Jubilé au cirque Phénix
Pour fêter les 50 ans de la venue du cirque de Moscou en France, le cirque Phénix a voulu rendre hommage a cette troupe d'artistes de légendes et a tout naturellement intitulé son spectacle Jubilé.
Pour cette fin d'année 2006 à Paris et pour la tournée en province ce n'est pas véritablement une troupe venue de Moscou comme on pouvait les connaître il y a plusieurs années mais un plateau composé de numéros d'origine russe qui sillonnent les plus grands chapiteaux européens.

La salle est chauffée par Alexandra Cravero qui seule avec son violon enthousiasme les près de 6000 spectateurs assis sous le grand chapiteau Phenix. Alexandra rejoindra l'orchestre (excellent tout au long du spectacle) dirigé par son père Christian pendant qu'Andrey Dorozhko se hisse à la coupole où l'attend sa sphère aérienne. Une série de poses plastiques et de suspensions sur un agrès original qui lui valu une médaille de bronze au 27e Festival mondial du cirque de demain (2006).

La troupe emmenée par Elena Drogaleva excelle dans l'art du jonglage passing, les 3 hommes et leur partenaire féminine enchaînent un très grand nombre de variantes de passes, le tout en mouvement perpétuel. Ils jouent également sur les niveaux en utilisant deux plate-formes permettant de multiplier les combinaisons. Tout au long du numéro les 3 hommes tentent tour à tour de séduire leur charmante partenaire qui évidemment jouera de leurs avances pour ajouter une pointe d'humour au numéro.

Une étrange grenouille vient chasser le papillon, mais pour un court instant car elle sera vite reconduite en coulisse par le maître de cérémonie.

Les six gymnastes de la troupe Simonenko enchaînent pirouettes, planches, saut écarts au trampoline. Discicpline devenue olympique depuis 1999 et adaptée à la piste dont les Simonenko en font une présentation conventionnelle où un brin de fantaisie apporterait en originalité. A noter la colonne à trois tombée sur la toile puis remontée en position initiale.

Revenus d'une tournée au Danemark avec le cirque Arena, les Duet Blues reprennent leur entrée de la perche et du chapeau réussissant la performance d'occuper pleinement le grand plateau carré autour de la piste afin de captiver l'ensemble du public parfois bien loin.

Retour à la coupole pour une excellente démonstration de sangles par le duo Turkeev. Ce ballet amoureux sera prétexte à de nombreuses figures techniquement abouties dont plusieurs sont originales et novatrices : suspension par les chevilles, suspension de l'acrobate à un pied de sa partenaire en grand écart vertical alors que l'autre pied est bloqué dans une sangle, suspension aux cheveux de sa partenaire.

Elégance du style, perfection des exercices et raffinement de tous les mouvements qualifie le mieux Oleg Izossimov dans ses équilibres sur piédestal rotatif. Ancien membre de la troupe des «cigognes» qui obtint un clown d'or à Monte-Carlo en 1995, son numéro en solo fut récompensé d'un clown d'argent l'année suivante au 20e festival et c'est tout naturellement qu'il fut invité au 30e anniversaire. Au milieu d'un cercle de chandeliers accompagné par «Caruso» interprété par Luciano Pavaroti, Oleg Izossimov efface la difficulté créant l'illusion d'avoir devant nos yeux un danseur du ballet du Bolschoi.

La troupe Sevrukov s'élance d'une plate forme à la coupole du chapiteau sous laquelle est fixé un trapèze pour le porteur. Cela nous offre une série d'envols impressionnants mais qui se rapprochent plus d'un travail d'élastonautes que de la voltige aérienne proprement dite, la loi de l'attraction universelle ne pouvant pas être aussi facilement mise à mal sans l'aide d'artifices.

Les Simonenko, en excellents gymnastes, entament la seconde partie par par une série de soleils, pirouettes, lâchés etc .. à la barre fixe.

Retour de notre grenouille malicieuse qui fera la découverte d'un chapeau presque plus grand qu'elle. Réussissant à le déplacer elle s'en servira comme support pour réaliser quelques équilibres et souplesses qui lui valurent une médaille de bronze au 22e Festival mondial du cirque de demain.

Intermède comique avec les Duet Blues et leur 3è partenaire Natalia Maksimova pour une démonstration de jonglage avec des bassines en plastique ! Entre performance et humour le résultat est plaisant.

Moment de poésie avec Slavina aux tissus aériens. Elle fait corps avec son agrès qui est le prolongement de son costume et offre des poses d'un esthétisme pur qui est renforcé par l'interprétation "live" de l'envoûtante chanson "Sanvean I'm your shadow" de Lisa Gerard la chanteuse du groupe "Dead can dance". Ce numéro a été créé et mis en scène par Anatoly Zaliewski et on le retrouve très logiquement dans son spectacle Rizoma.

Victor et Natalia, installés en France depuis maintenant plusieurs années réalisent une série de portés acrobatiques sur le thème de la poupée désarticulée. Victor réalisera une des pompes en planche avec Natalia également en planche sur ses épaules.

La troupe de djiguites "les Iriston" recevra toute l'admiration du public avec leur voltige à la cosaque : chandelle, double passage sous le ventre du cheval au galop, planches, colonne à deux etc... Cette troupe est depuis de nombreuses années un numéro vedette du cirque Krone et c'est un réel plaisir que de la voir en France bien que la piste qui n'est pas en sciure handicape quelque peu les chevaux qui ne galopent pas à pleine vitesse. Dommage que pour des raisons logistiques ce numéro ne soit pas présent sur la tournée provinciale.

Deux heures d'un beau spectacle viennent de s'écouler et la trentaine d'artistes revient saluer une dernière fois le public. C'est alors que Sacha la grenouille vient s'installer sur support rotatif à l'aide duquel il réalisera une rotation du bassin de plus de 180 degrés ! Final étonnant et inedit car presenté pour la premiere fois au Cirque Phenix.



Ce cru 2006 est incontestablement un plateau de qualité, très bien mis en valeur par les nombreux éclairages avec une mise en scène réussie qui crée une ambiance et forme un spectacle au sens large, l'orchestre n'y étant certainement pas innocent. Un bon souvenir de cette fin d'année 2006 qui nous donne déjà envie de découvrir Junga par les étoiles du cirque de Pékin qui mêlera cirque, acrobatie, kung-fu et performances de moines Shaolin ... à partir du 24 novembre 2007 à Paris.






Source : François Dehurtevent




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