Circus Voyage
Croiser la route du Circus Voyage d'Aloïs et Diana Spindler est toujours un vrai plaisir pour l'amateur de cirque traditionnel : il y a cette ambiance familiale particulière, l'accueil chaleureux du personnel, son vaste chapiteau rouge, avec le velours grenat des montées de gradins et du rideau de piste, l'orchestre ukrainien d'Orest Terletzkyy qui assure avec ardeur une ambiance musicale de qualité dès l'arrivée des premiers spectateurs et jusqu'à leur sortie, et bien sûr son extraordinaire ménagerie, avec ses aménagements fort bien étudiés permettant d'être véritablement tout près des géants de la savane africaine.


Tous les pensionnaires bénéficient de box ou de parcs, et Aloïs Spindler a conçu pour les "poids lourds" tout un système de parcs métalliques modulables leur permettant d'évoluer en toute liberté entre un vaste espace extérieur, leur tente écurie et leur véhicule de transport, de jour comme de nuit (quand le temps n'est pas trop froid, et ne nécessite pas de chauffage, bien sûr). L'hippopotame dispose en plus d'une piscine de 17000 litres, située en extérieur l'été et dans la tente écurie chauffée dès l'automne. Mais tout cela a un coût : deux semi-remorques sont nécessaires au transport des 25 tonnes des seuls éléments des parcs !


Le cirque possède également sa propre école qui trône fièrement en façade et dans laquelle l'institutrice accueille tous les matins les trois enfants du couple directorial et les enfants des artistes. Aloïs Spindler se souvient qu'enfant il changeait d'école à chaque ville, ce qui n'était guère stimulant, et il a voulu que ses enfants puissent avoir une scolarité normale, comme tous les autres enfants d'Allemagne.
Mais ils suivent aussi une autre "scolarité", bien particulière celle-ci, illustrée par le numéro qui ouvre le spectacle et qui s'intitule "La Relève" : encadrés par les artistes du spectacle, la jeune génération donne un rapide aperçu de ses talents : Léonardo Spindler (8 ans) saute à la corde sur un câble, Alicia Spindler (12 ans) fait tournoyer des rouleaux sur ses pieds, Salette Lorador (13 ans) fait virevolter ses hulla-hop et Nico Spindler (15 ans), après des équilibres sur cannes, descend un escalier sur les mains.


Aloïs Spindler

Avec une sûreté déconcertante, Svetlana Trechina jongle autant avec les pieds qu'avec les mains. La gracieuse Tatjana Lenta évolue au cerceau aérien, et on la retrouvera en seconde partie associée à Jindra Berousek dans l'audacieux travail au cadre aérien du Duo Berosini. Manuel Lorador, danseur de corde au sens propre, tourne notamment un saut périlleux avant et traverse un cerceau enflammé. Mandy Mercedes marie dans un superbe numéro antipodiste et équilibres sur cannes et briques, tout en faisant tournoyer jusqu'à quatre tapis. Marina Trechina remporte tous les suffrages avec un fabuleux numéro de hula-hop, tant au niveau de la présentation qu'au niveau de la difficulté des exercices, le tout avec grâce et élégance ... sur escarpins à talons aiguilles !
Jimmi (Jindra Berousek) est un auguste de soirée infiniment sympathique qui sait se faire gentiment assister par des spectateurs, enfants et adultes, comme son confrère le ventriloque "Monsieur Lauretti" et son drôle d'oiseau Trixi.
Nico Spindler clôturera le spectacle en tournant allègrement des looping à moto dans son globe infernal, assisté de Monti Lorador, pour la plus grande joie des spectateurs.


Svetlana Trechina

Duo Berosini

Mandy Mercedes

Marina Trechina

Spindler est synonyme de présentations animalières, et Aloïs et Diana se dépensent sans compter tout au long du spectacle : tout d'abord avec les chevaux, arabes, andalous, frisons, en cavalerie, en haute-école ou en chevaux de rappel, puis avec un original groupe mixte réunissant chameaux et chevaux indiens pintos, la principale difficulté résidant dans la différence de rythme des deux moitiés du groupe !


Aloïs, Diana, Nico et Alicia Spindler

Le clou du spectacle reste cependant la présentation des "géants de la savane" : tout d'abord quatre éléphants d'Afrique qui virevoltent, se dressent sur les tabourets, jouent au ballon avec le public (jusqu'à ce que l'un d'eux subtilise le ballon en faisant ventouse avec sa trompe !) avec la complicité d'Alicia et Nico, qui tourne un saut périlleux sur le dos de l'un d'eux avant de monter des équilibres sur ses défenses. C'est ensuite au tour du paisible Jedi de venir exhiber son impressionnante dentition d'hippopotame, suivi de la girafe Shakira qui salue le public de toute sa hauteur, précédant le rhinocéros Hulk arrivant au petit trop, et servant de monture de voltige à Aloïs debout sur sa croupe.
Outre la beauté et l'intérêt de cette fresque africaine, le public est sensible au calme et à la douceur dans lesquels elle se déroule, les protagonistes effectuant de bonne grâce, au seul commandement oral, ce qui leur est demandé. Il est vrai qu'aucun exercice n'est manifestement contre nature, mais une présentation qui met en valeur l'animal ne vaut elle pas mieux que des exercices hors normes qui ne mettent en valeur que le dresseur. Et c'est bien là que réside à mon sens tout le charme du Circus Voyage : la gentillesse, en premier lieu envers les artistes à quatre pattes.


Un vaste écran peut à volonté être déployé devant l'entrée des artistes : il permet notamment la projection de courts films présentant chaque espèce dans son milieu naturel, et on passe ainsi du documentaire au numéro.
En résumé un spectacle de bonne facture dans une ambiance chaleureuse : "Bon Voyage au Cirque Voyage !"





Source : Daniel Grangeon




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