La critique parisienne...
Le Cirque du Soleil n'emballe pas le critique parisienne
Par Presse Canadienne

Il fallait s'y attendre un peu : l'exigeante critique parisienne n'a pas été emballée par "Saltimbanco", le spectacle que le Cirque du Soleil s'est enfin décidé à présenter dans la capitale française, où il n'avait jamais planté son chapiteau.

La compagnie québécoise, ovationnée par le Tout-Paris le 8 avril, a trouvé son public sur les rives de la Seine. Et après avoir fait le plein de spectateurs pendant son premier mois de représentation, l'énorme machine semble assurée de remporter son pari financier.

Ce succès n'aura pas surpris le quotidien Libération, qui avait prédit, dès le départ, que "le soutien servile des télés et un plan marketing implacable" attireraient les foules.

Ce triomphe annoncé, le gigantisme du Cirque du Soleil, le "côté Barnum de l'affaire" et "l'aspect commercial omniprésent", comme l'a dit le magazine Télérama, n'ont pas manqué, en effet, d'agacer les critiques.

"Le Cirque du Soleil a beaucoup d'argent et il s'en vante", a ainsi déploré dans Le Nouvel observateur l'écrivain et critique Jérôme Garcin.

Mais au-delà de cette méfiance devant les moyens hollywoodiens du "holding de Guy Laliberté", c'est la décision du Cirque de présenter dans la capitale française "Saltimbanco", vieux d'une douzaine d'années, qui lui vaut les reproches d'une large partie de la critique.

Après tout, avec son "esthétique années 80" et ses "couleurs pétantes", Saltimbanco a pris un "petit coup de vieux", a comme l'a dit le quotidien économique La Tribune, en soulignant que "Saltimbanco" était "bien moins avant-gardiste" que les très nombreux spectacles de cirque présentés à Paris.

Le quotidien Libération, "interloqué devant tant de moyens mis au service de si peu de subtilité", a eu la dent plus dure.
"Avec ses costumes aux couleurs criardes dignes d'un plateau de TF1, ses grimaces et chorégraphies désincarnées et sa trame narrative indigente, le géant québécois est aussi un long tunnel dans lequel on aimerait séquestrer le gnome qui énumère d'entrée le nom des sponsors", a écrit Libé, ébloui tout de même par la virtuosité des artistes.

Moins cinglant, le journal Le Figaro n'avait pas dit autre chose le jour de la première. Si les artistes sont "formidables", avait écrit le quotidien conservateur, "l'emballage a vieilli". "Les costumes affichent les couleurs criardes de la variété de ces années-là et la musique ressemble à du sirop pour coiffeur", avait tranché Le Figaro.

Toute la presse n'a pas été aussi sévère, d'autant qu'elle a bien du reconnaître, comme La Tribune, que les spectateurs sont "fascinés par ce qu'ils voient".

Au final, on pourra donc se laisser séduire, comme le magazine Télérama, par "la magie d'un spectacle qui, de numéro en numéro, emporte bientôt la salle" et s'écrier: "Quel spectacle!"

Ou alors, comme Jérôme Garcin, "on sera épaté, on ne sera pas ému. On admirera, on n'aura pas la chair de poule. On volera dans le futur, on ne retombera pas en enfance. C'est à mille lieues de la poignante féerie fellinienne, le sommet du rêve américain : une bruyante fabrique de plaisirs universels."




Source : www.showbizz.net