Globus Circul de Bucarest : VIIIe Gala


Le premier spectacle du cirque municipal Globus de Bucarest fut donné en 1961. La construction initiale date de 1954 mais fut détruite par un incendie en 1959. D'importants travaux de rénovation furent entrepris durant deux années pour donner l'actuel bâtiment à l'architecture étonnante dont on imagine difficilement qu'elle a près de 50 ans. Au fil des rénovations et des mises aux normes l'aménagement intérieur est passé de plus de 2000 places, à 1700, 1500 et depuis 2005, 1000 confortables sièges. A noter que le cirque national de Mongolie d'Ulaanbaatar est la copie exacte de ce bâtiment dont l'aspect fait penser aux immenses salles en dômes des Etats-Unis, sensation renforcée par la présence d'écrans géants qui diffusent le spectacle en simultané.

La saison du Globus Circul est cadencée au rythme des trimestres, donnant lieu chacun à un spectacle différent alternant cirque et cabaret. Depuis l'an 2000 le premier trimestre est consacré au « Gala du cirque » offrant un fort spectacle de cirque traditionnel à l'issu duquel les spectateurs peuvent voter afin d'élire leurs trois numéros préférés et un prix spécial réservé au meilleur numéro animalier.

Cette 8ème édition conte le rêve d'un enfant dans lequel tout devient possible et où la trentaine d'artistes immobiles prennent vie tour à tour. Leurs succèdent les 20 majorettes et 10 portes drapeaux de la troupe Cirneanu Platinium pour un impressionnant tableau d'ouverture avec le réel plaisir de voir une piste richement garnie des les premières minutes. La présentation est assurée par un trio composé d'une femme et deux hommes annonçant où désannonçant chacun des numéros en roumain, français et anglais.
Une conséquente partie animalière avec pas moins de 6 numéros : l'ukrainienne Oksana Vygornytska présente 3 lamas auxquels elle a associé des chiens. Elle fera une autre apparition en ballerine avec un seul lama, tous deux sur un piédestal en rotation, proposant une succession de poses plastiques bien mises en valeur par les lumières. Idée simple mais originale pour un résultat très esthétique. Sa compatriote Ludmila Gyreva revisite l'école des chiens qui n'est pas sans rappeler celle de Nikolai Ermakov. Venus du Kirghizstan, les 6 djiguites (5H/1F) de la troupe Eshimbekovi concluent en beauté la première partie. Toutes les figures traditionnelles de la discipline s'enchaînent au rythme des claquements de fouet du chef de troupe : debout, poste sur deux chevaux, planche, planche sur le ventre, traîné, passage sous le ventre (dit "Pod Jivot"), ramassage de mouchoir (dit "Platki"), viretourne avec sabre. La traduction du mot turc djiguite signifiant « cavalier téméraire » prend ici tout son sens et rien d'étonnant que de savoir qu'en Russie cette voltige était un entraînement militaire.
Le dresseur roumain Stefan Plesoianu présente en première partie un mixte de 3 chevaux frisons et 3 chameaux mais le numéro attendu est l'entrée de cage qui est d'ailleurs un filet de 5m de haut. Le groupe est composé de 2 lions blancs, 2 tigres blancs, 2 tigres du bengale et 2 tigres de sibérie. Les tableaux d'ensemble (2 pyramides, tapis, assis en ligne) sont impressionnants par la diversité des bêtes et bien mis en valeur par le beau et imposant matériel. La majorité des tricks individuels sont réalisés par les lions blancs qui prennent part également aux exercices de groupe et ne sont pas la que pour mieux «vendre» le numéro.
La partie comique est assurée par la troupe roumaine Ciucureii veseli (traduisez par « les franges joyeuses ») composée de 7 personnes (6H/1F) incarnant chacune une facette du comique que l'on retrouve habituellement mais séparément (un blanc, une ballerine, un magicien, 2 augustes, un homme fort, un automate) et qu'ils arrivent à faire cohabiter habillement à chacune de leurs interventions. Celle qui remportera le plus d'enthousiasme auprès public est l'adaptation de groupe de l'entrée de l'abeille qui se termine en une gigantesque bataille d'eau.
Le magicien tchèque Karel Bush a été très judicieusement associé à la troupe Cirneanu Platinium qui propose d'excellents tableaux d'introduction à chacune des 5 grandes illusions présentées au fil du spectacle. Les costumes et les chorégraphies signés Ama Butoiescu s'y intègrent parfaitement et en font presque oublier les illusions proprement dites.

Reste à ajouter à ce plateau plus qu'intéressant deux numéros primés à Monté-Carlo: la troupe Rodion (clown d'or en 2005) à la barre russe avec la voltigeuse vedette Anna (et maintenant seule voltigeuse de la troupe) qui avait réussi l'exploit de tourner un quadruple saut périlleux à Monte-Carlo et qui nous gratifie encore d'un très joli double-double et d'un triple. De retour de Nouvelle-Zélande, la troupe Cirneanu Platinium (clown de bronze en 2007) conclue en beauté ce spectacle avec leur Tango Aérien qui occupe pleinement l'espace du cirque.


Quel plaisir que de déguster un final avec plus de 60 artistes en piste, de repartir avec de belles images plein la tête et l'agréable sensation d'avoir passé un très bon moment de cirque avec de bons numéros, des animaux, de l'exploit et toujours beaucoup de monde en piste tout au long des presque 3 heures du spectacle.



  • 1e place - Stefan Plesoianu - Lions & Tigres (Roumanie)
  • 2e place - Eshimbekovii - Djiguites (Kirghizstan)
  • 3e place - Trio Rodion - Barre Russe (Russia)
  • Meilleur numéro animalier - Stefan Plesoianu - Lions & Tigres (Roumanie)





    Source : François Dehurtevent




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