Cirque d'Hiver Bouglione : Artistes (2006-2007)
Pour cette septième création depuis la reprise des spectacles au cirque d'hiver par la jeune génération Bouglione deux événements majeurs marquent cette édition : le retour d'un numéro de cage et un numéro de trapèze volant à l'endroit même où cette discipline fut inventée le 18 novembre 1859 par le français Jules Leotard.

Bien qu'il soit réputé et qu'il ait été maintes fois évoqué on ne peut parler d'un spectacle au cirque d'Hiver Bouglione sans en évoquer l'écrin. La structure stable permet de jouir de ce qui se fait certainement actuellement de mieux en matière d'éclairages. Le pont de lumières rectangulaire a été remplacé par un double pont circulaire permettant des effets nouveaux. L'orchestre de 12 musiciens dirigés par Tony Bario accompagne intégralement le spectacle, quelques numéros étant même accompagnés de compositions originales. Les emblématiques Sergio et Alberto Caroli assurent en duo la présentation, donnant la réplique à un couple d'habitués tirant un peu sur la ficelle !

Le spectacle débute avec les quatre tigres de couleur de Flavio Togni présentés par l'allemand Hans Ludwig Suppmeier sur la musique envoûtante de Pink Floyd "The wall". Ce n'est pas le spectaculaire qui est ici recherché mais le désir de mettre en valeur la beauté de ces félins. Pas de sauts de tabourets ni de pyramides, mais plutôt un travail au sol tout en douceur : valses, tapis à 4 etc ... Le golden taby cabreur sort magnifiquement en traversant toute la piste dressé sur les pattes arrières. La dernière image de Tibet, le mâle blanc, tournant assis sur une boule à facettes laisse rêveur et conclut en beauté cette présentation d'animaux hors du commun.
Les huit "Salto Dancers", après un tableau inspiré des "samouraï" laissent place au Duo Yingling pour quelques instants d'esthétisme. Ces antipodistes aux ombrelles travaillent d'abord en parallèle avec des échanges puis en symétrique faisant tourner chacune jusqu'à cinq ombrelles, le tout accompagné d'une création du compositeur canadien Germain Bourque.

Le duo Strange Love (russes) leur succède pour une déclaration d'amour emplie de poésie. La mise en piste et le côté attachant d'Oxana et Alexander arrivent presque à faire oublier la difficulté et les performances de leurs acrobaties sur monocycle, ... un grand moment.

Sampion Bouglione Jr -fils de Thierry et Sandrine-, après quelques galas et festivals, fait ici ses premiers pas dans une production d'une telle envergure. Son numéro débute par une série de claquettes américaines auxquelles il mêlera le jonglage à rebond en réussissant la performance de jongler avec 9 balles. Les micros intégrés aux vêtements permettent à Sampion Jr de prendre pleinement possession de la piste et de jouer avec le public. Même si son numéro peut encore gagner en régularité il a déjà la présence et le charisme d'un artiste de talent. Sans nul doute nous le reverrons sur d'autres pistes prestigieuses.
Place à l'humour avec le retour au cirque d'hiver, deux ans après son premier passage, de Fumagalli et de son frère Darix. Ils jouent cette année l'entrée " de la table " durant laquelle les tentatives d'acrobaties initiées par Darix seront difficilement concluantes, Gianni faisant preuve de maladresse mais aussi de malice, faisant le plaisir de tous.

Ingo Stiebner présente ses deux otaries avec humour et complicité, il saura même donner un baiser plus que rapproché à l'une d'elle ! Willer Nicolodi qui était déjà passé au cirque d'hiver en 2002, continue à donner vie à sa marionnette et voix à son partenaire canin. Quelques spectateurs se verront également doubler à leur insu. Fumagalli en maître de ballet averti dirigera les Salto Dancers qui annonceront l'entracte.
La seconde partie reprend avec un temps fort du spectacle : les Flying Michaels. Leur numéro de trapèze volant reprend les tricks classiques de la discipline : passage écart, double, double passage et le superbe triple avec cagoule de Marlon. Nous avons déjà pu découvrir ce numéro en France au cours des années précédentes, que ce soit chez Pinder, Arlette Gruss ou encore au dernier Festival de Domont mais c'est véritablement dans ce lieu magique que le terme " volant " prend tout son sens. Leur tout nouveau cadre de trapèze en aluminium est déjà fixé beaucoup plus haut que dans la plupart des chapiteaux et les ballants ne sont pas limités par la toile de tente. Les voltigeurs donnent réellement l'impression de voler dans l'espace au cours des figures, on ne peut s'empêcher de penser à la découverte qu'on pu faire les spectateurs de l'époque lorsque Jules Léotard a fait ses premiers passages de bâton à bâton. Un grand moment de cirque !

Fumagalli officiera en magicien de fortune pour une entrée inédite de "pseudo" illusion durant laquelle, par télépathie, il déplacera un canard à l'insu de son apprenti d'un soir.

Ambiance rock'n roll avec l'espagnol Ives Nicols. Entouré des girls il jonglera avec dextérité tour à tour avec ballons, massues puis boomerangs, la rapidité des enchaînements faisant la qualité du numéro.
Nico et Nino, les Huesca Brothers, qui ne sont autre que les fils de Gianni, honorent ici leur premier contrat en France si l'on excepte leur passage au dernier Festival International de cirque du Val d'Oise. A l'instar des célèbres icariens italiens tel que les Eranni ou les Guidi, le numéro est rythmé, efficace et joué "à l'italienne".

Regina et Joseph Bouglione présentent cette année une double haute école en montant les chevaux de Philippe Arias qu'on avait vu en piste aux cotés de Regina lors du spectacle "Trapèze". La charmante écuyère se retirera pour laisser Joseph enlever le harnachement de sa monture qu'il fera évoluer en liberté pour terminer par un beau cabré. Fumagalli l'imitera ensuite avec un poney qu'il fera passer dans de grands cerceaux.
Le second Duo venu de Yingling offre un très bon numéro mêlant contorsion, équilibres et antipodisme au tapis. Les figures sont techniquement très abouties et la chorégraphie réussie.

Fumagalli et Darix rejouent avec autant de succès qu'il y a deux ans "le miel". Ils sont toujours associés à Alberto Caroli avec qui ils forment certainement le meilleur trio que l'on puisse connaître pour cette entrée.

Le ballet sortira de la piste -grâce au vérin fixé dans l'ancien bassin sous la piste- sous un déluge de lumières, l'ensemble des artistes viendront les rejoindre pour un final haut en couleur. Fumagalli clôturera le spectacle en soufflant la bougie qui a éclairé la piste de sa magie deux heures durant.


Comme chaque année c'est un beau moment de cirque qui est proposé au public parisien avec les composantes nécessaires à la réussite d'un spectacle à la capitale. En plus des numéros l'accent est mis sur la mise en scène, les costumes, les lumières pour que l'éblouissement soit total et que l'ensemble soit un spectacle au sens large. Les puristes pourraient peut-être regretter l'absence d'une troupe ou d'un numéro d'ensemble ainsi que de retrouver des numéros déjà produits les années précédentes mais est-ce vraiment important lorsque le résultat est de cet ordre .




Source : François Dehurtevent




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