Carnaval sur Fontanka au cirque de St-Pétersbourg
A St-Pétersbourg en Russie, au bord du canal Fontanka, se dresse le cirque de la ville, un cirque stable comme presque partout dans le pays. En cet automne 2007, le cirque qui porte le nom de l’Italien Gaetano Ciniselli (1815-1891), son fondateur et premier directeur, entame sa 130ème saison. Pour l’occasion, le spectacle jubilaire Carnaval sur Fontanka est proposé.

Autant le dire tout de suite, ce spectacle ne me laissera pas un souvenir inoubliable car j’en suis ressorti déçu. Ce n’est pas véritablement les numéros présentés qui sont en cause (certains étant de grande qualité), mais plutôt le spectacle dans son ensemble et l’ambiance générale.

La représentation débute avec l’arrivée de Ciniselli qui revient voir son cirque pour assister au spectacle-anniversaire. A la fin, il retournera prendre sa place dans le grand livre d’histoire du cirque amené au centre de la piste. C’était là une très bonne idée mais malheureusement le vrai Ciniselli n’aurait pas non plus aimé le spectacle proposé.

Quelques mots sur l’ambiance : un public très indiscipliné qui bouge, parle à haute voix, se lève continuellement pour aller chercher à manger et à boire et qui répond au téléphone. Les enfants quant à eux agitent en permanence toute une ribambelle d’objets lumineux vendus dans la salle et qui pour certains font du bruit. Difficile d'apprécier un spectacle de cirque dans ces conditions.

Puisque l’on en est au chapitre « lumières », continuons. Le cirque pensait très certainement faire les choses en grand en agrémentant le spectacle-anniversaire d’effets spéciaux. Malheureusement des images de synthèse «kitsch» (genre petites fleurs, pelouse et papillons) furent projetées sur la piste pendant certains numéros, les rendant pénibles à regarder. Quant au premier numéro aérien, il fut tout simplement impossible à suivre à cause des jeux de laser qui l’accompagnaient.
J’avoue avoir eu moins de plaisir qu'à l’habitude en regardant les numéros animaliers car les exercices réalisés et la présentation ne mettaient pas toujours en valeur les bêtes. C'est le genre de présentation que l'on ne voit heureusement plus dans nos cirque européens.

Un dernier mot sur le clown russe aux gestes vulgaires et au répertoire parfois déplacé. Il est évident que suivant les pays, on ne doit pas rire des mêmes choses. C'est cet auguste qui servit d’arbitre à la partie de jeu vidéo qui put se dérouler au milieu de la piste grâce aux effets spéciaux. Imaginez la projection sur la piste d’une image de synthèse représentant des poissons qui nagent. Mettez en présence deux équipes (deux enfants face à deux adultes) et demandez-leur de faire disparaître le maximum de poissons possible en leur courant derrière pour les faire entrer dans un trou virtuel. Vous pouvez imaginer la scène. Ce clown était accompagné de deux baudruches sorties tout droit du Parc Astérix, ce qui ravit le public.
Malgré ce compte-rendu plutôt négatif, je vais tout de même faire ressortir les aspects positifs car il y en a. La présence de Ciniselli fut le prétexte à de très belles scènes emplies de poésie, notamment au début lors du duo avec la Reine du Carnaval et à la fin lorsqu'il fait ses adieux à son cirque avant de retourner dans le livre. Il faut relever la performance de la troupe Tashkenbaev venue d’Ouzbékistan, avec une colonne à 3 sur le fil à grande hauteur. L’antipodiste Natalja Egorova avec une belle mise en piste fait la meilleur des impressions, ainsi que les transformistes Sudarchikovy qui ont repris le numéro de leurs parents.


Cette expérience mitigée ne doit rien enlever au fait que depuis des dizaines d’années le cirque russe a fait preuve d’innovation et d’originalité et qu’il ne cesse de proposer d'extraordinaires numéros qui raviront longtemps encore les amateurs de beau cirque.


- Déroulé du Spectacle -
Murad Abdulaeev : dressage de chiens, ours et singes.
Natalja et Sergej Volkovy : artistes aériens aux sangles.
Marina Lapiado : dressage de caniches.
Viktor Gorodeckij : équilibriste sur monocycle.
La troupe Tashkenbaevy : funambules à grande hauteur.
Natalja Egorova : antipodiste.
Olga et Andrej Spektor : dressage de chevaux.
Les Safargalivy : jongleurs excentriques.
Svetlana et Igor Sudarchikovy : transformistes
Galina et Alik Israfilovy : artistes aériens aux anneaux.
La troupe d’Alikhan Alikhanov : équilibristes sur perches.
Victor : clown (France)
Evgenij Chepchenko : clown (Russie)




Source : Sebastien Moret




Sébastien BERNARD - Collections - collections@aucirque.com
François DEHURTEVENT - Photographe - francois@aucirque.com
Jean-Pierre JERVA - Photographe / Galeries - jean-pierre@aucirque.com
Fabien LACROIX - Webmaster / Communication - web@aucirque.com
Julien MOTTE - Newser / Agenda - julien@aucirque.com
Jean PEPIN - Newser / Petites annonces - jean@aucirque.com
Patrick PREVOST - Newser - patrick@aucirque.com