Monti 2006 : sur la piazza...
Même si les spectacles du cirque Monti n’atteignent pas les sommets de l’acrobatie, une «esthétique Monti» s’est peu à peu mise en place. Elle mérite le détour par curiosité.




Il y a d’abord le décor extérieur. Rien d’exceptionnel, mais une harmonie des toiles et des caravanes qui réjouit toujours l’oeil photographique.

On ne va pas chez Monti pour les animaux. Sans la cavalerie de Niklaus Muntwyler et les restrictions dues à la grippe aviaire, la ménagerie est réduite à quelques caprins, cette année.

Non, l’intérêt d’un spectacle Monti, ce sont les jeunes artistes inconnus que le spectateur découvrira. Ce qui ne garantit d’ailleurs pas une qualité indiscutable.


Cette année, la piste est devenue la piazza Monti (on devrait dire piazzetta !) limitée par des maisons colorées et l’embouchure de ruelles. La place d’un village ou d’un quartier. Lieu de rencontres et de mouvements qui rappelle très nettement la crazy street du cirque Starlight en 2005. Rencontres d’artistes américains (Brian Bronkar Lee et Simon Chaban), canadiens (Darie Chouinard-Moisan, Yannick Blackburn et Madeleine Prévost-Lemire), français (Victor Cathala, Jeanne Durand-Raucher et Armelle Fouqueray), finlandais (Kati Pikkarainen), espagnol (Pedro Izquierdo) et suisses (Didi Sommer, Cécile Steck, Johannes Muntwyler et ses garçons Tobias et Mario).

C’est toujours compliqué de relier par l’acrobatie les épisodes d’une histoire que l’on voudrait signifiante. Il faut reconnaître que les numéros arrivent souvent comme des collages sur la trame narrative un peu simpliste et l’on se demande ce qu’apporte vraiment «le remplissage». Mais c’est dans l’air du temps, comme une caution culturelle. Objectivement, ce spectacle n’échappe pas à ce problème.


Quoi qu’il en soit, nous pouvons voir (dans le désordre) des équilibres sur main (Jeanne), des clowneries (Didi et Cécile), du fil-de-fer (Madeleine), de la jonglerie (Johannes, Tobias et Mario), de l’anneau aérien (Armelle), des percussions (Brian et Simon), du mât chinois (Yannick et Darie), du main à main (Victor et Kati). Brian présente aussi un numéro de grommelots peu courant qui s’intègre judicieusement à l’histoire, ce sont des bruits de bouche harmonieux, totalement incompréhensibles.

Pour avoir vu le spectacle sous un chapiteau plein à craquer de scolaires de tous âges, je peux affirmer que ce public déjà averti n’a manifesté son plaisir que lors des numéros «classiques» du meilleur niveau, ce qui mériterait d’être pris en compte.


Ce fut le cas pour le main à main de Victor et Kati. Nous avions découvert ce numéro au Festival du Cirque de demain 2005 (médaille d’argent) et avions pu apprécier l’humour créé par le contraste entre ce petit bout de femme énergique et ce géant placide. Quelques minutes de grand plaisir.

Ce fut aussi le cas pour le diabolo en solo de Tobias, ce qui se comprend aisément. Il est bien sûr intéressant d’apprécier ses progrès, année après année. Son frère Mario, suit la même voie avec des massues, en duo avec son père.

Didi Sommer est l’homme à tout faire de ce spectacle. Régisseur, il intervient aussi plusieurs fois dans la comédie. Il s’est construit un personnage un peu foldingue à la silhouette mémorable de motard déjanté.




Tous ces jeunes artistes polyvalents ont du tonus. Même si notre soif de prouesses n’est étanchée que partiellement, on a l’impression de participer à leur bonheur. C’est peut-être l’essentiel.





Article tiré de la revue
Le Cirque dans l'Univers n° 221
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Source : Yvon Kervinio / Club du Cirque (CDU 221)




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