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Du grand spectacle avec le Cirque Pinder
Le cirque Pinder arrive en Haute-Savoie avec son nouveau spectacle, "L'incroyable festival du rire, du frisson et des animaux". L'occasion d'une interview de Frédéric Edelstein, directeur du cirque et célèbre dompteur de fauves.

Quelles nouveautés cette année pour le cirque Pinder ?

Le spectacle a été complètement renouvelé avec des artistes qui viennent de Cuba et nous avons un nouveau Monsieur Loyal, Claudy Brunel. Nous n'étions pas venus à Thonon-les-Bains depuis 20 ans !

Vous présentez un numéro spectaculaire entouré de vos "16 rugissants".

C'est un numéro unique au monde parce qu'il réunit entre 15 et 20 fauves autour de moi, à la fois des tigres, des tigresses, des lions et des lionnes.

Comment êtes-vous devenu dompteur de fauves ?

Je suis avec des fauves depuis tout petit : à 5 ans, j'allais leur donner à manger et à boire ! Lorsque mon père, Gilbert Edelstein, a racheté le cirque Pinder en 1983, nous avons récupéré les animaux qui en faisaient partie, dont les tigres. J'avais alors 14 ans, mes parents s'étaient absentés, et j'ai commencé à répéter seul avec les tigres dans la cage, en cachette de mon père.

Cela a marché et j'ai décidé de présenter un numéro. Mon père l'a appris au bout d'une dizaine de jours lorsqu'un de ses amis l'a appelé pour le féliciter à propos de mon numéro. Dans la demi-heure, j'ai été convoqué au téléphone par mon père qui m'a sommé de m'expliquer. Finalement, il m'a laissé faire et j'ai eu la chance de rencontrer Dicky Chipperfield, issu d'une grande famille de dresseurs d'animaux exotiques.

"Le moindre faux pas ne pardonne pas"
Qu'est-ce qui est fondamental pour un dresseur ?

Le secret d'un vrai bon dresseur, et surtout avec des fauves, c'est d'avoir beaucoup de patience et de complicité avec l'animal pour le comprendre. Il vous fait alors confiance et vous pouvez vous permettre beaucoup de choses. Dès que mon emploi du temps le permet, je répète. Le moindre faux pas ne pardonne pas. Tout peut déraper très vite : si vous leur donnez une chance, la plus gentille des tigresses, le meilleur des lions, va vous attraper. Rien n'est acquis, cela reste des prédateurs et des animaux excessivement dangereux.


Vous est-il arrivé des accidents ?

Oui bien sûr, j'ai des marques un peu partout. Et il y a deux ans je suis passé près d'un gros accident : nous étions en représentation en Bretagne, j'avais les 20 bêtes ce soir-là. Un lion m'a déséquilibré d'un coup de pattes et je suis tombé : ils sont alors tous venus sur moi. J'étais à terre et ne pouvais me relever. J'ai un trou dans la cuisse, un morceau du pied qui a été esquinté. Celui qui m'a sauvé la vie, comme plusieurs fois d'ailleurs, c'est Dicky Chipperfield qui était présent et qui est immédiatement entré dans la cage pour faire diversion et me permettre de me relever.

Et si vos enfants voulaient aussi travailler avec les fauves ?

Mon fils est déjà entré dans la cage avec moi. S'il souhaite travailler avec les fauves, je ne veux pas qu'il le fasse comme moi, en cachette. Je lui expliquerai comment faire et je l'aiderai à monter un numéro, pour ne pas refaire les mêmes bêtises que moi.

Propos recueillis par Dorothée Thévenot
Source : L'Essor Savoyard