Weihnachts Circus d'Heilbronn 2006
En sortant de ce spectacle, un ami me faisait remarquer que les deux plus forts Cirques de Noël allemands étaient seulement distants d'une vingtaine de kilomètres, celle qui sépare Stuttgart de Heilbronn.

On pourrait ajouter qu'il s'agit là des deux plus forts plateaux présentés en Europe dans un spectacle donné sur une durée supérieure à celle d'un Festival. Nos amis du Club du Cirque allemands se montrent d'ailleurs partagés pour élire le meilleur de ces deux spectacles.

De nouveaux prodiges venus de Chine


Celui de Heilbronn, le huitième organisé par Sacha Melnjak, possède de sérieux arguments avec deux numéros chinois destinés aux plus hautes récompenses. Les acrobates à vélo de la troupe de Hebei et les équilibristes aux sangles aériennes de la troupe du district militaire de Shenyang.

Dans une spécialité pourtant élevée en qualité – la troupe de Zunyi vue à Lille et Grenoble après une saison chez Merano en Norvège en est la preuve– les seize artistes de la province de Hebei portent encore plus haut l'acrobatie sur cycle en exécutant un travail de sauts à la banquine… sur les vélos. Il n'y pas de longe, seulement un assistant qui veille à parer aux glissades éventuelles : un travail jamais vu encore sur une piste de cirque.


On avait déjà vu des artistes tenir en équilibre par la mâchoire de longs sabres ou des objets équivalents tout en exécutant un travail de trapéziste, mais jamais encore un numéro complet de sangles, avec pas de deux et suspensions multiples. Les huit filles venues de Shenyang et leurs partenaires masculins réalisent un numéro qui serait déjà exceptionnel avec le simple travail aérien.


Nouveau propriétaire du cirque Charles Knie, Sacha Melnjak fait présenter par Marek Jama, six chevaux dressés naguère par Charles Knie.

Autre numéro animalier, les trois beaux éléphants indiens, trois femelles répondant aux noms de Baby, Mala et Jumba que fait travailler le plus souvent à main nues Elvis Errani. Ce numéro est un des meilleurs actuellement sur le circuit, il était précédemment dirigé par son cousin Maycol Errani qui se consacre désormais à son numéro d'icariens.
Sally, la belle otarie de Adèle et Stefano Cerosimo, exécute tous les tours du dressage moderne. Adèle et Stefano appartiennent à la même famille que Philip et Gladys, ils ont longtemps travaillé dans un delphinarium avant de créer leurs propres attractions.
Equilibre, jonglage et acrobatie : les vraies valeur du cirque.

Un désaccord survenu entre l'organisation et la famille Monni a fait retirer du programme les reprises comiques de Daniel et le numéro de patins à roulettes qu'il présente avec sa famille sous le nom de M.G Team.

C'est le débonnaire Don Martinez qui s'est chargé, de son mieux, des transitions comiques. Pour leur part, les chinoises de la troupe de Hébei ont été beaucoup mieux que de simples doublures pour les patineurs. Leur travail aux diabolos est, d'un point de vue technique, supérieur à la troupe de Chine vue chez Knie cette saison.
Shirley Dean, la fille de Don martinez, montre la version « féminine » du jonglage mondain célébré par Kris Krémo : son large sourire, sa vivacité constituent ses meilleurs atouts, pour la technique, il suffit de la voir tourner, au final, trois pirouettes bien détaillées avant de rattraper la boîte de cigares qu'elle a envoyée bien haut.

En attendant d'être applaudi sur la piste du cirque Pinder, Giacomo Sterza (Jaster) lance flèches et couteaux autour de sa belle partenaire Elena Busnelli.
Il y a toujours autant d'émotion lorsque s'élèvent en force les quatre frères Pellegrini. Natale, Ivan et Andrea descendent d'une lignée d'écuyers, aujourd'hui encore ils sont inégalés par la perfection de leurs équilibres sur les mains, la tête et les pieds de leur frère aîné, le porteur Ernaldo.

Iurie Basiul est, lui aussi, un bel équilibriste sans toutefois atteindre le niveau de son modèle Anatoly Zalewsky.

Le trio James est certainement un des plus fort numéros de bascule en petite formation : leurs arrivées sur une barre russe ou en troisième hauteur ont une sûreté que plusieurs troupes aux effectifs plus nombreux pourraient envier.

Pour accompagner un si beau spectacle, il fallait un bon orchestre ; celui de Slawomir Csapla fait parfaitement l'affaire avec ses cinq vaillants souffleurs. Pour la présentation, c'est Fabian Egli, fidèle au poste, qui assure et se risque même, au final, à chanter, de façon fort honorable, le traditionnel White Christmas d'Irving Berlin.




Source : Texte : Christian Hamel / photos : Martine Simon




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