Le monde renversant de CirkVost
Ce qu'il y a de bien avec la folie, c'est qu'en plus de permettre la réalisation de l'irréalisable, elle tutoie parfois la poésie. La compagnie CirkVost incarne cette folie poétique...

Ce qu'il y a de bien avec la folie, c'est qu'en plus de permettre la réalisation de l'irréalisable, elle tutoie parfois la poésie. La compagnie CirkVost incarne cette folie poétique. Son spectacle, Épicycle, fait référence à l'idée géocentrée de Ptolémée selon laquelle le soleil tournait autour de la terre. Sous le chapiteau, une double structure métallique circulaire et verticale de 13,5 m de diamètre sert de monde fini aux huit acrobates.

Géniale idée que celle-là : la piste de cirque traditionnelle s'est relevée de 90 degrés. C'est à l'intérieur de ce petit univers rond que vont évoluer les artistes. Des cycloïdes, hamsters inconscients de leur sort de hamsters, n'imaginant pas, comme Ptolémée, un ailleurs possible hors cadre.

Dans cette roue du temps et de l'espace dont ils actionnent les poulies, déclenchent les engrenages, porteurs et voltigeurs défient la gravité au trapèze et à la corde lisse. "Des éléments de cirque traditionnel, commente Benoît Belleville, l'un des voltigeurs du CirkVost, mais que nous utilisons moins pour le frisson que pour servir la poésie".


Poésie en transit, public en transat

Car ces drôles de cycloïdes évoluent dans un univers "pas mal inspiré de la BD, le réseau Bombyce de Cécil, par exemple, ou du cinéma de Jeunet et Caro pour la machinerie, les costumes ou les lumières dans les sépia", explique-t-il encore.

Parfois, parce qu'on parle d'un cycle, la roue se rebelle, veut faire sa révolution, durcit son maniement et les humains-insectes qui la peuplent vont à hue et à dia, se démènent en beaux diables pour perpétuer le mouvement.

Mais dites-nous, Benoît, c'est rond la terre ? "Pas tout à fait… Et nous, on ne tourne pas très rond non plus", prévient le voltigeur.

Quoi qu'il en soit, Épicycle ne se présente pas sous forme d'un récit mais de plusieurs tableaux en apesanteur. Et quand on vous aura dit que le public, réparti de part et d'autre de la grande roue bifrontale, s'installe dans des transats, en position quasi couchée à moindre frais pour les vertèbres cervicales permettant de ne pas perdre une miette du spectacle, vous n'aurez plus qu'une idée en tête : aller acheter votre billet pour les étoiles.
Source : La Dépêche




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