Roman Zinnecker
  • Pouvez-vous nous présenter rapidement la famille Zinnecker

    La famille Zinnecker est issue d’une très vieille famille de cirque. Mon père déjà, mes grands parents travaillaient dans le cirque comme tous les membres de notre famille sauf certains qui ont sont devenus forains, il y a trente ans. Ils ne font plus de cirque mais le reste de la famille continue encore dans ce domaine. Ma propre famille, qui constitue le Circus Belly Wien, se compose de ma femme, de mes cinq enfants, âgés de vingt-huit à quatorze ans, et de moi-même, Roman Zinnecker.

  • Quel est votre premier souvenir de cirque ?

    Toute ma vie est constituée de souvenirs de cirque. C’est là que je suis né, que j’ai grandi. Mes parents étaient déjà dans le cirque, ceci explique cela. Le premier véritable souvenir remonte à la période où j’avais sept ou huit ans. Nous étions allés au cirque Carl Althof avec mon père. C’était un cirque avec deux pistes. Je crois qu’il y avait trente éléphants et plein d’animaux, et cela, c’est vraiment un énorme souvenir que l’on porte en soi. A l’époque, un spectacle aussi grandiose nous bluffait !

  • Pour ce spectacle, votre fils Marlon et vous-même présentez des tigres, des frisons et une girafe. Le Circus Belly Wien a-t-il d’autres animaux ?

    Oui, chez nous, nous avons d’autres animaux. Mon gendre travaille avec des éléphants. Et nous avons aussi des chameaux, des lamas et des animaux exotiques... Mais, en France, nous ne sommes venus qu’avec les tigres, les chevaux, et la girafe.

  • On sent un rapport très étroit entre vous et les animaux. Pouvez-vous nous parler de leur dressage.

    La relation étroite, on l’obtient en gagnant la confiance de l’animal. On ne peut pas commencer un dressage en disant « allez hop ! » et forcer l’animal mais on doit travailler en coopération avec l’animal, que ce soit un éléphant, un tigre ou un cheval…Un animal doit avoir confiance envers les personnes avec lesquelles il travaille. Je vous donne l’exemple de l’éléphant : si un éléphant me suit là où je vais sans montrer de peur, c’est qu’il a confiance. Il sait alors que si son "guide" est là, il ne lui arrivera rien.

  • On voit rarement des girafes sur une piste de cirque. Comment travaille-t-on avec elle ?

    On ne peut pas enseigner grand chose à une girafe, c’est évident. C’est quelque chose de très particulier que d’approcher une girafe : elle est seulement capable d’entrer sur la piste et on donne une carotte ou une banane aux gens qui sont assis dans les loges pour qu’ils la fassent manger. C’est là le côté spectaculaire quand une immense girafe se baisse de toute sa hauteur vers les spectateurs pour leur prendre dans la main la carotte ou la banane. Mais apprendre d’autres exercices, non, une girafe ne le peut pas.

  • Est-ce très différent de travailler avec une girafe et avec des chevaux ?

    C’est très différent parce qu’une girafe est ce que l’on appelle un « animal fuyant ». Dans la nature, elle a peur de tout et prend la fuite pour un rien : face aux fauves, face à n’importe quoi qui lui paraisse étranger, elle prend la fuite devant tout ! Et cet état perdure si bien qu’il est très, très difficile de gagner sa confiance, il faut beaucoup de temps avant que l’animal vous suive. Je peux maintenant la laisser à un endroit donné et aller ailleurs. Elle ne partira pas, elle ne s’éloignera pas à plus de cent mètres. Elle va alors se retourner, évaluer à quelle distance je me trouve, elle se retourne à nouveau et revient au cirque. C’est la preuve que la confiance est là. L’animal sait qu’il se trouve bien, qu’il est en sécurité.

  • Avec quels animaux préférez-vous travailler ?

    En fait, j’aime travailler avec tous les animaux, même si j’ai un faible pour les animaux plus intelligents. Dans chaque groupe se détache un favori, plus intelligent, qui apprend plus vite que les autres... oui, il y a toujours un "chouchou", c’est le meilleur et c’est celui avec lequel je préfère travailler. Mais, pour être vraiment honnête, j’aime travailler avec tous les animaux.

  • Y a-t-il des animaux avec lesquels vous n’avez encore jamais travaillé et avec lesquels vous aimeriez travailler ?

    J’ai déjà travaillé avec des éléphants, des chevaux, des animaux exotiques…mais j’aimerais bien travailler avec des otaries.

  • Le cirque Belly Wien tourne essentiellement en Hollande. Combien de villes faites – vous chaque année ?

    Environ quarante. Nous restons une semaine dans chacune.

  • Allez-vous parfois dans d’autres pays ?

    Nous avons été quatorze ans en Autriche, sommes passés en Allemagne, un peu aussi au Danemark, mais, ces dernières années, nous n’avons pas quitté la Hollande.

  • Donc aucun déplacement à l’étranger ces dernières années ?

    Non, aucun, notre premier déplacement, c’est ici, en France.

  • Avez-vous l’intention de venir plus souvent dans notre pays ?

    Oui, même si je pense que se déplacer avec son propre cirque est un peu difficile parce qu’en France, tout comme en Allemagne, il y a de nombreux cirques. Mais il ne faut jamais dire jamais... Si nous avions une tournée ferme, que quelqu’un nous proposait une tournée, alors oui, nous viendrions en France.

  • Comment le cirque se porte -t -il en Hollande ?

    En ce moment, nous sommes plutôt satisfaits. Sauf qu’actuellement on recommence à discuter la présence des animaux au cirque…mais le cirque jouit encore d’un peu de considération là-bas. Ccomment voyez-vous l’avenir du cirque ? Je dis que tant qu’il y a des enfants, tant qu’il y a des gens qui rêvent un peu, le cirque existera toujours, le cirque traditionnel, celui qu’il a toujours été, voilà ma position... Avec des gens, des animaux, des attractions…D’autres cirques attirent par leur nouveauté mais les gens iront toujours voir un cirque traditionnel avec des clowns, des animaux et je pense qu’il continuera d’exister.

    Cet entretien a également été publié dans la revue Le Cirque dans l’Univers N°248 - Mars 2013

    Source : Julien et Patrick Prévost - Traduction de l’allema




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