Sergio
  • Que faisiez vous comme métier avant d'être Monsieur Loyal ?
    Je fête cette année mes 40 ans de métiers. J'ai commencé au cirque Bouglione à l'age de 15 ans et j'étais clown. Après j'ai tout fait au cirque ... enfin ils m'ont tout fait faire sauf les disciplines aériennes. J'ai fait de l'acrobatie équestre, de l'acrobatie au sol, j'ai présenté des chevaux, des lions, des élephants ... j'ai tout fait sauf monter là haut, et tout ce que j'ai fait, c'était par accident.

  • Pourquoi avez-vous décidé de faire ce métier ?
    Monsieur loyal ? C'était un accident aussi ! Un jour Sampion était malade, je l'ai remplacé et comme il a vu que j'étais pas mal et qu'il état malade très très longtemps, je l'ai remplacé très très longtemps.

  • Pourquoi avoir accepté de parrainer le Festival du cirque de Vaucouleurs ?
    Parce que c'est un fou sympathique (désignant Gilles Lecerf, organisateur du Festival). Et puis bon, quand je peux essayer de le faire, et quand ce sont des manifestations faites par des gens sympathiques et que ça rentre dans ma conception de ce qu'est le cirque, je le fais !

  • Avez-vous déjà exercé à l'étranger ?
    J'ai été 4 ans chez Barnum : 2 ans aux USA, 1 an au Japon, 1 an en Australie.

  • Préférez vous présenter un spectacle de cirque ou en festivals ?
    Vous savez, j'ai quand même fait beaucoup de music-hall dans ma vie. J'ai mené la revue du Paradis Latin pendant 12 ans, Kirrwiller en Alsace pendant 2 ans, j'ai fait beaucoup de revues, j'ai maintenant ma propre société de production et je fais beaucoup de galas, des galas de variétés avec souvent des numéros de cirque d'ailleurs mais aussi je fais mon tour de chansonnier ou j'assassine allégrement les hommes politiques toute tendance confondu et ou je prend un réel plaisir.

  • Quels sont vos meilleurs souvenirs au cirque ?
    J'en ai beaucoup ! La remise du clown d'or qui a été un grand moment, puis ma tournée chez Barnum, sans oublier chez Jean-Richard, chez Bouglione. Mais le clown d'or c'est évident que ça m'a marqué !

  • Quels grands artistes de cirque vous ont marqués le plus et pourquoi ?
    Incontestablement il y a un nom qui me vient tout de suite à l'esprit c'est le Bario. Pour moi ce les plus grands clowns de ces dernières années, et de loin. J'ai vu les Bario quand Jean Richard a racheté Medrano en 78, les Bario faisaient toute la deuxième partie, et j'ai vu de mes yeux le public ne pas les sortir de piste. Ils étaient dans leur loge en peignoir que les gens étaient en train de gueuler dans la salle Les Bario, les Bario et ça je peux vous le dire je ne l'ai pas vu souvent !

  • Peux t-on faire une différence entre les ring masters anglo-saxons et les messieurs Loyal ?
    Quand j'ai commencé à présenter des spectacles de cirque chez Bouglione, involontairement j'ai rompu une tradition qui voulait que le Monsieur Loyal doit rester à la barrière, garder un ton un peu cérémonieux et moi je pouvais pas ! Moi je devais aller au milieu de la piste, parler avec les gens, m'asseoir au milieu d'eux, et c'est pour ça que j'ai été engagé chez Barnum. D'ailleurs il s'est passé une anecdote très amusante chez Barnum. Avant que le spectacle parte en tournée il y a quand même trois mois de répétitions. Et moi je leur avais demandé un micro sans fil. Ils m'avaient dit, "écoutez M. Sergio ce n'est pas possible car avec les structures métallique des bâtiments, on aura des interférences tout le temps, mais ne vous inquiétez pas". Le jour de la première, ils avaient engagés UN type, qui me suivait partout, qui partout où j'allais débitait le cable quand j'avançais et qui enroulais quand je reculais. Les premiers jours j'ai voulu l'aider ! Je me suis fais engueuler ... et vu qu'il y avait 100 mètres de câble, je n'allais pas trop loin pour ne pas le fatiguer trop !

  • Comment voyez-vous l'évolution de la fonction face aux nouvelles formes de cirque comme Soleil ou Plume ?
    Ah je l'attendais celle là ! Le cirque du Soleil et ceux qui s'en inspirent n'ont rien inventés. Vous savez ce que c'est le cirque du Soleil pour moi ? C'est une succession de jolis paquets que l'on ouvre, et il n'y a rien dedans.

  • En trois mots, comment définisseriez vous le cirque ?
    Exploit, poésie, humour. J'aime le cirque ou il n'y a pas une poésie fabriquée, provoquée, car si c'est un bon spectacle de cirque il y a forcément de la poésie qui en découle naturellement.

  • Comment voyez vous l'évolution du cirque traditionnel ? Croyez vous que les cirques sans animaux sont l'avenir de cette forme de cirque ?
    Pour moi le cirque traditionnel ça veut rien dire. Il n'y a pas de nouveau cirque et cirque traditionnel. Il y a le bon cirque et il y a l'autre. Les animaux c'est le grand débat en ce moment mais c'est la faute dès le départ des gens du cirque qui auraient du faire une police interne en dénonçant ceux qui éventuellement maltraitaient les animaux. Mais bon dans le monde, il y a aussi des enfants maltraités on ne peut pas avoir l'oeil partout, il ne faut pas généraliser.

  • Vous qui avez fait du Music-hall et qui avez pratiqué plusieurs disciplines du cirque, existe t-il un profil type de présentateur ? Quelles sont les compétences minimales à posséder ?
    Il n'y a pas de profil type ! Il y a des gens qui ont de la personnalité, ceux qui n'en ont pas, et ceux qui copient et ça c'est forcément mauvais car ce n'est jamais une bonne chose de copier, il faut faire avec sa personnalité, si on a un accent il faut présenter avec son accent et pas essayer de se corriger, il faut de la sincérité.

  • Quel conseil donneriez vous à un jeune débutant dans ce métier ?
    Aimer passionnement ce qu'il fait, et être généreux car la générosité c'est la première qualité d'un artiste. Longtemps les présentateurs n'ont pas été considérés comme artistes. Si c'est un bon présentateur, ça doit être un artiste parce que son rôle est de mettre en avant le travail des autres, c'est en mettant en valeur les autres qu'il se met en valeur lui même, c'est un boomerang. Faut pas tirer la couverture à soi quand on présente, il faut servir ce qui est en piste et par ricochet ça vous revient.

  • Quel type de public est le plus attentif ?
    Non il n'y a pas de public type. J'ai animé une soirée au cirque d'Hiver pour l'armée de l'air, tous habillés en smoking avec les épaulettes dorées, il y avait de l'étudiant au gradé le plus haut, je me suis dit que ça allait être une mauvaise soirée, eh bien ils ont été fantastiques ! En fait, il n'y a pas de mauvais public, il n'y a que de mauvais artistes.

    Source : Fabien Lacroix




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