Pinder 2005 - Chronique du spectacle
"La piste des animaux" dans la pure tradition



Comment ne pourrait-on pas commencer cette chronique en disant que la cuvée 2005 est à la fois excellente, riche en animaux sans pour autant délaisser la partie acrobatique qui réserve de très bonnes surprises.

Le spectacle, tel que je l'ai vu, (l'ordre peut varier selon les contraintes) commence par "le" numéro vedette : "Frederic Edelstein et ses 16 fauves". Ce numéro, fortement médiatisé (il suffit de regarder la flotte routière du cirque Pinder, on ne peut pas le louper) ne fait que progresser. Le nombre de bêtes et la mixité du groupe laisse le publique sans voix (lions, lionnes et tigresses). Le premier tableau : la pyramide à 16 fauves est actuellement unique, et nous ne sommes pas prêt d'en revoir une telle. L'arrivée à maturité des animaux augmente l'effet de masse. Pour ceux qui aurait pu voir le numéro les années précédentes, les bêtes ont nettement grandies (moyenne d'age du groupe de 4 ans). Les différents exercices proposés s'enchaînent de mieux en mieux, "tapis" de fauve prenant presque toute la largeur de la cage, saut dans un cercle enflammé, passage sur le haut de la cage, etc … Les deux derniers exercices avec la dernière lionne et le dernier lion illustrent parfaitement la complicité qu'a le dresseur avec ses partenaires : saut au-dessus du dresseur allongé à plat ventre et gros câlin avec le roi des animaux. Frederic Colnot, le monsieur loyal depuis maintenant 12 ans du cirque Pinder prend la parole durant le démontage de la cage en donnant des informations complémentaires sur le groupe que l'on vient de voir : age, races, temps de dressage, etc.

Le dernier tabouret sorti de piste, les poursuites lumineuses se tournent vers la coupole où Katia offre une démonstration aux rubans aériens, un numéro simple mais agréable à regarder. On peut tout de même remarquer l'originalité de certaines figures et un esthétisme certain.

Pour la première fois en séance publique, deux otaries présentées par Conchy Yhan. Jusqu'à présent présenté lors des séances scolaires ; le numéro en est encore a ses débuts. Les bases sont bien fixées mais il reste un peu de travail pour que la prestation fasse ressortir totalement le talent naturel des animaux.

L'alternance animaux-artistes poursuit son cours. Le trio Moiseeva avec leur "fantaisie cubique" donne des beaux effets visuels sur un rythme entraînant. Pour la première fois en séance publique, deux otaries présentées par Conchy Yhan. Jusqu'à présent présenté lors des séances scolaires ; le numéro en est encore a ses débuts. Les bases sont bien fixées mais il reste un peu de travail pour que la prestation fasse ressortir totalement le talent naturel des animaux.

Ce n'est pas Anton Fisher qui cassera l'ambiance, bien au contraire même. Dans une ambiance tyrolienne, ce "fou dansant" nous présente les animaux de la ferme sur un rythme endiablé. Ane, chèvres, poules, coqs, oies, chiens, chats, présentent des exercices classiques. Chat sautant dans un cerceau, pyramide avec un âne, un chien, un chat et un coq, clin d'oeil au conte traditionnel "les musiciens de Brême". Cependant Anton Fisher est un numéro à lui tout seul, une "bête de scène" qui clôture le numéro, seul en piste, et entraîne le public dans une danse tyrolienne.





On reste dans le domaine de la danse avec la samba, année du Brésil oblige. Les flying Baeta concluent la première partie au trapèze volant. Deux voltigeurs et deux voltigeuses présentent un éventail de passages, avec un double passage des deux voltigeurs et un triple saut périlleux pour conclure le numéro. Le dernier voltigeur se fait prier pour quitter le filet qu'il transforme en trampoline lui permettant de faire plusieurs aller-retour du filet au trapèze du porteur.


C'est sur cette note de bonne humeur que pop-corn et barbes à papa envahissent le chapiteau. J'en profite pour passer le rideau et rencontrer en coulisses Frédéric Colnot, le Monsieur Loyal pour une rapide interview


- lire l'interview complète -



La seconde partie reprend : des animaux toujours des animaux, avec les six chameaux du cirque Pinder présentés, non pas comme à l'habitude par Gary Yhan mais par Steeve Yhan, son fils. Bien que sa spécialité soit le jonglage et qu'il prépare un numéro pour les années futures, il remplace très bien son père, momentanément absent du cirque. La "caravane du désert" est fluide, rapide, et l'on peut apprécier le soin qui est apporté aux chameaux en voyant la beauté de ceux du cirque Pinder. Une fois les chameaux montés sur des plates formes, un zèbre entre en piste pour slalomer entre eux. C'est avec ces animaux exotiques que se termine la riche partie animale du spectacle.



Le numéro suivant est un moment fort du spectacle. Natalia Gigalova au trapèze. Que dire de ce numéro qui a fait l'unanimité dans le public ? Tout y est réuni : technique, charme et élégance, ce qui offre six min exceptionnelles. Les difficultés sont belles et bien présentes : suspension par les talons, par la taille, lâchés et rattrapés en plein vols au dessus du public. C'est la première fois que cette artiste russe se produit sous un chapiteau français mais sans nul doute nous la reverrons avec grand plaisir.

Nous restons en Russie pour un numéro de barre russe avec le trio Moiseeva. Deux porteurs et une voltigeuse. C'est la même troupe (avec un voltigeur en moins) que nous avons pu applaudir chez Amar la saison passée. Les différents sauts, dont un double saut périlleux sont parfaitement réceptionnés. Numéro classique sans innovation mais dans le respect de cette discipline.

Enfin le moment tant attendu par les enfants : les Balders, ce trio clownesque (un blanc et deux augustes), pour la première fois en France est dans la pure tradition des troupes de clowns. Ils nous offrent un remake de l'entrée de la boxe (avec un punching-ball), une scène de duel jouée au ralenti et particulièrement réussie. Le tout se terminant évidemment en musique. Ce trio reste vraiment dans la lignée des troupes de clowns des années passées mais avec un petit quelque chose qui leur donne leur propre identité et me dit qu'on le reverra.





Comme si la soirée n'avait pas était assez riche en émotions, c'est avec un peu de frisson qu'elle va se conclure : la roue de la mort des frères Navas. Sans nul doute ces Colombiens passés en début d'année par Monaco et revenus avec un clown d'argent transmettent à la salle l'effet recherché par ce genre de numéro : entre angoisse et admiration. Tout y est : passage à l'intérieur et à l'extérieur des sphères. Un tour extérieur avec cagoule et plusieurs tours extérieurs avec une corde à sauter ce qui permet d'impressionnant sauts en chute libre au-dessus des roues. On peut logiquement comprendre que le numéro est allégé par rapport à la prestation de Monaco mais comment le leur reprocher ….



S'enchaîne le final chorégraphié de toute la troupe. Le rideau à peine refermé c'est le balai des monteurs qui commence. Le chapiteau est vidé a très grande vitesse, les bâches tombent : une véritable fourmilière. Pour les amateurs, ce moment est un numéro à lui tout seul. Moins de deux heures plus tard tout est rangé, les camions sont alignés. C'est ça aussi les villes d'un jour …


Cette édition 2005 a tenue toutes ses promesses alors disons nous … a l'année prochaine !




Source : François Dehurtevent




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