Le Cirque du Soleil jongle avec les millions 1/1
En vingt-sept ans de shows et de business, de loufoqueries mimées en prouesses acrobatiques, ce cirque sans animal mais musical a séduit 110 millions de spectateurs...

Fondée dans les années 1980 par des saltimbanques, dont son propriétaire, Guy Laliberté, cette troupe de 5 000 personnes présente en parallèle 21 spectacles. Le dernier en date ressuscite Michael Jackson.

Plantant ses chapiteaux jaune et bleu dans des centaines de villes. S'installant en permanence à Las Vegas, Orlando ou Macao… Étirant, depuis 1987 et sa conquête des États-Unis, les dimensions de sa piste avant-gardiste à la planète.

Affichant, pour 2011, près de 5 000 salariés dont plus de 1 300 artistes, un milliard de dollars de chiffre d'affaires (soit plus de 700 millions d'euros) et 250 millions de bénéfices. Et faisant toujours passer le show avant le business. Le Cirque du Soleil, qui a vu, en un an à peine, son activité s'envoler de 15 %, aura investi, cette année, pas moins de 150 millions dans la production, nerf de la guerre.

Mais le Cirque du Soleil reste fidèle au Québec, où a débuté l'aventure, en 1984, sous la houlette d'une vingtaine d'artistes de théâtre, d'"échassiers", de jongleurs et de danseurs de rue, dont Guy Laliberté. Un généreux cracheur de feu et accordéoniste, devenu maître à bord et milliardaire.

Il possède 80 % du capital. 20 % ont été cédés, en 2008, à Dubai World pour une valeur estimée alors entre 500 et 600 millions de dollars. Dubai World qui songerait à revendre, pour empocher une copieuse plus-value. Le Cirque du Soleil a toujours attisé l'intérêt des financiers et entrepreneurs. Disney et Warner ont rêvé de le racheter. Lui a préféré rester libre et en faire ses partenaires.

Spectacle Cortéo


C'est à Montréal, dans le quartier défavorisé de Saint-Michel, que bat le cœur de la plus grande entreprise culturelle du Canada. Dans un démesuré siège social international. Une géante savate de clown en bronze, sculpture de Rolf Knie, rappelle qu'en grandissant le Cirque du Soleil n'a pas oublié ses origines. Il a aidé à l'émergence, ici, d'une cité et d'une école du cirque.

Consacre 2 % de ses bénéfices à des actions sociales, dans le quartier et le monde. Installé sur un ancien site de retraitement de déchets, le siège a tout d'un idyllique campus universitaire. Vaisseau moderne, fait de tôles, de vastes baies vitrées et hérissé de mâts, il regroupe, sur 40.000 m², 2000 salariés et des centaines d'artistes de passage. Un potager et un verger servent à étoffer les menus de la cantine. Des transats côtoient barbecues, terrains de beach-volley ou de lancer de fer à cheval.

Dans le secret d'un atelier où s'affairent quelques-uns des 400 artisans du Cirque sont confectionnés à la main et sur mesure de bigarrés costumes, d'alambiquées chaussures… Chaque année, 150 km de tissu sont teints, sérigraphiés, cousus, brodés et élastiqués. Chaque artiste voit sa tête scannée en 3D et moulée pour que soient confectionnées au plus juste coiffes et perruques. Le pratique se mêle à l'affectif. Toutes les têtes sont conservées au fil des ans.

Dans une autre zone clé, au "Studio", sont conçus les 21 spectacles du Cirque. Ils sont présentés en même temps aux quatre coins de la planète, en tournée pour la moitié, en permanence dans divers théâtres pour les autres. Tous naissent et se renouvellent ici, des plus anciens, comme Saltimbanco, qui tourne depuis 1992 et s'apprête à partir en Russie et en Chine, aux plus récents, tel Zarkana, opéra rock acrobatique aux 75 artistes dont le chanteur Garou qui s'installe pour un moment à New York. "Zarkana est l'une de nos trois recettes pour croître en dépit de la crise économique", explique Daniel Lamarre, président et chef de la direction. La seconde, c'est Iris, à Los Angeles.

Les productions permanentes nécessitent 50 millions d'investissement, contre 25 millions pour une production itinérante comme Corteo, qui débarque en France en novembre 2011. Une production se rentabilise vite. Mais il faut vendre pour cela 600 000 billets par an. À ce rythme, le Cirque du Soleil parie sur 14 millions de billetterie en 2011.

Anne-Sophie Cathala




Source : Figaro.fr




Sébastien BERNARD - Collections - [email protected]
François DEHURTEVENT - Photographe - [email protected]
Jean-Pierre JERVA - Photographe / Galeries - [email protected]
Fabien LACROIX - Webmaster / Communication - [email protected]
Julien MOTTE - Newser / Agenda - [email protected]
Jean PEPIN - Newser / Petites annonces - [email protected]
Patrick PREVOST - Newser - [email protected]