Tournai : La Grande fête du Cirque sur l'Esplanade de l'Europe

La Grande fête du cirque de Tournai n'a certes pas usurpé son qualificatif. Le spectacle est, tout simplement, grandiose.

On savait la formule rodée pour être présentée depuis une bonne décennie à Namur, et depuis un peu moins longtemps, à Charleroi. La quatrième édition tournaisienne de la Grande fête du cirque n'a pas déçu les (plus de) 2000 spectateurs qui ont assisté à la soirée de lancement sous le chapiteau dressé sur l'Esplanade de l'Europe.



C'est un spectacle de plus de deux heures qui a été concocté par un enghiennois devenu maître dans l'organisation de ce type de manifestation : Emmanuel Horwood. Ce dernier n'hésite pas à se mettre lui-même en scène dans le rôle qui est le sien, soit celui du directeur du cirque que vient taquiner gentiment l'hilarant Mathieu, un clown atypique dont les gags et maladresses meublent sympathiquement, et souvent poétiquement, les passages entre deux numéros.

Ces derniers se succèdent toutefois à un rythme à ce point soutenu que, lorsque les artistes entrent en piste pour le rondo final, les spectateurs hésitent à quitter leur siège, persuadés que le spectacle va se poursuivre. Encore. Et encore.

Le spectacle 2013 porte particulièrement bien son nom : "Explosif".

S'y mêlent des numéros traditionnels à d'autres, moins classiques, ou revus et corrigés à la sauce circassienne actuelle. Agrémentée de surcroît par les interventions musicales du grand orchestre britannique d'Alex Bozic ou par les chansons de la talentueuse Aurelie Gregorowic, une belge d'origine polonaise qui ferait pâlir de jalousie les jurés de The Voice Belgique.



Mathieu


Côté classique, on retrouve en piste des dompteurs comme on n'en voit pratiquement plus sous les toiles. Dont deux membres de la célèbre famille Folco-Amedeo et sa maman Adriana- qui se sont taillés une réputation internationale avec leurs numéros mettant en piste des éléphants indiens (Baby et Sharon) et des dromadaires aux accents italiens.

De dresseurs, il en est encore question avec deux numéros plus insolites, celui du russe Vlad Olandar mettant en scène des chats angoras blancs obéissant comme des chiens aux injonctions de leur maître. Ou encore les otaries que l'anglais Ingo Stiebner n'hésite pas à embrasser sur la bouche pour les féliciter (il faut aimer le poisson…).



La poésie transparaît aussi dans ces numéros d'acrobates qui fond oublier que, derrière chaque sourire, derrière chaque prouesse se dissimulent des jours, des mois, des années de répétition.

Et il en a fallu de très nombreuses pour permettre à trois de ces groupes de présenter tour à tour un triple saut périlleux dans leur discipline respective.

La barre russe, tout d'abord, que les jeunes cubains des Mambos 5 abordent comme s'ils y avaient effectué leurs premiers pas. Le trapèze volant, ensuite, d'où les brésiliens de Flyins Mendonca prennent leur envol vers le sommet du chapiteau culminant à 21 m de hauteur.

Un improbable trampoline mural, enfin, où les bulgares de Flying trampoline rebondissent comme des pantins désarticulés mais néanmoins maîtres de leur envol.

Des moments forts qui contribuent à faire que le cirque - et surtout ce cirque-là - se veut un spectacle à nul autre comparable.
Source : L'avenir.net