Charly Degeldere
C'est en février dernier chez Medrano à Chartres que nous y avons rencontré Charly Degeldere également venu assiter à la représentation. C'est avec une très grande gentillesse qu'il a repondu à nos questions afin de tracer le protrait de cet homme qui a vecu la majeure partie de sa vie avec le cirque.

  • Vous êtes dans le cirque depuis combien de temps Monsieur Degeldere ?

    Dans le cirque, près de 50 ans maintenant.

  • Qu'est ce qui vous amené au cirque ? Car vous n'êtes pas issu de ce milieu ?

    Depuis le plus jeune âge, j'ai commencé par apprendre la musique et dans le quartier où j'étais c'était un peu un genre d'école de cirque.

  • C'était à Paris ?

    Non, c'était à Roubaix dans le nord. Il y avait beaucoup de numéros de toutes sortes, des clowns, des acrobates, des gens qui faisaient le métier internationalement. Il y en a même qui sont allés jusque chez Ringling. Alors j'ai été pris dans ce feu la, j'ai commencé à faire la musique qui était ma base et j'ai commencé à faire le clown en semi professionnel pour des spectacles régionaux : au cirque de Douai, Valenciennes qui étaient des cirques en pierre.
    Ensuite j'ai commencé avec le cirque de la voix du nord, comme régisseur avec Jean Pierre Panir. On a monté les premiers spectacles ensemble puis ensuite je suis parti sur la route avec d'abord un tout petit cirque dans le nord de la France, le cirque Fedredy ou j'avais un numéro d'excentrique musical et je faisais également l'avant courrier.
    Ensuite j'ai travaillé chez les Rancy (Napoléon Rancy) comme régisseur.

  • Il faut peut-être expliquer ce qu'est le régisseur dans un cirque ?

    Mon véritable métier à cette époque, était d'être le régisseur général, ce qui comprend énormément de choses : le régisseur de piste, présentateur et tous les problèmes qui peuvent exister dans un cirque, de A à Z.

  • Quels sont les problèmes qui peuvent exister dans un cirque. ? Comme dirait Gilbert Edelstein " ce sont des emmerdes permanentes " ?

    C'est tout, vraiment tout. Il manque du foin pour les éléphants, l'eau n'est pas arrivée, la ville n'a pas mis l'électricité, le téléphone n'est pas branché, bien que tout soit préparé longuement à l'avance, donc vraiment tout ce qui peut arriver.

  • Cela dit, est-ce que toutes ces " emmerdes " quotidiennes se sont améliorées au fil du temps ?

    Oui. Ce qui s'est surtout amélioré c'est le téléphone car j'ai piqué des crises de nerfs à attendre dans les postes pour avoir un numéro à Paris. Plus d'une heure et demie et pas moyen de bouger car sinon le numéro je ne l'avais pas. Et après quand il y a eu les cabines il y avait dix personnes devant, il fallait faire la queue. Ensuite le téléphone, le fax c'est vraiment la chose la plus intéressante qui a pu arriver dans notre métier : la communication !

  • Après votre période nordiste vous vous êtes lancé avec les Rancy.

    Oui trois ans avec Napoléon Rancy, les parents et trois ans avec Sabine Rancy en ville d'un jour. Il fallait démonter tous les jours pendant trois ans. Ensuite j'ai fait 14 ans avec les Bouglione. 8 ans avec les 4 frères et 6 ans avec Firmin qui avait racheté le nom Amar.

  • Quand on n'est pas issu du monde du cirque de quelle manière se fait-on accepter dans ce milieu ? Ca doit prendre du temps ?

    C'est l'amour. L'amour du métier, quand on veut le faire que l'on aime ça, on va jusqu'au bout mais ce n'est pas évident. Je suis arrivé petit à petit, j'étais connu car j'allais toujours au cirque depuis mon plus jeune age, comme chez les Rancy. Ils ont vu que je connaissais bien le métier et petit à petit, de fil en aiguille je suis vraiment rentré dans le métier et j'en ai fait ma carrière.
    Ensuite lorsque que j'ai quitté les Bouglione, je suis rentré avec Gilbert Edelstein lorsqu'il a racheté les chapiteaux spectacles Jean Richard.

  • Pouvez-vous nous raconter cette période qui a du être importante je suppose ? C'était de la folie à cette époque ?

    C'était surtout la première année, le Jean Richard qui tournait sur 3 pattes comme on disait mais on a arrêté tout de suite car on partait à la catastrophe, donc est s'est appuyé sur Pinder.
    Comme je l'expliquais toute à l'heure, il y a une anecdote : Il y avait Raoul Gibault qui venait faire l'avant-courrier à cette époque chez nous et qui voulait faire de belles choses.

  • C'était quoi votre anecdote ?



  • Vous parlez de Gilbert Edelstein, c'est pareil on l'a vu d'un mauvais œil, lui aussi n'était pas issu du monde du cirque, on l'attendait au tournant.

    C'était le marchand de bonbons comme on disait. Mais on a formé une bonne équipe.

  • Et vous avez sauvé le plus vieux cirque français ?

    Oui. On est arrivé à faire quelque chose de Pinder qui est une continuité : 150 ans c'est pas rien !

  • En 50 ans de quelle manière le monde ou le cirque a évolué à votre avis ?

    Il a beaucoup évolué, c'est un peu comme dans tout. Il y a toujours des choses nouvelles donc comme dans n'importe quel métier on adapte des choses nouvelles et c'est particulièrement vrai pour le cirque.
    On vient de le voir, la musique évolue, la mise en scène évolue, l'esthétisme est de plus en plus important. Ce qui a amené tout ça au début, ce sont les cirques russes car ils avaient des grandes écoles, ensuite les chinois qui ont amenés, il y a eu une évolution.
    Les russes étaient plutôt en avance, les chinois en retard, maintenant les chinois rattrapent les russes. Ensuite il y a eu les canadiens qui ont évolués encore d'une autre façon, disons américaine, style grand spectacle, avec des moyens extraordinaires.
    Tout ce mélange a fait qu'il y a eu une évolution encore plus importante au cirque. C'est vrai qu'il y a beaucoup de chorégraphie, les musiques sont plus adaptées et les lumières également.

  • Ce qui apporte peut être du sang neuf au cirque, vient bien souvent de l'extérieur ? Jean Richard en 60-70, Gilbert Edelstein en 80, Bernhard Paul, Guy Laliberté ?

    Une grande partie vient de l'extérieur effectivement. C'est parce que ce sont des gens qui sont attirés par ce métier qui est intéressant, surtout sur le plan du voyage, même si il y a des mauvais moments bien entendu.
    Ce sont des gens qui se sont sentis attirés par ce métier et qui ont vu qu'il y avait possibilité de faire encore d'autres choses.
    Parce que le gros problème des familles de cirque, ce sont des gens qui savent conduire des camions, monter des chapiteau, faire du spectacle mais il manquait une chose essentielle qui est venue avec l'évolution des choses : la commercialisation et la gestion. Et cela dans tous les pays du monde


  • Comment voyez-vous le cirque de demain ?

    Le gros problème sera les animaux et un cirque sans animaux n'est pas un cirque. Il y aura toujours des animaux, pour les exotiques ça sera certainement plus difficile mais il y aura des améliorations aussi mais il y a toute une série d'associations contre ça qui ne veulent même pas discuter.

  • On est chez Medrano, vous travaillez chez Pinder. Finalement le cirque c'est une grande famille ?

    Oui. Chaque cirque a ses spécificités, et c'est un grand bien je pense. C'est ce mélange dont on vient de parler qui a fait que chacun a ses spécificités.



    Source : François Dehurtevent




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