Enfants de la balle, ils chevauchent leur passion
Charles, 38 ans : ses grands parents, de la famille Weisheit, dressaient les chevaux du cirque d'État d'Allemagne de l'Est. Un jour, le grand père a reçu un coup de sabot mortel à la tête. Charles a dut (provisoirement) renoncer à l'art équestre.

Sabrina, 37 ans, avec ses cinq frères et soeurs perpétue plusieurs générations du cirque Prin. Avec son père, elle avait un numéro de cavalière. "On dressait également des singes, des chiens, des singes, des sangliers, un lama... " Elle a rencontré son futur mari en Suisse dans le cirque de sa soeur où il travaillait comme... trapéziste.



Leur mariage a donné naissance à la compagnie des Cavaliers du temps. Mais aussi à Victoria, aujourd'hui 13 ans, et Anastasia, qui du haut de ses 2 ans monte déjà à poney !

Les grands parents maternels (86 ans) suivent la famille partout. À part janvier, et parfois décembre s'il fait trop froid, ils sillonnent la France. Avec une prédilection pour le grand ouest car la concurrence est forte dans le Sud et pas souvent de bonne qualité, ce qui détourne le public.



Pour bouger ce petit monde-là, il faut faire plusieurs voyages, outre la caravane des humains, avec un camion aménagé pour huit chevaux, plus un van pour trois poneys et un âne.

Savoir tout faire


Sur la piste, mais aussi en coulisse. Monter et démonter le spectacle et dans les périodes calmes, faire la sellerie, les harnachements, le maréchal-ferrant, concevoir et fabriquer les décors.

L'été dernier, une visite à bord de l'Etoile du Roy avait titillé Charles qui avoue adorer la mer... mais de loin. Alors il a construit un bateau terrestre avec un cheval faisant tour la vergue au bout du mat où il fait une acrobatie. Dresser, monter, jouer, jongler, adapter le numéro à chaque public, ignorer la souffrance des multiples blessures accompagnant une carrière de casse-cou (parfois de cascadeurs).



Et quand ils ne sont pas dans le manège d'un centre équestre, les Cavaliers du temps sont capables de monter à cheval dans un escalier ou un ascenseur comme on leur a déjà demandé pour des mariages, de faire des publicités, ou de meubler une épreuve hippique d'intermèdes, de venir pour un comité d'entreprise.

La troupe dédie à la cité corsaire une belle histoire de pirates et de trésor, avec de la bravoure et de l'humour, et beaucoup d'enthousiasme. Pour mettre au point un tel spectacle, il faut une dizaine de mois d'ajustements.

Source : Ouest france.fr