Légendes ! Spectacle du cirque Phénix
"Légendes !" ou l'acrobatie en 12 tableaux.

Avant de partir en tournée dans toute la France à partir du 27 janvier 2006 la troupe des étoiles du cirque de Pékin était à Paris, pelouse de Reuilly, sous le chapiteau du cirque Phénix avec son spectacle "Légendes".

Chaque année depuis maintenant six ans, le cirque Phénix offre un spectacle respectant une thématique à chaque fois différente : les Tzar de Russie, le Mexique, le Ying & le Yang, le cirque de Moscou sur glace, etc... Cette année c'est la culture chinoise qui est mise à l'honneur à travers ses légendes. Tour à tour glorieuses ou poétiques, ces légendes mettent en avant le patrimoine chinois riche de grandes ressources artistiques.



Avec ses grands arceaux métalliques, le cirque Phénix offre une structure sans mâts permettant d'avoir 5500 places assises sans qu'aucune n'ai la visibilité réduite. Des plus ce n'est pas une piste circulaire sur laquelle se déroule le spectacle mais un plateau rectangulaire de 300m² surélevé, particulièrement utile pour les parades, les numéros d'ensemble ou encore le prélude et le final avec toute la troupe.


Sans nul doute le cirque chinois a pour force l'acrobatie et encore une fois cette troupe de Pékin nous gratifie d'exploits athlétiques et de grâce.

Le spectacle est ouvert par la traditionnelle danse des lions. Ce prélude coloré permet à ces "grosses peluches" d'évoluer en chorégraphie avec l'ensemble de la troupe qui vient saluer le public.

Chaque numéro est ensuite introduit par la voix off et la projection d'un décor sur les grands tissus de l'entrée des artistes, chacun présentant une légende en rapport direct avec l'art exprimé en piste.


C'est l'Adage qui ouvre le bal. Selon une légende vieille de 2000 ans, la danseuse Zhao Feiyan a la réputation d'être plus légère que l'air et le prouva en dansant sur la paume ouverte de son partenaire. Nous assistons à l'illustration la plus fidèle de cette légende. Après quelques exercices de main à main, tous les portés sont réalisés la main ouverte et uniquement sur les pointes pour la voltigeuse.

Les acrobates chinois ont souvent privilégié l'utilisation d'accessoires issus de la vie quotidienne. Le vélo ne fait pas exception à la règle. Outre les acrobaties classiques de ce type de numéros, d'autres plus rares nous sont offerts. Saut d'un vélo sur un autre, passage sous le cadre à la manière de cosaques avec leur monture, le tout exécuté en double voire en triple pour occuper tout l'espace de la piste. Le numéro se termine par un spectaculaire éventail humain ou pas moins de 20 acrobates se tiendront en équilibre sur 2 vélos réunis à la base de la pyramide, faisant preuve de force et de synchronisation.




Inspiré des jeux d'empilements de petites tables pratiqués depuis le 3ème siècle, le numéro suivant est un empilement vertical de chaises qui sont un support pour un numéro d'équilibre. Soit sur le dossier de la chaise, soit sur une canne d'équilibre. L'intérêt du numéro et la hauteur de la colonne de chaises qui ne fait que croître et donne une dimension supplémentaire aux exercices.

Le cirque traditionnel chinois ne présente jamais de clowns mais le numéro des "petits mandarins" nous est présenté avec humour. Débuté comme une parodie de marionnettes, les acrobates jouent de leurs corps avec agilité et souplesse pour disparaître dans des cylindres, s'y déplacer ou en faire des pyramides.


Après l'humour, voici une légende plus "guerrière" qui présente le numéro des "étoiles filantes". Dérivé d'une arme de jet utilisée pour la chasse, cet accessoire est composé de deux coupelles reliées par une corde. Les acrobates font tournoyer cet outil et se l'échange par des lancés d'un bout à l'autre de la piste. L'exercice final, présenté avec une lumière noire ajoute la technique de l'antipodisme permettant de propulser les coupelles lumineuses, ce qui donne véritablement l'effet d'étoiles filantes.

Autre utilisation d'objet usuel pour l'acrobatie : le jeu des jarres. La manipulation de ces lourdes poteries s'apparente au jonglage à la différence du poids nettement plus élevé de ces instruments. Discipline certainement plus difficile que spectaculaire, le risque est tout de même bien présent surtout lorsqu'il s'agit d'amortir sur la nuque la jarre lancée à quelques mètres.




Entrent les 13 acrobates de la pagode des bols : neuf porteurs et quatre voltigeuses. Sans nul doute ce numéro est le moment fort du spectacle. Le jury de Monte Carlo a d’ailleurs reconnu le niveau de ce numéro en lui attribuant un clown d’or.

Les portés et les envolées sont tout simplement impressionnantes, c'est à en oublier que les voltigeuses ont une pile de bols en bout de pied. Les porteurs se passent les voltigeuses successivement tels des dominos qui s'enchaînent. Une voltigeuse sera projetée en quatrième hauteur à la manière d'une sauteuse à la banquine.


Une autre troupe de 12 acrobates arrive sur la piste pour le saut dans les cerceaux. Ce numéro est devenu courant sous les chapiteaux français mais généralement avec des troupes plus réduites en nombre et parfois en qualité. La longueur du plateau permet l'alignement de nombreuses colonnes de cerceaux, offrant des figures jusqu'alors inédites. L'un des sauteurs passera sans encombre dans le sixième cerceau de l'empilement !


Comme pour s'opposer à la force et la rapidité des numéros précédents, la grâce et l'élégance sont alors mises à l'honneur avec le "temple de cristal aux mille lumières". Profitant d'une belle mise en scène avec des nombreuses "danseuses", les deux contorsionnistes créent de fragiles édifices avec de petits plateaux chargés de verres en cristal sur lesquelles elles effectuent leurs exercices. L'effet donné par le tableau est tout aussi artistique qu'acrobatique.

Bon nombres de légendes chinoises sont liées à des batailles mythiques. Le "Wu Shu", qui est un art martial, en est inspiré. Le numéro présente différentes techniques de combats (au sabre par exemple). Le souvenir acrobatique que laissera ce numéro est l'équilibre complet réalisé sur deux doigts de chaque main.




"Le funambule et le fil souple" est l'alliance des deux techniques de fils. Le double fil tendu à grande hauteur et le fil souple en dessous. Ce numéro se veut être un tableau d'ensemble mais il est assez difficile de suivre simultanément les deux acrobates. Sur le double fil tendu la jeune fille réalise différents exercices de pieds et autres sauts. Il est dommageable que les changements de fils soient plus dus à l'effet de la longe de sécurité qu'a la prouesse de l'acrobate.

Sur le fil souple lui est associé Zhang Fang (médaille d'or du cirque de l'avenir 2003) qui réalise avec facilité ses équilibres : sur une main avec fil en ballant, sur échelle ou encore en équilibre sur les mains sur monocycle. L'œil est inévitablement attiré par son aisance naturel et l'assurance qu'il acquiert au fur et à mesure des années, car soulignons le il n'a que 15 ans.


En guise de bouquet final, "le chant des diabolos". Le nom vient du bruit que faisait à l'origine les diabolos façonnés en bambous et dont les sifflements était associés à un chant lorsqu'ils étaient nombreux. On peut parler de bouquet final car ce numéro est un feu d'artifice. Tout au long des 10 minutes de la prestation, les dix jeunes filles font virevolter leurs engins, pas un temps mort, les diabolos sont tout le temps en action. Même lorsque l'une prend la vedette sur le devant de la piste pour effectuer des exercices plus particuliers, en retrait les échanges continuent en permanence comme pour construire un ensemble quasi parfait.

Ce numéro a logiquement été récompensé d'une médaille d'or au dernier festival du cirque de demain et est déjà passé à de nombreuses reprises sur nos écrans de télévisions. Sans aucun doute nous en entendrons encore parler tant l'ensemble est riche et complet : musique, technique et émotion !


C'est sous un tonnerre d'applaudissement que s'enchaîne le final avec toute la troupe. Des dragons se promèneront dans les gradins comme pour inclure les spectateurs dans le fête.

La troupe des étoiles du cirque de Pékin propose deux heures de très bon cirque chinois où comme à l'accoutumé, l'acrobatie est omniprésente et les prouesses nombreuses. Trois numéros de très grande classe pour un tout de bon niveau. Le fil rouge des légendes est léger et permet de faire habillement les transitions sans pour autant être trop pesant. C'est plus un prétexte à la mise en scène qu'une réelle histoire mais cela ne fait que servir les numéros.

Légendes ! par le cirque Phénix est en tournée dans toute la France. Consultez notre agenda pour trouver le passage le plus proche de chez vous




Source : François Dehurtevent




Sébastien BERNARD - Collections - collections@aucirque.com
François DEHURTEVENT - Photographe - francois@aucirque.com
Jean-Pierre JERVA - Photographe / Galeries - jean-pierre@aucirque.com
Fabien LACROIX - Webmaster / Communication - web@aucirque.com
Julien MOTTE - Newser / Agenda - julien@aucirque.com
Jean PEPIN - Newser / Petites annonces - jean@aucirque.com
Patrick PREVOST - Newser - patrick@aucirque.com