Cirque de Venise, un petit village qui se déplace toute l'année
Le chapiteau planté, deux heures de spectacle aux couleurs vénitiennes.

La famille Landri, propriétaire du cirque, est fière des racines italiennes de la grand-mère. Venise est devenue la marque de fabrique de cette quatrième génération de Circassiens. Quatre familles peuplent les caravanes installées.

"L'arrière-grand-père était montreur d'ours. L'histoire du cirque Landri a commencé avec lui, raconte Steve Landri. Il tournait dans les villes et se faisait payer au chapeau. Une déclinaison du cirque que l'on trouve encore aujourd'hui dans les pays de l'Est."

Anticipation


Jean Landri, la génération suivante, achète le premier chapiteau de la famille pour monter son propre cirque qui porte aujourd'hui le nom de Cirque de Venise.

Des trapézistes, jongleurs et clowns, mais surtout une ménagerie importante font la fierté des Landri. Des animaux nourris à leur faim et bien soignés, rappelle Steve Landri qui ne souhaite pas rentrer dans une polémique.

"C'est vrai, le monde du cirque a connu des brebis galeuses dans ce domaine avec des problèmes sanitaires qui ont fait causer. Mais aujourd'hui, ça n'est plus possible. Les contrôles sanitaires sont très stricts. Il faut un permis pour s'occuper de bêtes sauvages ou exotiques, il est dur à obtenir et surtout, si vous le perdez, interdiction de le repasser !"

D'où deux semi-remorques remplis de grains et de foin et un caisson frigorifique pour la viande des fauves. Avec les animaux, mieux vaut être prévoyant en se fournissant souvent sur place.

"Là, il reste juste assez de foin pour nourrir les animaux pendant quinze jours. Alors nous avons appelé un agriculteur du coin. Il devrait nous livrer ces jours-ci !"

Steve Landri héberge, avec sa famille, huit fauves, des chevaux, des chameaux, des zèbres, des lamas ou encore de babouins. Un bestiaire qui se visite dans la journée.


Huit fauves dans la cage


L'organisation a son importance dans la vie du cirque. "C'est un vrai petit village qui se déplace, rien n'est laissé au hasard. Nous sommes une quinzaine de personnes et même si chacun a son numéro, beaucoup sont polyvalents."

Steve, par exemple. Côté pile, il est dresseur de chevaux pour un numéro de cavalerie. Côté face, il devient antipodiste. L'acrobate jongle avec ses pieds. Une discipline difficile apprise en autodidacte.

"Nous sommes tous issus du cirque, nous avons ça dans le sang, confie-t-il. Mes neveux, mes nièces et mes filles prennent déjà la relève. Pour un vrai cirque de tradition, il faut une famille comme fondation."

Mais place au spectacle. La période faste pour les Circassiens redémarre. De septembre à mai, les familles reviennent sous les chapiteaux. Et pour scotcher le public à son siège, rien de tel que de commencer avec le numéro des quatre lionnes et quatre tigres sur la même piste. Au centre, un homme pour dompter ces quelques kilos de muscles.

Les enfants en redemandent, les parents frissonnent, l'éternel plaisir du cirque n'est jamais loin.

Emmanuelle CHIRON

Source : Sud Ouest