Stuttgart, le Cirque de Noël du monde
Il n'y a aucune exagération banquiste dans cette annonce : Henk Van Der Meyden et les productions Stardust présentent effectivement les meilleurs spectacles de cirque authentique qu'il s'agisse de leurs galas au théâtre Carré d'Amsterdam ou des représentations sous le chapiteau à six mâts monté sur la Cannstatter Wasen de Stuttgart du 12 décembre au 7 janvier.

Sur cette immense place, plus de cent mille spectateurs se pressent en longues files deux heures au moins avant chaque séance, et ceci bien qu'il n'y ait plus de billets à vendre depuis longtemps.

Cette année, la caisse installée lors du premier jour de montage a été littéralement prise d'assaut obligeant l'organisation à faire venir des guichetières supplémentaires.
Comme chaque année, Patrick Rosseel remplit les fonctions de régisseur général et de chef de piste. Autour de lui, on retrouve une équipe de pistards chevronnés –la Sliwa troupe– un orchestre aguerri, celui de Grzegiorz Mielimaka et un présentateur à la fois élégant et compétent, Peter Goesmann.

Les artistes vous le diront, travailler à Stuttgart est un vrai bonheur, ne serait-ce que parce que les conditions proposées sont très professionnelles. Dès lors, les artistes acceptent certaines exigences sur la durée de leur numéro et le nombre de séances – trois par jour lors de la période de fêtes.

Le défilé des artistes qui ouvre le spectacle rassure d'emblée : plus de quatre-vingts artistes, cinq grandes troupes et une jolie brochette de lauréats, Clowns d'or, d'argent et autres récompenses équivalentes.


Voir ici le talent des Rossyann reconnu à sa juste valeur par un public connaisseur a quelque chose de réjouissant : on connaissait les qualités de musiciens de Yann et de Maurin, mais on a pu ici savourer leur manière élégante d'assurer des petites reprises comme celle des chapeaux volants ou une entrée des assiettes avec un clin d'oeil respectueux à son grand illustrateur que fut Pio Nock.

Une fois encore, la troupe du Bingo Circus se voit contrainte à donner en quelques minutes un échantillonnage de ses talents multiples qui ne peut qu'inciter à les voir dans un spectacle bien à eux.



Dans ce vaste espace, le vol de Robin Valencia, la femme projectile, prend une autre dimension : c'est son oncle Dave Smith, ex- professeur de mathématiques, qui a fait construire le canon qui la propulse très haut sous les cintres. Il détient d'ailleurs le record de distance depuis 2002 avec 61,26 mètres.


Après avoir subi quelques avatars lors de sa dernière tournée au cirque Knie, la troupe Gvozdetsakaya est revenue à sa présentation sur le thème de Roméo et Juliette. Un nouveau porteur, Andrei Saladonau, a remplacé Dimitri Barsikov mais ce ballet acrobatique restitue parfaitement le scénario tragique des amours impossibles des amants de Vérone.



Avec leurs otaries, Petra et Roland Duss ont, une fois encore, pris de la distance avec leurs concurrents dresseurs. Plus difficiles à dresser que leurs cousines de Patagonie, les otaries qu'ils présentent (Chico, Tino, Joe et Charlie) viennent de Californie. Depuis cinq ans, ces mâles sont très populaires sur la deuxième chaîne de télévision allemande ZDF pour leurs apparitions dans la série Hallo Robbie où ils jouent de véritables rôles.

Dans ce contexte très relevé, Giuseppe et Emmanuel Curatola se montrent à leur avantage grâce à leurs qualités d'acrobates sauteurs dans la vraie tradition italienne.



Héritier d'une grande famille du cirque hongrois, Florian Richter fait étalage de ses grandes qualités d'écuyer : d'abord avec un ensemble de douze chevaux frisons et arabes qu'il fait évoluer sur des airs de My Fair Lady puis avec son ensemble de jockeys.
Une nouvelle troupe capable d'exploits tel que des sauts de banquine d'un couple de chevaux à un autre ou de sauts périlleux simultanés sur le même cheval ou d'un cheval à l'autre : un grand numéro !


La troupe de perchistes Khailafov reprend les exercices qui permirent au créateur Leonid Kostiuk d'obtenir un Clown d'or au Festival de Monte-Carlo en 1978. Ses équilibres sont toujours aussi étonnants et, même s'ils reçoivent l'assistance de la longe, celle-ci n'est jamais complètement tendue et elle sert avant tout à protéger les spectateurs des loges d'une chute éventuelle des artistes.


Les troupes de trapézistes volants venues de Chine sont encore rares en Europe. Celle des Pirates Volants de Wu Han anime les hauteurs du chapiteau avec, en contrepoint, un corps de ballet évoluant au sol. Pas de performances de pointe mais des passes rapides, souvent agrémentées de pirouettes et autres fantaisies. Ces artistes devraient participer à la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin.

Tatiana Mak et son porteur de mari Alexander sont désormais bien connus du public. Leur présentation fait se succéder des lâchers à cadence rapide. Donné sur un matériel très traditionnel (un cadre, des staffes de pieds et de mâchoires), c'est un des meilleurs du moment.

Depuis l'avènement du pas de deux de la troupe de Guang Dong, on a vu se multiplier ce genre de numéros. Les trois artistes venus de Nanjing –une voltigeuse et deux porteurs– reprennent la plupart des routines du numéro original sans, toutefois, parvenir à recréer sa magie si particulière.

La tournée des Contes d'Andersen en 2004 avait permis de découvrir un étonnant travail d'icariens sur le thème du Vilain Petit Canard. Ces artistes appartenaient à la troupe de Shandong et ont, depuis, obtenu une récompense suprême lors du dernier festival de Wuhan.

Ils ont le même âge que leurs prédécesseurs, Kremo, Sheffer ou Craggs, qui évoluaient voici plus de cent ans et leur travail se rapproche de ces modèles : sauts périlleux simples, doubles ou twistés, constitution de colonnes, surélévations de porteurs sur des plate-formes et, prouesse rarement vue à ma connaissance, des doubles ou triples pirouettes verticales très difficiles à rattraper en position assise sur les pieds du porteur.
Avant l'extraordinaire final où la piste s'avère trop exiguë pour que tous les artistes y trouvent place, on peut applaudir la troupe des sauteurs à la bascule de Dimitri Dosov : costumes soignés inspirés des clips et feuilletons de science fiction moderne et chorégraphie omniprésente. L'acrobatie, proprement dite, est d'un très haut niveau : multiples sauts réceptionnés sur un tapis au sol et doubles sauts sur deux, puis une seule échasse.


Ce Weltweihnachts Circus constitue désormais un must pour le parcours du circophile averti…à condition de pouvoir réserver assez tôt !!!



Source : Texte : Christian Hamel / photos : Martine Simon




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