Herman Renz : classique mais moderne
Fidèle à ce qu'il nous propose depuis maintenant plusieurs années, le cirque Herman Renz a, cette année encore, construit son spectacle autour d'un thème qui servira de fil conducteur. Après Hello Hollywood, l'année dernière, où chaque numéro reprenait un film et des acteurs connus du cinéma américain, ou encore Magic Vision il y a quelques années, la saison 2006 marque le retour aux racines, ou plutôt au classicisme. C'est donc, tout naturellement, que le spectacle s'intitule Il Circo Classico.


Milko et Frenky, les augustes maintenant familiers du chapiteau rouge et bleu, accueillent les spectateurs, tout en prenant la température de la salle. Les lumières s'éteignent, l'orchestre de sept musiciens, dirigé par Robert Rzeznik, entonne l'ouverture et le spectacle débute par un charivari, auquel prennent part tous les artistes : magicien, gladiateur, cracheur de feu, gitane et saltimbanques prennent possession du rond de sciure. Dès les premiers instants, le spectateur est plongé dans cette ambiance d'une autre époque, qui n'est pas sans rappeler les charivari d'un certain Il Florilegio ou du Carnaval d'Arlette Gruss. La beauté des costumes mérite d'être soulignée, ils mettent en valeur cet " openingstableau " et sont à la fois fil conducteur et lien entre les différents tableaux. Ajoutez à cela la mise en scène de Antonio Giarola et vous obtenez un des programmes attachants de cette saison en Europe.


Classicisme oblige, c'est tout naturellement que le spectacle débute avec la cavalerie de Michel Jarz. Deja présent l'année dernière, il dirige cette année huit arabes blancs de son cousin Flavio Togni. Six des huit chevaux en piste étaient du dernier programme du Cirque d'Hiver, sous la chambrière de Joseph Bouglione.

Des chevaux, encore, avec la troupe hongroise des Donnert. Ces quatre hommes et leur partenaire féminine, maitrisent l'art des Jockey avec saut de baguette, sauts de queue, colonne à deux et un beau saut périlleux sur le même cheval. Les Donnert présentent également un pas de deux classique. L'originalité de cette mise en scène est la présence en piste de Bruno Stutz (ex Chicky), superbe clown qui nous fait découvrir ses talents de chanteur mettant en avant les portés du duo.


Les animaux au cirque, ce sont bien sûr les chevaux, mais également les éléphants et les fauves ! Les trois éléphants de Corty Althoff sont de la tournée, mais ne paraissent en piste que pour introduire le jeune contorsionniste Berkin Bolatov, venu du Kazakstan qui termine en s'enfermant dans une minuscule boîte en plexiglas.

Yvonne et Knut Muderak présentent leur lion et leurs sept lionnes. Travail classique en couple dans la cage.


Pour cet hommage au classicisme le cirque Herman Renz nous offre un des plus forts plateaux actuellement en Europe. En premier lieu, le duo Segura, effectuant leur dernière tournée car ils se retirent du circuit en fin d'année. Leur numéro commence par un exploit : un double équilibre, lui sur un bras, elle un bras sur sa nuque, et se termine par un autre exploit : une colonne à deux en équilibre sur les mains. Tamara, après le trapèze l'année dernière présente un travail d'antipodiste, qu'elle termine en se faisant élever à la coupe tout en faisant tourner quatre tapis !


Les Monastysrky proposent les classiques transformations à vue. Revenu de sa tournée française chez Arlette Gruss, Alexander Xelo a repris ses anciennes routines et tente à nouveau, avec succès, de lancer quatre diabolos simultanément. Les Flying Neves sont également de retour en terre hollandaise.

L'arrivée de Bruno Stutz, au milieu du couple Milko et Frenky, a donné naissance à un trio classique très séduisant. Ils reprennent avec originalité l'entrée des bonbons, et intercalent leurs reprises ce qui constitue une présence comique de qualité.




Herman Renz propose chaque année un spectacle totalement renouvelé, avec une mise en piste soignée, suivant un thème choisi. Les numéros sont de qualité, l'écrin est soigné : sièges baquet pour l'ensemble des gradins et un orchestre qui sait créer l'ambiance recherchée. Pour nous, spectateurs français, se retrouve un souci d'exigence comparable à celui du cirque Arlette Gruss : un éclairage bien dosé, un soucis de création, un parquet qui va de la caisse à votre siège et un public qui se fidèlise.

Vous pouvez retrouver un article plus detaillé sur ce spectacle dans le n° 222 de la revue Le Cirque dans l'univers.




Source : François Dehurtevent




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