Cirque Stiletto
Chaque été les productions Stardust proposent dans le cadre du magnifique Théâtre Carré d’Amsterdam une nouvelle création. Après «Pirates, Pirates» et «le cirque aérien de Corée du nord», voici «Cirque Stiletto».

Autant le dire d’emblée il ne s’agit pas d’un spectacle de cirque à proprement parlé mais d’une revue. Cependant lorsque cette revue intègre parmi les meilleurs numéros de cirque au monde et frise la perfection artistique il est normal de vous le faire découvrir.

«Stiletto» en anglais signifie «Talon aiguille»: quel titre prometteur ! Le spectacle mets donc une femme en vedette et … le rock. Lorsque l'on pénètre dans la salle, on est d’emblée frappé par le mélange des tranches d’âge dans le public et surtout par le nombre impressionnant d’adolescents.

La production à bien compris qu’on ne peut attirer un public hétérogène qu’avec du très bon. En 2009 face au cinéma ou aux énormes comédies musicales on ne peut plus se contenter d’à peu près, de routine et de déjà vu, en ce sens les spectacles Stardust sont un exemple et une référence.

La vedette du spectacle, celle sur qui tout repose est Ellen Ten Damme. C’est une artiste incroyable qui chante, danse, joue de la guitare et de la batterie, fait des sangles, une série de flips sur scène, sert de partenaire aux acrobates et tout cela avec une étonnante facilité, Outre atlantique on dirait que c’est une «Show Women».
C’est un grand écart musical dans une même soirée que d’interpréter «Mon truc en plume» de Zizi Jeanmaire, «Lily Marlène» pour finir par Boy George et Madonna, mais c’est à chaque fois vocalement sans défaillance et avec brio.

Le metteur en scène Stanley Burleson à utilisé avec intelligence tous les talents d’Ellen Ten Damme que les néerlandais connaissent bien comme artiste rock mais dont beaucoup je pense ne soupçonnait pas les dons pour les arts du cirque qu'elle a travaillé pendant plusieurs semaine à l'école de Rotterdam.

La mise en scène est très précise et l’on se doute des heures de travail nécessaire pour «fondre» le chant et les numéros, tout cela sans heurts visuels ou sonores.

Avec une telle tête d’affiche, il fallait des attractions de haut niveau et nous ne sommes pas en reste.
On apprécie toujours le travail de Serguei Akimov qui a su dépasser une présentation purement technique par une élégance et une poésie omniprésente. A chaque fois les montées sont sans peine et il semble littéralement voler au milieu du théâtre. C’est lui qui ouvre le spectacle réalisant préalablement quelques figures avec Ellen Ten Damme.

A la contorsion, Elena Skrypets, présente un travail classique qui vaut surtout par l’utilisation des pointes entre les exercices (l’artiste se montrera d’ailleurs bien plus à sa place en excellente danseuse de tango dans la suite du programme).

Surprenant de trouver dans un spectacle rock le numéro d’arbalètes et lancer de couteaux des Jasters, mais mis en scène de cette manière, pas du tout ! La scène du «macho» où la vedette se retrouve sur la cible pour supplier le lanceur sur une chanson de Boy George est parfaitement jouée et très drôle. Le numéro entier et que l’on connaît avec la vraie partenaire cette fois, est comme le rock : une grande montée d’adrénaline.
Dans la galaxie cirque on ne présente plus le numéro de mât de Dima Shine. Comme à chacune de ses apparitions on frise la perfection. Technique irréprochable, esthétisme sublimé, c’est littéralement un virtuose

Bardés de récompenses (Monte-Carlo, Cirque de demain …) cela faisait quelques temps qu’on n’avait pas revu le numéro des Iroshnikov Brothers. Certes le travail est un peu plus lent qu' auparavant mais reste de très haut niveau ; le voltigeur étant maintenant adulte certains lancés sont bien plus impressionnants.

Et puis il y a comme qui dirait «un changement de chaîne à la télécommande». Musique de Péplum et sourires écarlates voici de venus de Colombie, les Rialcris. Un décalage voulu bien sur par la mise en scène et il est difficile de résister à la fausse colère des trois machos qui se font ruiner le début de leur numéro par Ellen Ten Damme.

Les trois athlètes se transforment en partenaires complices avec un sens de l’humour et un plaisir visible à jouer la comédie et réaliser des exercices avec une aussi charmante voltigeuse. Découverts en Europe au Festival d’Albacete, on est admiratif du travail des trois acrobates, tout n’est que souplesse et facilité apparente. Ils obtiennent logiquement la palme à l’applaudimètre.
La partie comique est assurée par Pavel Boyarinov. La silhouette est celle de Grock mais la comparaison s’arrête ici.

Pour être complet il faut parler de la partie musicale et chorégraphique du spectacle. Le show est accompagné dans son intégralité par 5 musiciens remarquables et très à l’écoute.

Aves les solos vocaux et chorégraphiques des six boys, les dames ne sont pas en reste, c’est un peu leur revanche depuis le début du show. Le chanteur Ruben Heerenveen réalise même une fantastique interprétation du titre « Roxane ». Evidement le medley Mickael Jackson prend une résonance particulière et les six garçons font beaucoup plus que d’entourer la tête d'affiche, ce sont chacun des vedettes en puissance.

Le pari est gagné pour ce spectacle, du peps et de l’énergie à revendre, tout est du même niveau : très haut !
Le pré-final sur «Like a virgin» de Madonna est une grande réussite visuelle et sonore qui n’a rien à envier à bien des marches traditionnelles.

Le public est conquis. Pendant deux heures, toutes les générations ont été transportées, par l'enchaînement du chant, de la danse, des visuels et à même pu participer à la chanson « 99 Luftballoon » de Nena avec des ballons géants dans le théâtre. Ellen Ten Damme chevauchant une boule à facettes géante se balançant à travers la salle, achève la soirée et pour ma part j’ai rarement vu une standing-ovation aussi spontanée.


Vous avez jusqu’au 30 août pour aller vous promener le long du canal Amstel à Amsterdam et prendre une bonne dose de dynamisme, de travail bien fait, de bonheur tout simplement !



Durée : 2h20 avec l'entracte
Spectacle avec orchestre
Spectacle avec ballet


Source : Luc Barat / Photos : F.Dehurtevent




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