Jean-Pierre Marcos perpétue l'héritage de Jules Verne
Début aujourd'hui de l'un de nos rendez-vous d'été. Chaque lundi, pleins feux sur ceux qui font la vie du cirque et des arts de la rue à Amiens...

Début aujourd'hui de l'un de nos rendez-vous d'été. Chaque lundi, pleins feux sur ceux qui font la vie du cirque et des arts de la rue à Amiens.

Au commencement de l'aventure était Jules Verne. Le célèbre romancier, amoureux du cirque et ami de noms prestigieux dans ce milieu, devient à la fin du XIXesiècle un dangereux activiste.

Son projet : faire construire un cirque en dur à Amiens. L'idée aboutit et le grand homme sera vilipendé jusqu'après l'inauguration des lieux, en1889, qui succèdent au cirque en bois, square Monplaisir.

"Il faut bien se rendre compte que le mode de construction était révolutionnaire à l'époque", explique l'actuel directeur des lieux, Jean-Pierre Marcos. "Seize poteaux porteurs tiennent toute la structure. Et à l'intérieur, rien. Ce que fait que rien n'arrête le regard, quel que soit l'endroit où on se trouve. On avait prédit une catastrophe à Verne".

123 ans plus tard, le cirque est toujours debout et le train passe même en dessous de la place Longueville, où il trône fièrement, bien posé sur ses 44 mètres de diamètre. Gardien du cirque et militant de ses arts, Jean-Pierre Marcos en garantit aussi la mémoire.

"Amiens est une ville de cirque. Sa tradition remonte bien avant Jules Verne". De fait, en1797, un certain Philip Astley, cavalier de l'armée britannique, posera à Amiens -entre autres- les bases du cirque moderne.


"Notre histoire est liée au monde équestre, raconte Jean-Pierre Marcos. Si la piste est ronde, ce n'est pas par hasard. Et si elle mesure 13 mètres de diamètre non plus". Cavalier et dresseur équestre, Astley faisait travailler ses chevaux sur un espace circulaire, en les tenant avec une chambrière de 6,50m.

Le Pôle national, machine au service du cirque

Tout un monde est ensuite né autour du cheval. Ainsi, le clown blanc serait l'extension du cavalier. Quant à l'auguste, il aurait pour ancêtre le palefrenier, qui ramassait les excréments du cheval sur la piste. Puis petit à petit, l'univers du cirque s'est étoffé.

Mais à Amiens, le cirque ne se résume pas à un bâtiment. Il est le symbole, la partie visible d'une puissante machine au service de la promotion d'un pan du spectacle vivant. Plus que le directeur d'un lieu, Jean-Pierre Marcos est surtout à la tête d'un "Pôle national Cirque et arts de la rue".

Jean-Pierre Marcos entend également faire vivre le cirque près de chez lui. Pour la deuxième année, ses Confluences Nomades courent la campagne Picarde. "C'est la promesse de belles rencontres avec de jeunes compagnies et des artistes, dans son village. Et le cirque c'est avant tout cela : une vie nomade", insiste Jean-Pierre Marcos dont le visage s'illumine un peu plus lorsqu'il confie : "On travaille à la création d'un festival de formes courtes à Pargny-Filain, près de Laon dans l'Aisne. Comme tout ce qu'on fait au Pôle, c'est le fruit de belles rencontres. Et tout le monde en profite".

Prédéric Petronio
Source : Courrier Picard




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