Le Cirque du Soleil jongle avec les millions 1/3


"Dépisteurs" de choc pour recrues de haut vol...

Pour dégotter les meilleurs, une armada de "dépisteurs", anciens clowns, danseurs, musiciens ou sportifs de haut vol, sillonnent le monde, de compétitions olympiques en shows éclectiques.

" Les recrues sont à 60 % d'anciens sportifs. "Ils ont été programmés pour accomplir des figures géométriques, aux lignes droites. Nous leur apprenons à casser ces lignes, à jouer la comédie, à faire aussi, pour certains, les “bouffons” pour amuser", résume Chantal Côté, chef des relations publiques.

La performance physique ainsi artistiquement transcendée est la colonne vertébrale du Soleil. Sa marque. Pour François Colbert, professeur à HEC Montréal, le succès du Cirque a été, dès le départ, d'avoir créé un produit novateur qui s'adresse à un large public et qu'ils ont très vite su exporter. Ils ont su s'entourer de professionnels de la finance, des médias, mais, plus que leur management, c'est leur gestion créative qui constitue leur plus belle réussite.

Pour durer sans lasser, le Cirque du Soleil anticipe sur tous les fronts, artistique, technique et marketing, en étant "plus agressif". Un énorme projet de film, en coproduction avec James Cameron, en 3D, devrait être diffusé en salle à la fin de 2011 ou début de 2012.

Le Cirque du Soleil se produit dans un théâtre au cœur du parc Disneyland d'Orlando (Floride, États-Unis).


Une équipe "tendances" voyage sans cesse pour humer les plus fraîches innovations de l'art, du design, de l'architecture ou des nouvelles technologies, qui trouveront écho sur scène.

Les produits dérivés, qui assurent 10 % du chiffre d'affaires, ne se limitent pas aux balles de jonglage et autres tee-shirts à l'effigie du Cirque. Une ligne de vêtements vient ainsi d'être élaborée avec la marque branchée Desigual.

Le Cirque du Soleil a, enfin, son propre Centre de recherche et d'innovation en performance (Crip). Il forge, en collaboration avec onze des plus grandes universités et écoles du monde, de nouveaux outils, notamment pour perfectionner les appareils acrobatiques.

"On organise des bourses pour que, par exemple, des étudiants ingénieurs nous aident à améliorer l'amortissement sur barre pour le porteur en trapèze", précise Bernard Petiot, vice-président casting et performance. Il y a peu, un petit génie de Polytechnique Montréal a apporté une solution inattendue à un "souci de longévité des planches sautoirs". Un autre a carrément inventé un nouvel appareil acrobatique qui a ébloui un Soleil qui mène ses affaires plus rondement que jamais.

Anne-Sophie Cathala


Source : Figaro.fr