Problèmes techniques au Soleil !
C’était vraiment première mondiale hier soir au Cirque du Soleil. Trente minutes à peine après le début de la première média de Corteo, la toute nouvelle production signée Daniele Finzi Pasca, on nous a annoncé un bris technique. Voilà qui s’appelle du cirque sans filet.

Problème d’automatisation, semble-t-il, il a fallu 43 minutes, occupées à remettre le système électrique à zéro, avant que puisse se continuer la représentation.

Moment historique dans l’histoire montréalaise du Cirque du Soleil qui jusqu’alors n’avait jamais connu ce genre de mauvaise fortune.

Quoi qu’il en soit et puisque the show must go on, la 17e production du Cirque a quand même pu prendre son envol, mais, heure de tombée étant, nous ne pourrons en rendre compte dans son entièreté.

Cependant, cela suffit pour dire que magie, féerie, fantaisie sont au rendez-vous de ce spectacle peaufiné par le clown céleste italien Daniele Finzi Pasca, qui a entraîné comme jamais le Cirque du Soleil du côté de la poésie et de la théâtralité.

Dans un esthétisme qui rappelle les livres anciens du XIXe siècle, puisant à même la grande tradition du cirque, Finzi Pasca donne ainsi de toutes nouvelles couleurs à notre grand cirque extraordinaire.

Son Corteo, qui veut dire cortège en italien, ne s’avère pas funèbre, mais bien festif!

Autour du lit du «mort» s’agite une belle bande de personnages colorés qui viennent offrir dans une succession de numéros un bel hommage à la vie.

Des numéros qu’on regarde souvent, les yeux tournés vers le ciel, les prestations se jouant souvent dans les hauteurs.

Comme ce numéro où trois jeunes filles en dessous aux couleurs pastel viennent faire des acrobaties dans d’immenses lustres, sous la lumière vacillante de chandelles.

Comme cet époustouflant numéro de fil de fer pendant lequel une jeune athlète s’amuse à compliquer la chose d’un numéro de cerceaux.

Moment magique aussi lorsque du bout du doigt, notre «mort» vient tenir une petite personne attelée à un bouquet de ballons gonflés à l’hélium qui ira ensuite survoler le public…

Entre les moments de poésie pure viennent par ailleurs ponctuellement s’installer des numéros rigolos: celui très «enlevé» de trampoline sur lits, cet autre de chevaux sans bêtes, cet autre d’une procession de chaussures vides.

Les merveilleux costumes de Dominique Lemieux qui viennent habiller somptueusement un Auguste ou un monsieur Joyal ajoutent à cet univers de cirque à l’ancienne.

Et le décor, avec son fin rideau transparent peint d’angelots joufflus, transporte à une époque somptueuse qui colle à merveille avec l’imaginaire inspiré de Finzi Pasca.

Source : canoe.com et Guy Bordelais