Zavatta Stéphane
  • Tout d’abord, pour commencer, doit-on dire Stéphane ou Stéphan ? Pourquoi avoir fait varier l’écriture du prénom sur les différentes affiches depuis quelques années ?
    C’est Stéphane, en fait, il y a eu des erreurs au niveau des imprimeries, erreurs qui sont d’ailleurs toujours d’actualités.

  • Combien de convois composent le cirque ?
    Le cirque est composé d’une douzaine de convois, dont quatre Kenworths.

  • Pourquoi avoir choisi d’utiliser des camions de types américains ?
    C’est une passion. Ils sont magnifiques ! Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces Kenworths ne coûtent pas plus cher que les tracteurs utilisés habituellement, ça serait même plutôt le contraire... Et visuellement, lorsque l’on arrive dans une ville, ils sont vraiment beaucoup plus imposants !

  • Le cirque est une vraie petite ville, combien de personnes avez-vous à votre service ?
    Une vingtaine de personnes.

  • Quelle est la taille du chapiteau, quelle capacité, combien faut-il de temps pour le monter, le démonter ?
    Il fait 28m de largeur et 36 de longueur, la capacité maximum du chapiteau est de 2000 places, mais généralement, comme ici à Gap, les gradins ne sont pas tous montés. Le chapiteau nous demande environ quatre heures de travail pour le monter, pas contre pour le démontage, c’est beaucoup plus rapide, dix minutes suffisent en cassant tout ! (Rires), il faut 2h30 pour le démontage.

  • Comment choisissez-vous les villes de votre tournée ?
    Notre tournée est élaborée suivant la disponibilité des villes. Il faut aussi essayer de savoir s’il n’y a pas eu de cirque avant nous. Nous devons prendre en compte les frais de route, ainsi, afin de les réduire le plus possible, nous essayons de grouper les villes par région. Par exemple, si nous demandons à Dunkerque une installation en mars et que la ville nous propose octobre alors qu’à cette époque nous sommes dans le sud, il nous est impossible d’accepter.

  • Combien de villes visitez-vous chaque année ?
    Deux ou trois par semaine sur 10 mois de tournée sauf en été où nous faisons une ville par jour, faites le calcul, on doit tourner autour de la centaine.

  • Y a-t-il une région que vous préférez visiter avec votre cirque si oui, pourquoi ?
    La France est magnifique, et j’ai la chance de la connaître comme peu de gens la connaisse, je ne saurais choisir…

  • Quel est le coût d'un cirque d’une telle envergure par jour ?
    Beaucoup trop !

  • Combien avez-vous d’animaux dans votre ménagerie ?
    Une quarantaine d’animaux.

  • Comment faites vous pour vous ravitaillez en nourriture pour les animaux étant donné que vous changez plusieurs fois par semaine de ville ?
    Souvent les abattoirs des villes dans lesquelles nous nous installons nous vendent de la viande à très bas prix étant donné que cette viande n’est plus utilisable pour l’homme. Sinon, en ce qui concerne la paille, nous nous ravitaillons dans les grosses fermes. Il reste ensuite à acheter les granulés pour les chevaux.

  • Vous avez eu récemment des naissances au cirque, en particulier des petits tigres, que deviendront les bébés tigres quand ils seront adultes ?
    Oui, nous avons eu 5 bébés tigres, un poulain et un chameau. Les bébés tigres vont grandir à leur rythme au cirque et seront ensuite intégrés dans le numéro.

  • Les naissances sont elles régulières au cirque ?
    Oui, elles le sont, chaque année nous avons de petits nouveaux…

  • On a vu récemment des actes contre un cirque possédant des animaux sauvages.... êtes vous souvent interpellés par des associations de défense des animaux ? Que pensez-vous de ces actions ?
    Ils se trompent de combat, certes il y a eu des animaux maltraités dans le passé, je ne peux pas le nier, mais ce temps est révolu. Les naissances au cirque en sont la preuve, si les animaux n’étaient pas en bonne santé et bien traités, les bébés tigres ne seraient pas là. Un animal battu, ça se voit ! Un dresseur ne pourrait pas faire travailler ses animaux sous les coups. Et dans tout les cas, un dresseur qui maltraite ses animaux le payera de sa vie un jour ou l’autre, et chaque dresseur le sait.
    Si on interdit les animaux au cirque, il faudrait interdire aussi le tiercé, les chevaux sont cravachés pour aller le plus vite possible. La chasse et la corrida aussi seraient à interdire dans ce cas. Mais les associations type One Voice ne parlent pas de cela pour une raison très simple : il y a bien plus d’argent en jeu qu’au cirque, il est donc plus facile de s’attaquer au cirque. Les animaux au cirque sont aimés et très bien traités.

  • Que pensez-vous des troupes de cirques sans animaux ?
    Nous ne faisons pas tout à fait le même métier, je n’ai absolument rien contre ces troupes, mais je ne conçois absolument pas le cirque traditionnel sans animaux. Les gens viennent au cirque pour voir des animaux et des clowns ! Sans ces deux pièces maîtresses, il ne peut y avoir de succès.

  • Quels sont les problèmes à gérer au quotidien d'un cirque ?
    Il faut absolument que la publicité soit très bien faite, c’est le moteur essentiel de la tournée. Sinon, dans l’enceinte du cirque, les problèmes principaux sont la casse et les pneus à changer, mais c’est la routine !

  • Comment sont conçus les spectacles ? Qui fait les castings, sur quels critères... ?
    On reçoit beaucoup de cassettes tout au long de l’année, nous les visionnons et nous choisissons un numéro parce qu’il nous plait. Et nous faisons aussi en sorte qu’il y ai un équilibre entre les numéros du spectacle. Mais il y a une chose très importante : l’entente entre les artistes. On ne peut pas côtoyer des gens que l’on n’aime pas pendant toute une tournée. Pour faire un bon spectacle, il faut avoir plaisir à travailler avec tous et c’est le cas aujourd’hui, la bonne ambiance règne, et le public s’en rend bien compte.

  • Comment sont choisies les musiques ?
    Chaque artiste choisit la musique qu’il souhaite pour son numéro.

  • Quels rapports aviez vous avec votre grand-père, Achille ?
    Nous avions de très bons rapports, on se voyait régulièrement même si j’étais avec mon père Willy dans son cirque et que mon grand-père était dans le sien.

  • Si on vous demandait de donner 3 mots pour qualifier votre grand père, quels seraient-ils ?
    Un grand artiste, mais ça vous le savez déjà ! Droit, et profondément humain.

  • Vous avez donc été plongé dans le monde du cirque depuis votre tendre enfance, avez-vous toujours souhaité en faire votre métier ?
    Non, pas depuis toujours, certes j’ai vécu depuis tout petit au cirque, mais le métier que j’ai appris c’est musicien, musicien de jazz. J’ai débuté comme musicien au cirque et j’y suis encore… Je dois avoir de la sciure dans les veines !

  • Quelle est la personne qui vous a donné envie de faire ce métier ? Votre grand-père, votre père Willy ?
    C’est un ensemble, bien sûr mon père et mon grand-père m’ont beaucoup donné envie, mais c’est la vie au cirque, le voyage, c’est l’un des derniers métiers itinérants…

  • Depuis combien de temps êtes-vous le directeur de ce cirque?
    Cela fait maintenant 7 ans.

  • Pourquoi avoir choisi de diriger un cirque ?
    Je n’ai pas choisi, c’est le cirque qui m’a choisi. (Rires)

  • Avez-vous des enfants ?
    Oui, j’ai un garçon et une petite fille.

  • Pensez-vous qu’ils vont se diriger eux aussi vers une carrière dans le cirque ? Prendront-ils la relève ?
    Je ne sais pas, le fils aîné est bien branché cirque, et ma fille a seulement deux ans et demi, elle est encore un peu jeune… Mais j’ai souhaité qu’ils soient scolarisés normalement chez moi, en Bretagne. Ils auront ainsi le choix lorsque le moment sera venu. Mais je souhaite qu’ils fassent le plus d’études possible.

  • Comment est la vie hors du spectacle ?
    Eh bien, en fait c’est assez routinier. Les jours où l’on se déplace, il faut remballer le matériel, on arrive dans une nouvelle ville, on monte le chapiteau et le soir c’est le spectacle… En tout cas, la journée est très vite passée !

  • Qu’y a-t-il de prévu pour l'année prochaine ?
    C’est encore un peu trop tôt pour le dire, nous mettons tout en place l’hiver à tête reposée.

    Merci M Stéphane ZAVATTA pour votre gentillesse et votre disponibilité. Merci pour cet entretien.

    Source : Fabien Arpin-Pont




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