Monti 2007
En arrivant aux abords du cirque Monti, on ne peut qu'être séduit par l'aspect soigné et uniforme dégagé par l'ensemble. Les toiles rouges et jaunes ainsi que le parc roulant blanc et rouge (camions et roulottes) sont toujours pimpants et comparer l'ensemble à une maquette à l'échelle 1 ne serait pas usurpé. C'est avec cette première image que nous plongeons pleinement dans l'univers Monti.



Après l'escapade par la "Piazza Monti" de l'année dernière, le spectateur est pour 2007 replongé dans un univers beaucoup plus circassien. Le jeune acteur argentin Gerardo Daniel Tetilla endosse le costume (vert !) du directeur de cirque qui avec le française Armelle Fouqueray (qui signe ici sa 8e saison chez Monti) dénombrent avec humour les 12 tableaux qui composent le spectacle. Chaque chiffre étant le prélude aux numéros solo (ou duo) de chacun des jeunes artistes engagés ou à des tableaux d'ensemble. Cette alternance donne le rythme et maintient la vitalité tout au long du des deux heures du spectacle. Cette cohérence est renforcée par le fait que chaque artiste a son propre personnage, rapidement identifiable et que l'on retrouvera au fur et à mesure des prestations. Simone Romano joue de ses qualités d'excentrique pour assister Armelle Fouqueray et Gerardo Daniel Tetilla dans les liaisons et les intermèdes en apportant une touche d'humour. De plus, les jolis costumes très colorés donnent éclat et uniformité aux compositions d'ensemble.


La première pancarte annonce le seul numéro animalier du spectacle avec les chèvres du cirque Monti, présentées par Mario et Tobias Muntwyler, les fils de la famille directoriale. Alijosha, l'âne du cirque s'associera au numéro pour mettre en action le tourniquet sur lequel resterons en équilibres les caprins. Tobias reviendra un peu plus tard dans le spectacle, seul avec ses diabolos, pour une démonstration qui peut encore gagner en assurance et en présence. Mario, le benjamin, a malgré son jeune age une personnalité d'artiste déjà bien marquée. Les passings de plus en plus rapide et la multiplication des difficultés qu'ils surmontent avec une étonnante facilité nous font presque oublier les heures de travail quotidiennes nécessaires à ce résultat. Cela s'explique lorsque l'on sait que c'est son père, Johannes Muntwyler qui joue les rôles de professeur, répétiteur et partenaire. Viendront se joindre à eux Max Haverkamp ainsi qu'une partie de la troupe pour des passings de groupe.

C'est avec plaisir que l'on retrouve Martin Frenette, que l'on avait déjà pu applaudir en 2005 sous ce même chapiteau rouge et jaune. Sa double corde est un original agrès dont il tire profit pour des figures originales voire inédite où tout s'enchaîne en souplesse.

La finlandaise, Laura Tikka danse avec aisance, sur son fil souple : petits pas sur les pointes, grand écart faciale, équilibre sur une main et toujours avec le sourire.
Sabine Jean nous emporte quelques minutes durant, dans un tourbillon d'expression en valsant avec sa roue Cyr. Cet accessoire qui n'est que récemment apparu sur les pistes est encore en pleine évolution et Sabine en tire parfaitement profit nous offrant ce qui se fait actuellement parmi les prestations les plus abouties du genre. Ajoutons qu'en plus de son numéro, sa personnalité et sa joie communicative font d'elle un des éléments moteur de la troupe.

L'alsacien Benoit Vis profite de l'entracte pour installer son volumineux trampoline sur lequel il virevolte dès l'ouverture de la seconde partie. Outre une bonne technique on pourrait regretter que son matériel soit un peu trop gymnique, aspect qui dénote de l'univers général du spectacle.

Après s'être illustré en pseudo "homme fort" Benjamin Kahan revient avec Elodie Beccu pour leur main à main dont la mise en scène a été complètement revue. Nous avions pu les découvrir au festival d'Evaux les Bains où encore à St Paul les Dax en novembre dernier avec une mise en piste "Dracula" où la performance et l'intensité montait crescendo tout au long du numéro. Pour cette tournée suisse, les exercices sont encore mieux maîtrisés et la coloration générale du numéro donne un aspect plus doux mais plus équilibré.
Orlene Marie Gentille jongle avec les formes et les couleurs, mais avec les pieds, et signe ici son premier engagement en Suisse.

François Gravel s'illustre au trapèze en présentant un numéro totalement différent de ce qui peut exister. Grâce à un seul point d'accroche pour les deux cordes, il revisite la technique du genre avec un travaille tout en oscillation et en rotation se rapprochant de la danse, sa formation de danseur n'y est certainement pas innocente.

Ajoutons à tout cela l'orchestre polonais de sept musiciens, dirigés par Piotr Gunia et interprétant des compositions originales d' Oliviero Giovannoni, qui accompagne l'intégralité des numéros avec des mélodies simples et entraînantes.
La mise en scène de Masha Dimitri, assistée de Kai Lelerc (qui a révolutionné le numéro de la marche au plafond) est très riche. D'une apparente simplicité, les tableaux de groupe ont nécessité pas moins de deux mois de répétitions et cela sans compter le travail de création en amont. C'est pourtant bien cela qui permet au spectateur d'être sollicité à chaque instant, rendant les intermèdes plaisants et originaux. Mais si l'on creuse un peu plus, comment ne pas se réjouir de toute cette d'inventivité lorsque par exemple les torchons d'un serveur deviennent en un instant les tapis de l'antipodiste où lorsque le chapeau du porteur offre la possibilité à sa partenaire de réaliser un équilibre de tête masquant parfaitement l'accessoire, où bien même lorsque les serveurs retournent leurs plateaux pour des évolutions rythmique à la manière de "Stomp".


Cet opus 2007 est sans conteste une réussite dans l'univers Monti. Les artistes ont un réel plaisir a être ensemble en piste ce qui est perçu par le public comme une bouffée de bonne humeur et de gaieté. Gageons qu'avec un niveau technique des numéros beaucoup plus homogène que les années précédentes, ce spectacle marquant la 22e saison du cirque ravira ses fidèles et attirera les curieux par son esthétisme signé Monti.





Source : François Dehurtevent




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