Starlight : Bienvenue au Squat


20 ans dejà ! Mais quel original endroit qu'un squat pour fêter son anniversaire !


C'est en 1987 que Jocelyne et Heinrich Gasser prenaient le pari de fonder leur propre établissement, ainsi le cirque Starlight, du nom de leur duo de lancer de couteaux sur fil de fer, vit le jour il y a tout juste 20 ans. Dès le début la volonté de présenter des spectacles à thèmes avec une mise en scène intégrant les décors en piste, les costumes et l'origine des artistes fut forte, mais c'est en 2002 que le cirque Starlight prend un nouveau visage, résolument moderne et novateur. La rencontre à l'école national de cirque de Montréal de Johnny Gasser (le fils de Jocelyne et Heinrich) et de Jo D'abite Casaubon, avec qui il a monté un main à main d'un niveau encore rarement égalé, n'y est pas étrangère.


Depuis ce "tournant" dans la vie du cirque Starlight la création des spectacles est confiée au metteur en scène canadien Yves Dagenais et c'est ainsi qu'au fil des années les spectateurs furent plongés dans une galerie d'art (Galerie - 2002), dans le monde du théâtre et de la danse moderne (Premières - 2003), dans un bar (Happy-Hour - 2004), dans une rue (Crazy Street 18 - 2005), ou encore dans un studio (Casting - 2006).

A l'inverse de Crazy Street 18, cette année ce n'est pas dans la rue qu'est plongé le spectateur mais à l'intérieur d'un squat, l'extérieur étant symbolisé par "l'entrée des artistes" de laquelle nous verrons errer des voyageurs venant de partout ou arrivant de nulle part. Quelques-uns restent, d'autres désertent les lieux sans jamais revenir mais tous nous raviront de leurs prestations. C'est une ambiance étrange qui accueille le public, un échafaudage à droite, un pot de fleur à gauche et quelques canapés ici et là que pourront investir les spectateurs les plus audacieux.

A travers les vitres tagées du squat on devine un défilé que Jessica Gasser, la benjamine du spectacle (12 ans), quitte la première en poussant les portes de cette " épave urbaine " pour se hisser à son trapèze, agrès qu'elle retrouve après s'être essayé aux tissus l'an passé. Lui succède aux diabolos les suisses Konrad Utzinger et Jonas Egli dans une très riche et dynamique démonstration basée sur un duel continu, chacun essayant systématiquement de subtiliser les diabolos de l'autre. Cela conduit à des figures originales comme la colonne à deux, une série de "saute-mouton", une série de passing à trois diabolos et surtout des échanges perpétuels, non pas uniquement sur des axes rectilignes comme nous avons l'habitude de le voir mais sur des trajectoires courbes beaucoup plus complexes augment la difficulté.

Un squat se doit d'être cosmopolite, c'est chose faite avec les chinoises Jing Xu et Xiangye Cette dernière porte sur ses pieds, à la manière des antipodistes, jusqu'à neuf bancs sur lesquels Jing Xu réalise une équilibres et souplesses. Leur compatriote Yi Shen arrive de nulle part et trouvera finalement une plante qu'il dissociera de son pot pour un traditionnel numéro de jarres en force.

La québécoise Marie-Andée Lemaire, tout juste sortie de l'école de cirque de Montréal, revisite à sa manière l'art du clown. Sans maquillage, avec juste un nez rouge et des lunettes surdimensionnées, elle nous guidera tout au long du spectacle. C'est en cantatrice où simplement en amoureuse nostalgique d'un certain romantisme qu'elle nous ouvre le mieux les portes de son univers; parfois drôle, parfois émouvante mais toujours juste et touchante.

Darkan Kambyshev qui s'était déjà illustré aux sangles chez Starlight en 2003 revient avec une technique plus aboutie et encore mieux maîtrisée lui permettant une série d'écarts faciaux rarement tentés dans cette discipline. Autre suisse du programme, Joachim Ciocca nous entraîne à toute allure sur son monocyle qu'il manie à merveille, wheel walking, back-spin, saut écart, etc ... presque l'intégralité du pannel des exercices que l'on peut voir en compétition "trial" sont exécutés : incontestablement l'un des moments les plus étonnants de ce spectacle.

La charmante Marie-Eve Dicaire, (sortie de l'école de cirque de Montréal en 2006) fusionne avec sensualité la danse et les équilibres. Son numéro, à l'image de sa présence tout au long du spectacle est ancré de sa spontanéité et sa joie communicatrice d'être en piste qui se reflète sur l'ensemble de la troupe. Sorti de la même promotion Simon Renaud revient par deux fois dans le Squat, à la corde volante puis avec sa roue Cyr.

A la coupole, les jeunes chinoises Chang Liu et Chen Xue utilisent un trapèze duo, agrès original composé d'une barre de longueur doublée permettant un travail en symétrie mais aussi d'audacieux et spectaculaires lâchés.

Également issu de la promotion 2006 de l'école de cirque de Montréal, c'est au déjanté Terry Crane que revient la tâche de clôturer le spectacle. Il s'enroule tel un serpent dans sa corde lisse puis la lâche pour de vertigineux sauts en profondeurs avant s'y balancer de part et d'autre du squat.







L'ensemble des voyageurs qui ont erré tout au long des deux heures venant de s'écouler reviennent pour un énergique charivari, chacun s'illustrant dans sa discipline de prédilection nous ancrant bien en mémoire un souvenir, un élan, une image, un sourire, une mélodie de ce que l'on vient de vivre : un moment de vie tout simplement.





Source : François Dehurtevent




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