Dix "Géo Trouvetou" en piste
L'atelier du Cnac, c'est un peu la caverne d'Ali Baba. En sortent des agrès plus ou moins classiques, à destination des étudiants… Mais pas seulement...

L'atelier du Cnac, c'est un peu la caverne d'Ali Baba. En sortent des agrès plus ou moins classiques, à destination des étudiants… Mais pas seulement.

LE Centre National des Arts du Cirque ne serait pas ce qu'il est sans ses services techniques. Dix "Géo Trouvetou" y officient. En ébullition à longueur d'année. Et plus encore au printemps, quand les étudiants sortants s'apprêtent à voler de leurs propres ailes.

"C'est la période où nous leur construisons des agrès", explique le directeur technique Emmanuel Bretagnon. "Il faut qu'ils en soient équipés à la mi-mai, au plus tard", précise le directeur technique.

Sitôt venu le mois de juin, son équipe se penche sur la scénographie du spectacle de fin de promotion à venir.
Les étudiants de deuxième année s'y préparent alors, ainsi qu'à leur passage obligé devant un jury pluridisciplinaire à la fin du mois d'août. "Un temps d'adaptation leur est donc nécessaire pour se faire à leurs nouveaux agrès", indique M. Bretagnon. "De sorte qu'ils deviennent véritablement autonomes".

  • Prototypes

    Le nombre de "commandes" passées chaque année varie en fonction du nombre et des besoins des étudiants de deuxième année. "Nous avons huit agrès dont deux portiques à construire pour la 24e promotion", précise le directeur technique. Ingénieur mécanique, Jean-Charles Le Gac énumère : "Deux duos de trapèzes fixes, un trapèze ballant, un mât chinois, un cadre aérien et un portique coréen". "Du classique", souligne son supérieur. "On connaît, on maîtrise". Ce qui n'est pas toujours le cas… "Parfois, nous inventons des prototypes". Citons la spirale de Benoît Fauchier, la topka de Vasil Tasevski ou encore la roue Cyr de Rémy Bénard.

    Quel que soit l'agrès, la méthode est la même : "Comprendre ce que les étudiants veulent, mener une étude mécanique, aboutir à un plan de construction. Sans perdre de vue le fait que nous garantissons leur sécurité et celle du public. Il nous arrive aussi de devoir réorienter les étudiants ou, pour certains agrès, de devoir travailler avec eux. Enfin s'ils sont complexes, nous les formons à leur montage".

  • Pour la Palestine

    Leur sont, in fine, facturées la moitié de la main-d'œuvre et la matière première. "Nous achetons l'acier, le bois et la corde mais faisons à façon".

    A titre indicatif, un mât chinois revient à 600 € pièce. "Compter le double, si l'étude technique n'était pas offerte".

    Outre les agrès des étudiants sortants et la scénographie de leur spectacle de fin de promotion, les services techniques du Cnac fabriquent aussi du matériel pédagogique et du mobilier pour l'école, du matériel scénique pour des structures alentours comme La Comète, des agrès pour d'anciens élèves du Cnac et d'autres écoles de cirque. "Nous venons de finir une bascule coréenne pour la Palestine", indique M. Bretagnon.

    Après s'être concentrés sur leur atelier "home made" de 596 m2, les "Géo Trouvetou" châlonnais envisagent de s'ouvrir sur l'extérieur.

    "Nous allons travailler pour des compagnies et d'autres écoles". L'établissement n'en finit plus de rayonner.

    Sophie Bracquemart * Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne
Source : L'Ardenais




Sébastien BERNARD - Collections - [email protected]
François DEHURTEVENT - Photographe - [email protected]
Jean-Pierre JERVA - Photographe / Galeries - [email protected]
Fabien LACROIX - Webmaster / Communication - [email protected]
Julien MOTTE - Newser / Agenda - [email protected]
Jean PEPIN - Newser / Petites annonces - [email protected]
Patrick PREVOST - Newser - [email protected]