Pour Bartabas, "avoir un chapiteau, c'est la liberté"
Après les premières représentations de "Calacas" à Auch, Bartabas souffle un peu. Chaque jour, il revient sur le spectacle avec son équipe...

Après les premières représentations de "Calacas" à Auch, Bartabas souffle un peu. Chaque jour, il revient sur le spectacle avec son équipe, cherchant la perfection.

Bartabas est presque un mythe en lui-même, celui que l'on aimerait approcher mais que l'on n'ose pas trop aborder. Sa réputation le précède, autant pour la qualité de ses créations que pour ses réactions parfois vives avec les journalistes. "Il n'aime pas trop les relations avec la presse, confie Marc Fouilland, directeur de Circa. Mais en même temps c'est un moment qui lui permet d'échanger sur sa passion". L'homme est souriant, mais trépigne, il a hâte que le jeu des questions s'achève, s'inquiétant pourtant de savoir s'il a bien répondu.

"Sud Ouest". Comment avez-vous vécu ces premières représentations de Calacas à Auch ?

Bartabas. Pas terrible (sourire et clin d'œil). Non, le public est très agréable, il participe beaucoup et encore plus à la deuxième, à la troisième représentation et encore plus après. C'est un public très "applaudisseur", même un peu trop à mon goût !


Pourquoi avoir fait le choix de venir dans le Gers ?

À Auch il y a 23 000 habitants, au total il y a environ 17 000 places, c'est presque un spectacle obligatoire pour les gens d'Auch ! Ce n'est pas qu'ils s'en foutent dans les grandes villes, mais ici il n'y avait jamais eu quelque chose d'aussi lourd, c'était un pari.

Quand Zingaro a débuté c'était un risque de nous prendre. Alors j'essaie de rester fidèle envers ceux qui y ont cru, comme à La Rochelle, où il y a une histoire avec le public, avec les organisateurs. Ici, on se mord les doigts de partir, on devrait même rester plus longtemps. Et il y a toujours eu des oies dans les spectacles de Zingaro, il était temps de venir !

Même si on ne connaît pas les danses macabres mexicaines, on comprend le spectacle. C'est une volonté de votre part, ces différents niveaux de lecture ?

C'est un spectacle exigeant et populaire. Notre force avec Zingaro c'est que des gens qui ne vont au spectacle qu'une fois par an viennent voir Zingaro. Il doit y avoir plusieurs niveaux de lecture, tout le monde doit pouvoir être ému même si on n'est pas spécialiste. Quand une œuvre est forte, même les enfants comprennent. Pas tout, mais ça les marque. Et je peux vous dire que vingt ans après, ils s'en rappellent encore. On doit avoir l'exigence de ne pas forcément faire ce qui plaît au public, mais d'arriver à dire ce que tu veux et de le faire comprendre au public.

Que pensez-vous de ce nouveau site du Circ ?

Je ne me reconnais pas dans la démarche du nouveau cirque. Avant c'était une aventure de vie, on fonctionnait autrement, on cassait les barrières dans la relation au public. Avec le nouveau cirque, on retombe là-dedans. Avec un cirque en dur, on devient à nouveau dépendant de programmateurs qui t'aiment ou pas. Avoir un chapiteau c'est la liberté, tu vas là où tu veux. Tout a commencé avec Jack Lang qui a voulu mettre de l'argent dans le cirque. (ironique) Parce que quand même, ces circassiens font peur, ils sont totalement hors circuit. Ce sont des gens libres, presque des Roms...
Source : Sud Ouest




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