Cirque Mandingue : attention explosif !
Foté, Foré. Littéralement blanc, noir. Tel est le nom du spectacle proposé par le Manège de Reims. En dépit de cet intitulé, voilà probablement le spectacle le plus coloré de l'année...

Foté, Foré. Littéralement blanc, noir. Tel est le nom du spectacle proposé par le Manège de Reims les 15, 16 et 17 mars. En dépit de cet intitulé, voilà probablement le spectacle le plus coloré de l'année. Sur scène, une dizaine d'artistes bondissants vêtus de tee-shirts multicolores exécutent toutes sortes d'acrobaties, de danses et de contorsions.

Eux, ce sont les représentants d'un cirque en devenir : celui de la Guinée. Ne vous attendez pas à les voir dresser des lions ou grimper à des mâts : ces artistes-là font de leurs corps leurs seuls accessoires. Avec une technique qui échappe aux règles enseignées dans les grandes écoles françaises du cirque.

Rien d'étonnant à cela : le Cirque Mandingue est né sur le sable. Celui des plages de Conakry où Yamoussa Camara alias Junior, le meneur du groupe, emmenait les gamins des rues s'entraîner à autre chose que regarder filer le temps. Les exercices étaient physiques. Sans aucun équipement, les jeunes apprenaient l'art du saut périlleux, - peut-être inspiré par les figures des danseurs de Capoeira -, et surtout construisaient d'incroyables pyramides humaines. Ces portés peu orthodoxes sont la marque de fabrique des Circassiens de Guinée.


Repérés par Kamel Ouali


Une technique qui aurait échappé au public européen si elle n'avait pas été découverte, un peu par hasard, par un certain Richard Djoudi. Ce passionné de cirque, qui est également le producteur de spectacles, les repère au cours de l'un de ses voyages en Afrique. Subjugué, il les invite au 2e festival culturel panafricain qui se tient à Alger.

Nous sommes en 2009, c'est le début de l'aventure. En Algérie, les jeunes Guinéens séduisent le chorégraphe français Kamel Ouali, qui met en scène la cérémonie d'ouverture du festival, et Luc Richard, le directeur pédagogique de l'Ecole nationale des arts du cirque de Rosny-sous-Bois. De ces rencontres naît un projet : créer l'école du cirque de Guinée.


Chacun ouvre alors son carnet d'adresses. Car il faut des moyens financiers pour mettre sur pied une telle opération. Le potentiel est là, pieds nus sur le sable, mais travaille dans un chapiteau à ciel ouvert. L'école, ses formateurs, son réseau de diffusion, ses partenariats avec des structures françaises : tout cela est à construire.

Avec le soutien de M, Sanseverino et d'autres. Pour récolter des fonds, les pères fondateurs diffusent leur projet sur le site Kiss Kiss Bank Bank. En décembre 2009, ils montent également une soirée festive solidaire, Rock en cirque. Sanseverino, William Baldé, Albin de la Simone et Matthieu Chédid y participent. Les jeunes artistes de la 22e promo du Cnac de Châlons-en-Champagne aussi. Le projet monte en puissance. Les chanteurs français sont enthousiastes. En 2010, Luc Richard met en scène les acrobates du Cirque Mandingue sur les concerts parisiens de Matthieu Chédid. Les voilà sur la scène de Bercy ! Il ne leur manque plus qu'un spectacle bien à eux.


Après un stage à l'école de Rosny-sous-Bois, après avoir glané de belles récompenses auprès des professionnels lors du 32ème Festival mondial du cirque de demain, ils créent "Foté Foré". Par la danse et les acrobaties, les dix artistes racontent leur histoire, celle d'une vie où la débrouille est une condition pour survivre. Au milieu de cette troupe, un danseur de hip-hop blanc confronte sa technique à la leur. Ajoutez à cela des djembés qui invitent à une danse frénétique et vous aurez une idée du concentré d'énergie qui vous attend. A consommer en famille et sans modération.

Stéphanie Verger Foté Foré, Cirque Mandingue au Manège de Reims, 2 boulevard du Général Leclerc, les 15, 16, 17 mars à 20h30. Renseignements au 03.26.47.30.40 ou sur www.manegedereims.com
Source : L'Ardennais