Francis Tobaruela, l’homme qui fait rentrer des cirques entiers dans son salon

Il se sent si bien dans le costume de Monsieur Loyal. Francis Tobaruela, de Vieux-Charmont, n’a pourtant jamais travaillé dans l’univers des clowns et des dresseurs de fauves...

Ce qui ne l’empêche pas de réaliser des cirques miniatures incroyables.

" Pour travailler dans un cirque, il faut être né dedans. Moi, ce n’était pas le cas, mes parents étaient ouvriers ", regrette presque Francis Tobaruela. Depuis tout gamin, dans les Vosges, il a pourtant toujours eu les yeux qui s’illuminaient lorsqu’une fête foraine ou un cirque venait dans la région.

Les animaux, les habits à paillettes, pour moi, cela a toujours été du rêve


" J’aidais pour le montage, et si un chapiteau était là durant trois jours, vous pouviez être sûr que j’y étais les trois journées. Les numéros des artistes, les animaux, les habits à paillettes, pour moi, cela a toujours été du rêve… ".

Et puis Francis a grandi. Installé en Franche-Comté, il n’a pas suivi les pas d’Achille Zavatta ou d’Arlette Gruss. Non, non… Comme tout le monde, il s’est retrouvé à l’usine. Chez Peugeot à Sochaux où il a été maintenancier jusqu’à la retraite, il y a maintenant presque trois ans.

Lorsqu’il travaillait encore, sa bouffée d’oxygène, le week-end, c’était d’aller voir des cirques. Partout dans l’est de la France, mais aussi en Suisse et en Allemagne.


Francis Tobaruela a reproduit à l’identique au 1/43 e le cirque Kino’s avec son chapiteau et plus de 50 véhicules.


"Je ne me suis pas amusé à compter les kilomètres, cela ferait peur ", confirme celui qui s’imaginait parfois dans la peau d’un Monsieur Loyal, " même s’il faut avoir une certaine prestance ".

"Le cirque, c’est trois heures de bonheur ", confirme son épouse, Maryse, qui l’accompagne partout. Cela ne fait aucun doute lorsqu’il dévoile son album photos où Francis pose fièrement assis sur la patte d’un éléphant, ou encore en caressant deux ours bruns. "De tout près, ils étaient impressionnants. Je n’étais pas rassuré en voyant les griffes ", se souvient-il.

Au fil de ses pérégrinations, Francis Tobaruela a surtout pu rencontrer ces enfants de la balle qui le font rêver depuis qu’il est môme. C’est le cas de la troupe du cirque Kino’s.

"Je les ai vus une bonne vingtaine de fois. Il y a Désiré Rech et ses fils Jean et Sylvain. C’est devenu un peu comme ma deuxième famille. Leur chapiteau a malheureusement subi de lourds dégâts. En moins d’un an, en 1999-2000, ils ont vécu une tornade, la fameuse tempête et un incendie où des animaux ont péri… J’ai voulu leur rendre hommage en construisant à l’identique une maquette de leur cirque. Désiré ne l’a pas encore vue mais je pense qu’il va être surpris ", révèle le Vieux-Charmontait qui s’est lancé dans ce défi complètement fou il y a maintenant… trois ans !

Parfois, je me réveillais la nuit pour noter une idée. Sinon, je ne dormais pas

" Je viens de la terminer. C’est une maquette de trois mètres sur deux avec plus de 50 véhicules, 70 personnages et un chapiteau tout ce qu’il y a de plus réaliste au 1/43e. J’ai tout réalisé à l’identique d’après des photos et des vidéos. Il faut aussi avoir pas mal d’imagination pour trouver des astuces permettant de coller à la réalité. Regardez, il y a même du pop-corn dans le bar ", raconte ce passionné qui a utilisé des centaines de tubes de colle et pas mal d’huile de coude.

Trônant sur la table du salon, cette réplique, sa quatrième réalisation, va maintenant retourner dans les cartons. En attendant, pourquoi pas, d’être exposée enfin aux yeux du public.

Source : Le Pays.fr