Les oeuvres picturales de Linet Andrea
Voilà dix ans qu’elle a quitté la piste aux étoiles mais – ses expositions en témoignent – Linet Andrea garde une vraie tendresse pour l’univers du cirque...

Le thème du cirque, très présent dans les oeuvres picturales de Linet Andrea.

Voilà dix ans qu’elle a quitté la piste aux étoiles mais – ses expositions en témoignent – Linet Andrea garde une certaine fascination et une vraie tendresse pour l’univers du cirque. "Le cirque est un peu caché partout ici. Mais parfois, mes projets s’en éloignent un peu ? !", sourit la femme aux boucles brunes et silhouette fine, en désignant les longues cimaises de son atelier de Perrigny-sur-Armançon.

Le monde du chapiteau l’a happée presque par hasard pendant ses années de Beaux-Arts à Londres. Linet est plongée dans ses travaux de vidéaste plasticienne quand elle entend parler d’une école de trapèze. La jeune femme ressent une attirance très forte pour cette discipline et à l’époque, le destin n’arrête pas de faire des clins d’œil. "Une école primaire m’a commandé une fresque murale sur le thème du cirque. J’ai fait plein de recherches à la British Library. Et, je me suis aperçue qu’il n’y avait presque pas de trace de ces gens qui vivaient des moments si intenses ! Cette idée de vouloir vivre le présent m’a séduite. Je me suis dit : Allons vers l’extase !".

Linet démarre sur-le-champ ses cours de trapèze dans une école "un peu roots". Fonceuse et sportive, la jeune femme accroche à la discipline autant qu’à l’ambiance. "Enfin, je trouvais de l’humain à Londres, cette ville où l’on se sent si anonyme. C’était comme une famille, une oasis".

Linet poursuit sa formation en France au Centre national des arts du cirque. Pour son numéro de trapéziste chanteuse, elle s’invente une structure vraiment à elle qui évoque la forme d’un pendule. Elle effectue sa première tournée au sein de la compagnie Archaos. Ses performances la mèneront pendant six ans aux États-Unis, au Vietnam, au Cirque d’hiver ou dans les Maldives.

"Dessiner au mieux de mes capacités, c’était ma manière d’exister"

2000 est une année clé pour Linet. Invitée au mariage d’une amie à Avalon, elle fait la connaissance de l’agri-sculpteur Sylvain Gillot en achetant un bouquet de fleurs sur un marché. "Une superbe rencontre". Pour elle, c’est le moment de quitter "sa vie professionnelle avec beaucoup d’éclat, pour construire ". Une famille mais aussi une œuvre picturale. Créativement, Linet revient à la source en reprenant ses fusains. "Le dessin a toujours été mon arme de bataille quand, enfant, je devais changer d’école. Dessiner au mieux de mes capacités, c’était ma manière d’exister".

De son trait vif et épuré, elle capture l’intensité d’un numéro de funambule mais aussi "l’émotion, la fragilité d’un corps, d’un visage sous la rampe des projecteurs". Pour l’heure, Linet est occupée par deux projets qui n’ont rien à voir avec le cirque. Pour une commande publique, elle doit réaliser un chemin de croix pour l’église de Beaulieu en Côte-d’Or. "J’ai ôté tous les personnages, je n’ai gardé que le Christ pour qu’il apparaisse seul, comme nous dans le fond, quand nous traversons la souffrance au fur et à mesure de notre vie. Il faut la surmonter, se relever". 14 stations poignantes et puissantes sans une once de pathos.

Le prochain Festival de curiosités de Montbard lui sera prétexte à rendre un bel hommage à son père d’origine chypriote. "Il a travaillé toute sa vie dans le même salon de coiffure dans le Kent. Il veut continuer jusqu’à ses 80 ans", souffle Linet qui réalisera un portrait géant de son père en cheveux coupés. Quand la chevelure devient lien d’amour.

Patricia Piquet
Source : L'Yonne.fr




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