A son échelle, Bruno partage la passion du cirque
Collectionneur-maquettiste, ce Yonnais a des yeux de môme lorsqu'il évoque l'âme circassienne. Il est l'auteur d'une magnifique expo, à voir à la médiathèque Benjamin-Rabier...

Collectionneur-maquettiste, ce Yonnais a des yeux de môme lorsqu'il évoque l'âme circassienne. Il est l'auteur d'une magnifique expo, à voir à la médiathèque Benjamin-Rabier de La Roche sur Yon, jusqu'au 24 mars 2012.

1965. A 11 ans, rencontre Maurice Massevignier, auteur d'une maquette sur le cirque de 100 m2.
1970. Avec son appareil photos, se constitue une grosse base de données lui servant pour ses maquettes.
1980. Se lie d'amitié avec la famille Ritz.

Ne jetez pas votre vieille table de ping-pong. Cela peut toujours servir. Regardez Bruno Taillandier. Il la débite et assied son univers circassien dessus. Rajoutez du carton, des emballages de céréales, de petits suisses, des pailles, et il vous crée un village animé par la venue du cirque.

Le chapiteau cousu par belle-maman, des maisons en forme de clin d'oeil à des amis, Bruno construit tout, les camions, les caravanes. "Pendant 25 ans, j'ai eu la chance de travailler devant le champ de foire. J'ai vu passer tous les cirques". Bruno Taillandier a 58 ans et les yeux pétillants quand il parle du cirque, la passion vissée au corps.

Son exposition, à la médiathèque Benjamin-Rabier, est tout simplement géniale. Astucieuse, elle ramène sur le terrain de l'enfance. "Un cirque, c'est une ambiance, une odeur mêlée de gasoil, de sciure, de pop-corn et de ménagerie. Là, y a le rugissement des fauves qui couvre le bruit du groupe électrogène. Plus loin, l'orchestre". On voit tout, ressent tout, le bruit en moins.


"Reçu comme un prince"

Bruno, lui, est un défenseur de la mémoire de la tradition circassienne. "Si je peux leur trouver des contrats, j'estime que c'est mon boulot de les aider. Moi, je travaille pour la mémoire, eux vivent tournés vers le lendemain, ils ne sont jamais dans le passé".

Depuis trente ans, il tisse de belles amitiés. La semaine dernière, il était avec les Bouglione. A la fin du mois de mars, il attend la famille Falck du cirque Amar, à La Roche. "Je suis toujours reçu comme un prince. Mais je n'arrive jamais en terrain conquis. Nous sommes chacun à notre place". Il ne demande rien, juste le plaisir du partage. "Quand Juanita Ritz nous invite avec ma femme à passer à table et à partager le mole "le vin en gitan", nous sommes heureux".

Ici des costumes prêtés par les Musicolos, des clowns parodistes, là des habits de scène du fil de ferriste Rudy Karas, "un ami"... L'expo est habitée de mille et une histoires, que Bruno Taillandier connaît. Savez-vous par exemple que Mustapha, l'un des quatre frères à avoir créé le cirque Amar en 1924, est né à Fontenay-le-Comte en 1897 ? "Pour les 90 ans de ce cirque de légende, je vais fabriquer 24 maquettes petit format, autant de tableaux retraçant leur riche histoire".

Il est comme ça Bruno, du genre à filer des cartes postales à Sampion Bouglione, représentant la tournée au Maghreb de sa grande famille : "Il était fou de les avoir." Bruno n'est pas devenu dompteur, c'est vrai, mais à son échelle, il perpétue une tradition.

Loïc Tissot

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Source : maville.com



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