Starlight : Chronique de Casting
La vue des affiches peut laisser perplexe, les mentions ne sont pas très évocatrices : "Starlight Production", "Casting", un design très sobre; Cela ne sonne pas très "cirque" me direz vous ? Et pourtant !


Le cirque Starlight existe depuis maintenant 20 ans. Au départ très traditionnel, avec des animaux, à l'image de beaucoup d'établissements Suisse, le cirque Starlight a rapidement voulu se démarquer, trouver son identité et se faire un nom dans le paysage Suisse où en matière de cirque, quantité n'empêche pas de rimer avec qualité. La famille Gasser a alors radicalement changé sa formule en voulant miser sur une création : une mise en piste, des costumes et une musique originale. Certes les premières années ne furent pas sans quelques surprises pour les habitués de la sciure mais le résultat est plus que concluant, et le public ne s'y trompe plus : il ne vient plus passer une soirée au cirque mais il passe une soirée chez Starlight.


Après Happy Hour (2004), Crazy Street 18 (2005), Premières (2003) ou encore Galerie (2002), 2006 est sous le signe du Casting. Mis en scène par Yves Dagenais, la musique est signée Guillaume Coutu-Dumont et les costumes sont de Mireille Vachon. La trame est simple : " Un metteur en scène est à la recherche de nouveaux talents pour son prochain spectacle. Il tient donc des auditions dans le but évident de trouver les artistes qui composeront sa troupe". C'est ainsi que défileront les 13 artistes du Casting, venant du Québec, de France, du Kenya, de la Mongolie et de la Suisse.
Le rôle du metteur en scène est tenu par le français Gary Drault. Formé à l'école de Montréal, nous avons pu le découvrir au dernier festival mondial du Cirque de Demain avec son numéro de trapèze ballant. On peut parler de rôle car sa présence et ses interventions tout au long du spectacle sont une véritable performance d'acteur. Il le jouera soit en Allemand, soit en français selon les villes visitées. Parfois cruel, parfois comique, parfois cynique, il sera le lien entre les numéros. Son rôle, initialement conçu pour être muet s'est avéré manquer de dynamise lors des répétitions. C'est pour cela que Gary à lui même écrit ses textes en quelques jours et s'est créé un personnage et un univers qu'il joue à la perfection. Mais ce personnage, ne serait-ce pas un peu lui ?

Pour parfaire la description du décor il faut ajouter que le chapiteau est nouveau et très confortable avec une disposition tout en balcon. Le plateau scène est au niveau du sol avec en son milieu une grand table et une chaise qui seront utilisées tout au long du spectacle. Des canapés bordent la piste, les spectateurs les plus intrépides pourront assister au spectacle assis bien confortablement. Un grand rideau bleu pailleté fait office de fond de scène.
En guise de parade d'ouverture, les candidats viennent se présenter en groupe au metteur en scène, un ordre de passage arbitraire sera fixé. Le spectacle peut commencer. Les 7 Kenyans de la troupe des Lion Brothers débute par un charivari puis des équilibres sur bancs, à la manière des chinois. Le tout sur une gigantesque estrade, avec des lumières, des paillettes … des barils finalement : "pas de budget évidemment !".

La cadette de la troupe, Jessica Gasser, fera une jolie démonstration aux tissus aériens. Restons dans les airs avec Khongorzul Erdenebayar et Jade Morin pour un duo au cerceau aérien. Rebecca Priebe tentera ensuite de les imiter, afin elle aussi de trouver sa place dans le casting mais le jugement du metteur en scène ne sera pas pour l'encourager.


Les Lion Brothers reviennent avec une demonstration de Limbo Dance, les passages sous les barres enflammées sont de plus en plus bas : chaleur garantie !

C'est au tour de Anne Weissbecker de s'élever dans les airs avec une corde lisse spécialement conçue à Montréal, se dédoublant en son milieu, ce qui offre des figures inédites entre corde lisse et tissus. Cette jeune artiste d'apparence fragile mais d'une tonicité impressionnante fut découverte à la 13ème piste aux espoirs de Tournai en 2000 et récompensée à Wiesbaden en 2004. Elle participa également à la cérémonie de clôture des JO de Turin.

La table jusqu'alors utilisée comme bureau du metteur en scène, se transforme en rampe de lancement des Lion Brothers pour un numéro de cerceaux chinois. Energie, rapidité et bonne humeur sont les atouts de cette troupe.
Le temps de changer les agrès, la seconde partie reprend avec le metteur en scène en personne, souhaitant agrémenter la création de sa prestation. Gary Drault exécute son numéro tout en technique, qui dans l'espace plus restreint que le cirque d'Hiver présente un bien meilleur visage.

Rebecca Priebe revient faire un nouvel essai avec une démonstration d'exercices "aquatiques" mais le succès n'est toujours pas au rendez-vous.

L'un des Lion Brothers revient en solo pour un numéro dont on pourrait ironiquement dire qu'il est la pour "meubler", car c'est sur un empilement de chaises sur la table qu'il exécute des équilibres à grande hauteur.

Rebecca ne se décourage pas et s'essaye avec humour aux hoola hoop. Cette "barbie girl" aura l'audace de vouloir se maquiller tout en se dandinant au rythme des cerceaux. Les pointes d'humour et les différents clins d'œils sont très à propos. Sans pour autant oublier la technique, ce numéro est très drôle.
Nous reprenons notre sérieux en se laissant charmer par la contorsion de Khongorzul Erdenebayar. L'ajout d'un tissu blanc en accessoire renforce la grâce et l'élégance naturelle du numéro.

Rebecca reviendra pour un ultime essai en tentant de reprendre la contorsion avec sa grâce à elle ! La technique n'est toujours pas au point mais la tentative aura tout de même pour effet de faire jaillir une l'étincelle chez le metteur en scène et de donner à Rebecca le rôle de … clown évidemment !

Les Lion Boys reviennent une dernière fois pour des pyramides humaines. Certainement le numéro le plus abouti de leur répertoire. Les figures sont nombreuses, les difficultés bien présentes et les enchaînements sont rapides.

Un dernier tableau avec toute la troupe, les aériens et les acrobates. Peut-être l'affiche du futur spectacle ?


Cette nouvelle création était un nouveau pari, comme aime les relever le cirque Starlight car, pour la première année, elle marque l'absence de Jo et Johnny qui étaient incontestablement les éléments acrobatiques forts du spectacle. Le succès remporté par leur numéro de barre russe (qui était présenté l'année dernière sous le chapiteau Starlight) présenté au dernier festival du cirque de demain avec comme voltigeuse Carole Demers, seule fille à réaliser 3 triples sauts dans le même numéro leur à ouvert d'autres horizons.

La réussite de "Casting" est complète, c'est un excellent moment de cirque avec des numéros de qualités, et un réel plaisir à se fondre dans l'ambiance du "casting", grâce une très bonne troupe de Kenyans qui apportent le dynamise et la bonne humeur. Gary Drault est excellent dans son rôle, l'humour est omniprésent dans la mise en scène. On ne peut qu'être séduit à condition d'être prêt à se laisser prendre au jeu. On en redemande ...




Pour conclure nous dirons tout simplement, comme l'a titré un quotidien suisse, "Le Cirque Starlight joue sur la piste des grands".



Source : François Dehurtevent




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