendant plus d’une demi-heure. Et bien, il n’y a pas eu de blanc ; j’ai inventé un sketch : « la rencontre amoureuse d’une mouette et d’un goéland », j’ai fait jouer le public, tout le monde s’est amusé et personne n’a vu le temps passer. Sans présentateur, c’était la catastrophe.


  • Et votre meilleur souvenir dans tout cela ?

    C’est sans aucun doute notre débarquement à La Réunion. J’avais informé la presse locale qu’il y aurait une parade à la descente du bateau. Nous avions aligné les convois sur le quai, derrière les véhicules des sponsors s’étaient mis en place, ça ressemblait un peu au Tour de France. J’étais dans le camion avec Roger Mordon. En regardant en contrebas, nous avons vu qu’il y avait une foule, nous nous sommes dit « Tiens, il y a un marché de l’autre côté… » Mais quand nous sommes arrivés à cet endroit nous nous sommes aperçus qu’il n’y avait pas de marché ; c’était une foule, une foule immense faite de milliers et de milliers de personnes qui étaient là pour attendre le Cirque ! Un truc comme ça, croyez-moi, ça ne peut pas s’oublier...


  • Et quels sont vos projets pour les années qui viennent ?

    Il y a sept ans maintenant que je travaille chez Roger Lanzac, j’y ai vécu et j’y vis des moments fantastiques comme je viens de le dire mais il est vrai que j’ai aussi besoin de me nourrir d’autres influences et de relever de nouveaux défis.


  • Toujours dans la présentation ?

    Je souhaite continuer à présenter bien sûr mais en même temps j’ai aussi envie de tenter d’autres choses.
    Auguste par exemple, pourquoi pas, j’y ai déjà réfléchi…
    Et puis surtout je viens de monter un spectacle de mentalisme avec torsion de cuillères, vision le yeux scotchés, book test, calcul rapide, etc. Ça, c’est une vraie nouvelle expérience !

  • Et si vous aviez une définition pour votre métier… ?

    Je crois que je dirais que nous sommes des transporteurs de rêves !...




    Photos : DR et Catherine Rozès


    Source : Alain Neuville




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