Circus Incognitus de Jamie Adkins
Dès l’âge de 13 ans, Jamie Adkins jouait les circassiens des rues dans le sud de la Californie. Quelques années plus tard, il déploie ses talents sur les scènes du monde entier...

. À la fois clown, illusionniste, jongleur ou fildefériste, cet homme semble savoir tout faire avec le charme d’une maladresse poétique, dans la droite ligne d’un Buster Keaton.

Circus Incognitus commence dans le noir complet. Une petite lumière apparaît sur le plateau, celle d’une lampe torche baladée par Jamie Adkins. Il s’amuse des effets de lumière, puis projette le faisceau de sa lampe sur le mur du fond de scène et tend le bras. Il faut une demi-seconde pour comprendre, puis soudain l’on réalise que grâce aux jeux des ombres et à un mouvement millimétré, il est en train de jongler avec la lumière. Cette scène d’ouverture capte bien l’essentiel du personnage et du travail d’Adkins : une proposition artistique faite de trois fois rien, ludique et poétique.


Pendant un peu plus d’une heure, il va proposer un festival de gags visuels. Humble, il masque la virtuosité de sa performance derrière une apparence de fausse simplicité, presque comme s’il n’avait pas fait exprès de réaliser chacun de ses tours. Qu’il joue avec un chapeau, des fruits ou qu’il mène une partie endiablée de ping-pong avec une chaise, l’artiste Adkins reste toujours un clown. Un clown incapable de se servir des mots, qui choisit de montrer plutôt que de dire. Quitte à s’empêtrer tellement dans des situations impossibles qu’il ne lui reste qu’à émettre un petit rire mi-gêné, mi-terrifié face à ce qu’il a créé. Le paroxysme du spectacle est sans nul doute le numéro de l’escabeau, à la fois hilarant et techniquement impeccable.

Sur une structure somme toute classique de spectacle de rue adapté au théâtre, Jamie Adkins réussit à apposer une empreinte originale. Derrière le personnage aux allures fragiles, transparaît le souci du détail, le dévouement à un art qui ne laisse pas de place à l’approximation. Grâce au talent de son auteur-interprète, Circus Incognitus devient moment de magie.

Jusqu’au 29 janvier 2012.

Théâtre de la Cité Internationale
17, boulevard Jourdan
75014 Paris
Source : Rhinocéros




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