Dans les coulisses du cirque Arlette Gruss, la magie est quotidienne
Le spectacle va commencer. Le Grand orchestre de Serghei Lurco a pris place. M. Loyal, le maître de la piste, s'apprête à faire son entrée. À quelques minutes de leur première représentation à Troyes, les artistes du cirque Arlette Gruss ont la mine détendue. Chacun sait ce qu'il a à faire. Aucune précipitation, aucun geste approximatif. L'équipe est bien rodée.

Tandis que les derniers spectateurs investissent les gradins, on se maquille dans les loges, séparées par des bâches de toile bleue. Les hommes d'un côté, les femmes de l'autre. Entre les deux, un panneau d'affichage où se côtoient pêle-mêle un miroir pour le dernier coup d'œil, un rappel des numéros d'urgence, un ordre de passage des artistes. Le tout en français et en anglais.


Sous le panneau, à peine éclairé par des néons poussifs, Sarah joue à la DS, assise sur une caisse à outils. La fillette attend sa cousine, Laura-Maria Gruss, petite-fille d'Arlette. "Elle vend des friandises à l'entrée, elle va arriver pour son numéro de chevaux", sourit la petite. On est à quelques mètres du sas où les tigres attendent la fin du discours de M. Loyal. Entre loges et piste étoilée. La pénombre, bercée par la musique des Moldaves, donne à l'ensemble des airs de cabaret. Le lieu, bien que nomade, est chargé d'âme. Dans leur "small" loge, Tom et Pépé boivent un café. L'Américain et l'Espagnol ont fait le tour du monde. "C'est beau d'être payé pour voyager, rencontrer de jolies femmes et faire rire les enfants !"

Les chevaux arrivent. Laura-Maria aussi. "Je n'ai pas de trac, je fais ça depuis 7 ans". La petite dompteuse d'équidés se prête au jeu des questions sans plus de passion. Nathalie, la jongleuse qui est tombée dedans quand elle était petite, se concentre auprès de son époux Zdenek, le polyglotte. On se contorsionne. On embrasse les enfants en passant. Comme d'habitude…
Source : L'Est Eclair