Julius Bitterling, l'équilibriste qui veut voir le monde
Étudiant à l'école du cirque de Lomme, Julius Bitterling a quitté sa ville de Berchtesgaden, dans les Alpes bavaroises, pour apprendre l'art de l'équilibre...

Comment vient le goût du cirque chez un jeune homme porté à l'étude des sciences et à la pratique du saxophone, étudié au Mozarteum, l'école de musique réputée de Salzburg ?

Par hasard, en suivant les traces d'un aîné, par hasard en rencontrant des artistes de tout pays, lors de conventions qui se tiennent en Allemagne. Il a aimé "le dynamisme de la relation" dans le travail de l'acrobate, qui ne peut se construire qu'en ayant totalement confiance en l'autre : "J'avais peur, mais on peut se laisser tomber, les autres vous rattrapent. On s'habitue à pouvoir compter sur l'autre." Et à penser que "cela peut marcher aussi dans la vie".

Avec son bac en poche, Julius s'enthousiasme suffisamment pour quitter les sommets vertigineux de son pays et arrive en septembre 2011 à l'école du cirque de Lomme. Jusqu'ici, le cirque, c'était du loisir, cela prend le chemin d'une profession... peut-être. En tout cas, d'une aventure qui va le mener à Pékin. Grâce à sa prof d'origine chinoise, Yaqin, qui enseigne depuis 17 ans à Lomme. "A la Beijing international art school, même si tu as mal, tu vas en cours et tu travailles", observe le jeune Allemand. Une discipline qu'il imagine "nécessaire pour progresser". Et peut-être "assez douce" car, à Pékin, la sieste pour les étudiants du cirque est obligatoire !

Lui qui a appris à parler français en quelques mois, parle anglais et communique en espagnol avec ses co-locataires circassiens, s'essaye au chinois : une langue où il n'y a ni grammaire ni conjugaison, : "La signification change selon la mélodie de la prononciation". Et puis, Julius Bitterling possède déjà son nom chinois. À Pékin, il s'appellera : Ling Yin. Il sait aussi écrire son nom en idéogrammes.

En attendant de faire le grand saut, Julius a testé son savoir-faire "pour rigoler" avec un ami à Bruxelles. Devant un feu rouge, il a exécuté des figures d'équilibre sur cannes, la spécialité qu'il a étudiée à Lomme. "En donnant un peu de distraction aux gens, on a gagné 160 euros à deux".

Le 29 juin, l'école du cirque accueillera le festival indépendant des arts du cirque Wa ! festival. Nombre de collègues de Julius ont choisi de s'y produire. Julius était absent durant les sélections. Un voyage à Cuba pour retrouver ses parents, médecin et enseignante en Allemagne). Est-il déçu ? "Oui, mais on ne peut pas danser à tous les mariages", dit-il en citant un proverbe de son pays. Quoique pour celui qui rêve aussi d'astrophysique et de nouvelles planètes, le champ des possibles est largement ouvert.

Source : La Voix du Nord