Lucien Gruss : " Je suis un homme de cirque et un homme de cheval "
Au Domaine équestre du Solat, à Arthun, près de Boën, on privilégie la Belle Équitation.

Dans ce cadre-là, presque un cadre noir, Lucien Gruss est venu apporter aux cavaliers qui le désiraient, ses lumières.

Mais en toute simplicité, avec sa gouaille, son franc-parler.

Il reste un homme de cirque dans toute l’étendue du terme.

En même temps qu’un homme de cheval. Son discours est un pur moment de fraîcheur.

Lucien Gruss, donnez-nous la définition d’un écuyer ?

Je n’aime pas ce mot-là. Je suis quelqu’un qui monte les chevaux, qui dressent les chevaux. Je suis un homme de cheval, un dresseur aussi. Au départ je suis un homme de cirque. Que je suis toujours, d’ailleurs, un homme de cirque qui est plus sur le cheval.

Qu’est-ce qui vous a amené au cheval ?

On passait tous par les disciplines du cirque : la danse, le sol, le cheval, le trapèze… Ils sont tous passés par là, dans la famille, sauf moi.

Moi j’étais collé à ces gens-là pour aller voir les chevaux. J’ai présenté mon premier cheval à trois ans. Pour mon premier groupe de chevaux en liberté j’avais six ans.

Comment approchez-vous le cheval ?

Je regarde d’abord. Et après, en fonction du cheval, je vois.

Je n’impose rien. La première qualité est de se remettre en question. Tout est fonction de ce que le cheval peut donner. Après, c’est un travail d’échange. Et c’est un métier manuel. Y en a qui s’imagine que j’ai une cravache magique.


Y en a qui s’imaginent que j’ai une cravache magique » déclare Lucien Gruss


Il y a des chevaux plus faciles que d’autres ?

D’abord, le cheval heureux est celui à qui on ne demande rien. Je me suis occupé du cheval de trait jusqu’au machin qui fait 80 cm.

Pour l’art équestre, les chevaux ibériques ont plus de possibilités d’adaptation, et ils sont d’une gentillesse extraordinaire. Mais quand on me dit que le cheval est la plus belle conquête de l’homme, moi je dis "Et les bonnes femmes !!?".

S’il fallait résumer votre parcours.

Dans les années 80-81, j’ai arrêté le cirque, j’ai commencé à ne faire que le cheval et j’ai ouvert la première école en Seine-et-Marne.

Et pendant 17 ans j’ai fait du spectacle équestre ; et puis j’ai repris le cirque chez ma sœur, jusqu’en 2003.

Je n’avais pas de maison d’ailleurs. Je n’avais pas de maison mais j’avais des écuries. Je continue à faire des spectacles, mais sur place, chez moi, à Uzès. J’ai 24 chevaux.

Ce sera un autre style, une autre visite exceptionnelle dédiée à l’art équestre.

Source : Le Progrès.fr