L'homme de l'ombre qui met en lumière

Il y a les animaux, les artistes, les costumes. Et puis il y a l'ambiance, les sons, les lumières qui plongent les spectateurs dans le rire ou l'émotion...

C'est un homme de l'ombre. De ceux qu'on ne soupçonne pas, en coulisses, mais qui travaillent d'arrache-pied à mettre en lumière les artistes qui se produisent sur la piste. Une qui brille de paillettes, d'étoiles, et de projecteurs, celle du cirque Arlette Gruss.

Julien Lhomme, régisseur lumière, assure, avec une équipe de dix personnes, le show lumineux, et pas n'importe lequel car cette année, le cirque n'a pas lésiné sur les moyens : 450 000 € ont été investis pour donner au public le meilleur.

Les spectateurs profitent donc de la pointe en matière d'éclairage pour le spectacle L'Autre Monde. Un détail, penseront certains, mais quand on entre dans l'antre sons et lumières du cirque Gruss, on comprend toute l'importance du poste. Au-dessus des gradins, on monte à l'aide d'une échelle dans une cabine où on ne tient pas debout et là, des ordinateurs, consoles, machines, fils, branchements...

"Le spectacle, c'est un ensemble : les numéros, les lumières, les costumes, la musique, explique Julien Lhomme. Tout a son importance. Quand les gens se mettent debout à la fin, c'est l'ensemble du spectacle qu'ils applaudissent". Pas question de travailler chacun de son côté. C'est face au numéro déjà mis en musique que Julien, accompagné de Gilbert Gruss, crée la lumière, "une atmosphère, une ambiance".

Cette année, il aura fallu avant tout se former au nouveau matériel, plus informatisé qu'auparavant. Julien travaille pour Gruss depuis dix-sept ans, et a vu le métier évoluer. "On est presque des informaticiens !" Il faut d'abord créer le chapiteau en 3D sur l'ordinateur, configurer, programmer. Ensuite, le soir, il faut activer les choses, mais la couleur bleue ou rouge qui accompagne un numéro a déjà été prédéterminée. Car chaque type d'artiste a sa teinte, son ambiance. Pour le globe de moto, il faut "donner une atmosphère un peu trash ", mais en même temps permettre aux artistes de voir dedans, avec les fauves, "il ne faut pas de clignotements partout".

  • Le rideau de LED de U2

    Bien sûr, avec l'expérience, Julien a appris à travailler sur cet équilibre entre le trop de lumière et le trop peu, l'ambiance et la bonne visibilité. Les filtres, gélatines, iris et autres focus n'ont plus de secrets pour lui. La couleur la plus utilisée au cirque ? "On aime bien le bleu, avoue-t-il. On aime bien mélanger les bleus. La piste est noire, elle absorbe la lumière, donc on peut faire des ambiances intimes".

    Mais de l'intime au grandiose, il n'y a qu'un projecteur, ou plutôt plusieurs. Car cette année, le cirque Gruss a aussi investi dans du matériel impressionnant comme ce rideau de LED (diodes électroluminescentes) qui a servi pour la tournée du groupe U2. Un filet de 8 mètres de haut sur 8 mètres de large qui permet de créer des dessins lumineux pour un effet garanti sur le public. Pour "se donner les moyens de réaliser les idées", le cirque s'est aussi procuré quatre nouvelles poursuites, et une structure "araignée", dirigée par dix moteurs, qui monte, descend. De quoi travailler avec originalité. Et si Julien Lhomme en parle si bien, c'est qu'il est guidé par "la passion de la lumière", sourit-il.

    Actuellement, il travaille déjà sur la création pour 2013-2014, histoire d'avoir toujours un faisceau d'avance.

    Marie Tranchant
Source : Nord Eclair




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