Famille Gomez
Une Bien Belle Histoire

C’est à la terrasse de leur jardin comme ils disent, à l’ombre des pins parasols de St Tropez que je rencontre Evelyne et Jean-François Gomez. Ce nom vous dit peut-être quelque chose et pour cause : c’est cette famille, composée de Evelyne, Jean-François et de leur fils Ronan (14 ans) qui a intégré le cirque Arlette Gruss en janvier dernier. Quoi de si spécial me direz vous ? C’est que cette famille était jusque la totalement citadine, vivait à Paris en appartement, Evelyne était assistante de direction et Jean-François ingénieur. Une vie « rangée » pourrait-on dire.


  • C’est avec une très grande gentillesse qu’ils me racontent leur aventure

    En fait c’est à cause de Ronan que tout est arrivé. Comme beaucoup de parents nous avons emmenés Ronan voir des spectacles de cirque. Ces spectacles lui ont beaucoup plu et c’est tout naturellement que nous sommes allés en voir d’autres. Habitant Paris, c’est surtout à la période de Noël que nous « faisions notre marché ». Nous avons rapidement sélectionné les spectacles que nous allions voir pour finalement avoir notre trio gagnant qui était Arlette Gruss, le festival du cirque de demain et le cirque d’hiver. Les années passèrent, les spectacles se succédèrent et le goût de toute la famille pour le cirque ne faisait que se renforcer.


  • Mais comment êtes vous arrivés au cirque Arlette Gruss ?

    J’y viens (rires). C’est en 2001 en début d’année, période à laquelle nous avions l’habitude de planifier nos vacances que nous discutions des envies de chacun pour les vacances d’été. Cela pouvait aller du sud-ouest de la France à la Bretagne en passant par la montagne. C’est alors que Ronan nous déclare « moi j’aimerai qu’on aille en vacances au cirque ». Autant dire que sur ce coup la nous sommes restés scotchés sur nos chaises. Puis au bout de quelques minutes nous nous sommes dit « pourquoi pas ? ».
    Ne connaissant personne dans ce milieu, la question était « comment s’y prendre ? », le choix du lieu s’étant tout naturellement porté sur le cirque Arlette Gruss. Nous nous sommes également bien mis d’accord sur le fait que si nous essuyons un refus, ce qui était fortement probable, nous ne tenterions pas notre chance dans un autre cirque.
    Dès le lendemain, Jean-François envoie un courrier au siège du cirque, sans grande conviction avoue-t-il maintenant ! Quinze jours se passent, pas de réponse, Jean-François appelle les bureaux du cirque, explique notre cas puis obtient finalement un numéro de téléphone qu’on lui conseille d’appeler directement.

    Jean-François prend la parole

    J’appelle donc immédiatement et tombe sur Arlette Gruss en personne. Autant dire que ça fait un effet certain. Je lui exprime notre souhait : venir en vacances au cirque tout en précisant que nous souhaitions mettre la main à la pâte pour aider et véritablement vivre la vie du cirque. Réponse directe de madame Arlette « c’est pas le club Med ici ! ». Autant dire que ça refroidit mais elle ajoute ensuite « bon on va réfléchir rappelez moi dans 15 jours ». Et là même si le premier contact n’avait pas été des plus positifs je me dis qu’elle n’a pas dit non donc … tous les espoirs sont encore permis.
    Quinze jours qui parurent interminables pour Ronan se passent, et je reprends le téléphone. Je tombe alors sur Monsieur Kobann, le mari d’Arlette, me présente et commence à lui expliquer notre demande. Il ne me laisse pas terminer et me dit « c’est bon vous pouvez venir ». Je tombe une nouvelle fois des nues et lui redemande si il voit bien qui nous sommes, la famille qui veut venir en vacances au cirque « oui oui je suis au courant on vous attend ». Je ne vous raconte pas la joie de Ronan.
    C’est alors que certains détails « techniques » nous viennent à l’esprit. C’est comme cela qu’à chaque fois qu’un cirque était sur Paris, je me couchais sous les caravanes pour voir comment étaient branchés les tuyaux d’eau (rires).

    Nous voilà donc en Juillet, nous arrivons au cirque, c’était à Aubagne. On nous dit mettez vous la. On installe notre camping-car à l’intérieur du cirque. Une fois bien installé : « Et maintenant qu’est ce qu’on fait ? ». On demande à droite à gauche ce qu’on peut faire et la réponse est toujours la même « non non rien du tout ! ». Autant dire qu’un certain malaise commence à nous envahir.
    Je me dis pas grave, après demain c’est le démontage, là il y aura forcement quelque chose à faire.
    Deux jours se passent et le grand soir arrive. Chacun muni de sa paire de gants, au coup de sifflet nous entrons sous le chapiteau, nous commençons à enlever les chaises.

    Evelyne prend la parole

    C’est alors qu’une fille vient me voir en me faisant comprendre que je ne dois pas faire les chaises, que ce sont les garçons mais que les filles s’occupent des rideaux. Ce fut donc notre premier véritable contact avec les gens du cirque et l’occasion de montrer notre bon vouloir.
    Nous nous sommes couchés beaucoup plus à l’aise de s’être fait accepté par le travail.
    Le lendemain nous arrivons à Saint-Tropez, tout naturellement nous redemandons ce que nous pouvons faire, toujours la même réponse : « rien du tout ». En un instant le sentiment de la veille fut complètement effacé. De plus à Saint-Tropez nous restions plus de deux semaines, alors si il fallait attendre quinze jours pour refaire quelque chose cela allait être très très long. Le montage se passe, le soir de la première. Puis le lendemain on s’aperçoit que le zoo est toujours fermé. Cela nous semblait bizarre nous allons donc voir Michel (Palmer) en lui demandant pourquoi le zoo est encore fermé. Il nous explique que c’est parce que Abdellah qui s’occupe habituellement du zoo n’est pas revenu pour cet été, après la pause Juin, donc le zoo restera fermé.
    Il y a vraiment quelque chose qui cloche se dit-on, nous cherchons à rendre service et le zoo est fermé. Evidemment nous nous proposons à Michel qui nous répond qu’il va en parler à madame Arlette. Et c’est comme ça que nous sommes devenu « Monsieur et Madame zoo ». Les journées étaient assez longues, de 10h à 22h30 (après l’entracte du spectacle) mais nous nous relayions à deux.
    On peut dire que c’est un coup du sort que le zoo soit fermé. Car surtout en été, c’est un point stratégique, tout le monde y passe et comme le climat est propice tout le monde est à l’extérieur. C’est comme cela que nous avons rapidement lié des contacts avec tout le monde.

    Les vacances se passèrent à merveille mais inévitablement la fin arriva. Le dernier jour nous faisons le tour de tout le monde pour dire au revoir et nous terminons par la caravane de madame Arlette. Nous la remercions évidemment beaucoup pour ces vacances vraiment « hors du commun », et la elle nous dit « non c’est moi qui vous remercie, merci pour le coup de main, je ne sais vraiment pas comment vous remercier », nous étions déjà très heureux de cette reconnaissance et elle ajoute alors « Je vous dit alors à l’année prochaine ». C’est tout juste si Ronan n’a pas transpercé le plafond de la caravane en sautant de joie.


  • Je suppose donc que vous n’avez pas manqué l’invitation ?

    Vous pensez ! Nous n’avons pas attendu l’été suivant pour y retourner. Bien évidemment lors de leur venue à Paris nous leur avons rendu de nombreuses visites et c’est aux vacances suivantes (en février) que nous avons repris la caravane.


  • Mais comment êtes vous arrivés de « touristes clud Med » à employés du cirque Arlette Gruss ?

    Années après années nous avons renouvelé ce type de vacances un peu « spéciales » et régulièrement le dernier jour, lorsque nous allions dire au revoir à madame Arlette elle nous demandait « Quand êtes-vous en retraite pour venir avec nous ? ». Au début nous l’avons pris à la rigolade, puis elle était de plus en plus insistante. Il faut dire que nous ne nous étions jamais posé la question, puis au fur et à mesure, nous nous sommes dit que la retraite c’est pas encore pour tout suite alors …
    C’est l’année dernière que nous y avons sérieusement réfléchis. Si elle nous le propose on fait quoi ? Il faut être sûrs de nous pour ne pas entrer dans des discutions pour rien. C’est donc à trois que nous nous sommes mis d’accord pour éventuellement franchir le pas.
    Le dernier jour des vacances de l’été 2004 arrivent. Comme à l’accoutumée, visite à madame Arlette qui comme nous l’espérions nous demande « Quand est-ce que vous êtes en retraite ? ». Nous répondons de concert « En retraite c’est pas encore pour maintenant mais … ». Pas le temps de finir la phrase qu’elle nous fait asseoir. « Alors vous pouvez venir quand ? Vous n’avez même pas besoin de repartir, vous pouvez rester ! ».

    On négocie pour le premier janvier. Pendant tout l’automne ce fut vraiment la course : prévenir nos employeurs, résilier la location de l’appartement, les différents contrats d’abonnements, acheter une nouvelle caravane, un camion, tout ce qu’il faut pour préparer le grand départ.


  • Quelles sont vos activités dans le cirque ?

    Jean-François est responsable du développement, il s’agit de trouver de nouveaux marchés etc … mais il s’occupe également d’une partie de la communication. Pour ma part je m’occupe des mises à jour du site web, je fais également de l’administratif et pendant les spectacles je fais la panière sous le chapiteau.
    Mais autant dire que ce sont nos activités « officielles », car au cirque il y a toujours des imprévus auxquelles nous sommes confrontés. Mais c’est ce qui fait le charme de cette vie.


  • Pouvez vous nous parler un peu de cette vie de cirque justement. Est-elle comme vous vous l’imaginiez ?

    Nous connaissions déjà la vie du cirque car nous l’avions vécue plusieurs années pendant les vacances donc ce n’est pas complètement nouveau pour nous et autant dire que depuis Janvier nous n’avons rien vu passé. Entre le travail, les déplacements, les aménagement de la caravane, car nous sommes partis un peu en catastrophe je l’avoue, nous n’avons rien vu passer. Mais bizarrement j’ai l’impression d’être la depuis toujours et de n’avoir presque rien fait avant. C’est comme un rêve !!!




    Je remercie très sincerement toute la famille Gomez pour leur accueil et leur gentillesse




    Source : François Dehurtevent




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