Famille Landri
  • Parlez-nous des origines du Cirque de Venise ?
    M. Landri père : La grand-mère est originaire de Venise et le grand-père Napolitain, mon arrière grand-père avait déjà un Cirque Landri en Italie. Mes grand-parents ont décidé de quitter l’Italie, mais la destination qu’ils voulaient n’était pas la France, mais l’Amérique.


  • Que s’est-il passé pour l’Amérique ?
    M. Landri père : Ils devaient prendre un paquebot qui chargeait du fret à Marseille. De ce fait le bateau est resté un peu plus de quinze jours, la famille n’étant pas bien fortunée ils ont trouvé un engagement et au moment de faire le voyage, ma grand-mère voyant la paie qu’avait fait son mari a dit pourquoi aller aussi loin puisque la somme d’argent gagnée était importante pour le peu de temps de travail. La décision de rester fût prise, c’est ainsi que le Cirque Landri est resté en France plus particulièrement dans l’Hérault et le Midi.
    Par la suite les six frères se sont séparés. Parmi eux j’ai un oncle qui a été un très grand Auguste. Il a monté des entrées comiques avec Spiessert Louis, c’était les premiers taxis démantibulés en pantomime. Il quittait de temps en temps le clan familial, il partait en tournée avec Pinder.
    Il était difficile à l’époque de faire vivre une grosse famille sous un seul chapiteau,


  • Les frères se sont-ils retrouvés ?
    M. Landri père : La guerre est venue, ils se sont fixés à Béziers, nous avons des racines dans cette ville, pendant la guerre ils louaient les dromadaires et les trois chevaux non réquisitionnés pour labourer les vignes. La guerre terminée, le cirque est reparti sur les routes avec trois frères. Lorsque que le cirque familial devient trop important, les frères se détachent et d’autres établissements se montent car sur un seul chapiteau il est difficile de subvenir au besoin de plusieurs familles.


  • Comment se passe la vie du chapiteau ?
    M. Landri père : C’est ainsi que très jeune mon père m’a appris plusieurs disciplines : dressage, trapèze, jeux icariens, clown, antipodis ... Je continue à enseigner à mes enfants toutes les maîtrises parce que les circassiens ont un spectacle de famille, c’est pas comme les artistes qui ont un ou deux numéros à leur actif, il faut être bon dans plusieurs disciplines et tout faire y compris trouver les emplacements des tournées. C’est le plus dur et le plus ingrat, aujourd’hui c’est de plus en plus difficile pour faire tourner un cirque, on est à la merci des municipalités, des pouvoirs publics, beaucoup de contrainte pour exercer ce beau métier que je fais avec passion. J’ai toujours tout donné dans mon cirque et je veux toujours faire mieux.


  • Le Cirque de Venise est-il attaché à la tradition ?
    M. Landri père : Avec mes enfants on continue à garder une dimension à l’échelle artisanale en faisant de la qualité. Mon plus grand plaisir c’est lorsque le spectacle est fini de me positionner à la sortie du chapiteau et que les gens nous remercie, ça c’est réconfortant de tous les problèmes que nous avons en permanence parce que le cirque c’est le direct il faut être sans cesse présent et réactif.
    Les vacances on connaît pas, quand on ne peut donner de spectacle pour diverses raisons, on en profite à utiliser notre temps à remettre en état le matériel ou faire des répétitions car le temps nous manque pour s’entraîner et renouveler les numéros.


  • Rencontrez-vous beaucoup de problèmes ?
    M. Landri père : Le cirque est méritant, mais malheureusement trop de personnes ne reconnaissent pas le cirque comme tel. Le travail pour monter un spectacle, installer le cirque et devant certaines municipalité , à faire des courbettes jusqu’à par terre pour avoir une place. Je leur propose de venir avec nous quelques jours, ils auraient le couvert et seraient logés, vous constaterez les problèmes qu’il y a pour gagner sa vie honnêtement.


  • Que pensez-vous de la polémique actuelle sur la présence d’animaux dans les cirques ?
    M. Landri père : Actuellement il est beaucoup question des animaux au cirque. J’assiste aux réunions de travail au ministère à Paris pour la détention d’animaux. Lors de présentations pédagogiques j’informe les enfants qui sont à l’écoute. Il y a des gens qui ont des oeillères, qui ne nous approchent pas pour voir comment cela est vraiment, tous les animaux qui sont dans les cirques sont bien dans leur tête parce qu’ils ont plusieurs années de captivité. Nous faisons de la reproduction nous-même pour nos besoins. Depuis plusieurs générations nous avons des tigres, et non ! ils ne seraient pas mieux dans leur pays d’origine, nous les avons élevés et ils sont dépendants de l’homme. Quand ils ne sont pas bien nous le sentons de suite, c’est notre expérience d’animalier, il n’y a pas d’épreuve de force avec l’animal, au contraire on est cool avec eux parcequ'on les aime.




  • Comment vous paraît la communication de ces associations contre les animaux au cirque ?
    M. Landri père : Les personnes membres d’associations de défense des animaux devraient se rapprocher de nous car ils montrent et informent de certaines méthodes sur le dressage qui ont au moins vingt ou trente ans en arrière où il y avait toujours des épreuves de force. A l’heure actuelle beaucoup de dresseurs et dompteurs procèdent au dressage à la récompense. Manipuler un fauve avec un cube de viande au bout de la baguette pour lui faire faire ce que son maître attend de lui n’est pas une épreuve de force.
    J’ai dressé de la tourterelle à l’éléphant en passant par les fauves , toujours avec le dressage à la récompense. Certains animaux n’ont pas toujours les aptitudes à faire certaines figures. Il ne faut leur faire exécuter que ce qu’ils sont capables de faire. Il y a eu beaucoup de changements dans la présentation des animaux en piste.
    Ces personnes reprennent des photos de plusieurs années en arrière. L’animal a quelque fois des positions pas très jolies, il va être couché les quatre pattes en l’air sur le dos et la tête en appui dans son écuelle, c’est cette photo qu’ils montreront plutôt que mes tigres qui gambadent qui s’amusent, qui sautent quand ils sont en récréation. Ils ne feront jamais voir une photo ou l’animal est heureux, il ne font que de la discrimination envers les cirques, ils sont très peu nombreux mais font un mal considérable au cirque.


  • Pensez-vous qu’à ne pas dialoguer avec les gens de cirque peut altérer leur objectivité sur le sujet ?
    M. Landri père : Je le répète il serait bon qu’ils se rapprochent de nous et qu’ils dialoguent, je prends l’ exemple, ce petit poney apaloosa que j’ai offert à mon fils Yvan quand il était bébé, il l’a baptisé Tonnerre, alors que nous avons de superbes chevaux qui sont un vrai plaisir des yeux, eh bien ces associations ont fait une photo de ce poney.
    On a eu des critiques sur ce poney parce que les gens ne savent pas, ils croient qu’il est malade, mais pas du tout c’est un animal qui a trente ans , on attend qu’il s’éteigne paisiblement, il est très heureux avec nous et nous le protégeons encore , mon petit fils parfois veut le monter , je lui interdit et lui fait comprendre qu’il ne faut pas fatiguer Tonnerre qu’il faut prendre un autre poney pour faire une promenade. On y fait attention comme nos yeux, tout en sachant qu’un matin…. Mon souhait c’est qu’il y ai moins d’agressivité sur les gens de cirque par ces personnes là.


  • En tant qu’animalier, le mot de la fin.
    M. Landri père : Nous faisons tout pour que nos animaux soient bien, évidemment on ne peut pas les promener en laisse ou les lâcher à cause du danger, mais dès que l’on peut leur donner du bien être la cage de récréation est à eux toute entière. Tous les quinze jours nous sommes contrôlés par la direction des services vétérinaires du département ou nous sommes, et ce sont des vétérinaires qui eux sont habilités à dire si un animal est malade ou est mal soigné.
    Aucun animal que nous possédons depuis plusieurs générations n’a été prélevé dans son milieu naturel notre soucis permanent est de les garder en très bon état, en évitant la consanguinité.
    Il y a quelques années une expérience de remise de lions dans leur milieu naturel n’ayant qu’une génération de captivité dans un cirque n’a pas été concluante. Je demande encore à ces gens là qui nous font du mal de se rapprocher un peu plus de nous pour qu’ils constatent ce que l’on fait avec énormément de cœur et beaucoup de sacrifices à être nuit et jour près de nos animaux.





  • Steve, parlez nous du cirque de Venise.
    Steve Landri : Ce sont quatre générations qui se sont succédées avec l'amour et la passion du cirque. Aujourd'hui nous sillonnons les quatre coins de la France, dans le temps chaque cirque avait plus ou moins sa région. La tâche la plus difficile pour un cirque est l'administration, entre les politiques qui en décident autrement et les promoteurs qui rachètent les places il devient très compliqué de préparer sa tournée. Nous nous battons pour continuer à présenter un spectacle dans la tradition, une piste, de la sciure, des fauves, de la cavalerie pour que petits et grands puissent rêver. Dans nos spectacles le fil conducteur est basé sur Venise, nom que porte notre établissement en hommage à la grand-mère.


  • Comment se passe le renouvellement du spectacle chaque année quand 80% des numéros sont familiaux ?
    Steve Landri : On ne peut évidemment pas renouveler un spectacle complet, il y aura toujours les fauves, la cavalerie et les exotiques, mais nous changeons la chorégraphie, les costumes et la mise en scène. On se remet cependant chaque année en question en présentant de nouveaux numéros. On engage également des artistes et là la question ne se pose pas car ils changent chaque année.


  • Combien de villes visitez-vous par an ?
    Steve Landri : Entre quarante et cinquante, en général nous visitons une ville par semaine, il nous arrive d'en faire deux. C'est une tournée assez importante à l'échelle de notre spectacle, comparé à de grandes enseignes.


  • Est ce votre première venue dans l'Est de la France
    Steve Landri : Nous sommes ravi d'être présents sur les Festivals de Vatan et de Vaucouleurs, qui nous permettent de rencontrer de nouveaux horizons, de nouvelles personnes ce qui est très enrichissant. Nous approchons rarement de certaines régions car il faut bien se canaliser, nous sommes bien connus sur le sud de la France et avons donc notre tournée et notre public chaque année. La région parisienne nous accueille 3 à 4 mois par an avec un public fidèle. En début d'automne, nous nous déplaçons sur le sud-ouest. Nous pourrions bien évidemment sillonner les routes de la France, mais nous limitons les étapes notamment à cause du coût du carburant. Il faut aussi faire face à l'administration qui parfois refuse notre dossier, pour les raisons que nous avons évoqués tout à l'heure.
    Mon appel aux municipalités, aux politiques, faites en sorte d'ouvrir vos portes au cirque car je pense que le public n'a jamais eu tant besoin de rêver qu'aujourd'hui.

    Source : Fabien Lacroix




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