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L'énergie débordante de M. Loyal


Le débit est mitraillette, la gouaille inarrêtable, l'énergie visiblement inépuisable. Même jeune père, avec des heures de sommeil à jamais envolées, Karl Lassus court partout, lance mille idées à la minute, remue tout autour de lui. On sent le côté accrocheur de l'ancien commercial qu'il était avant de tout changer dans sa vie.

C'était il y a treize ans, en juillet 2000. Sur son lit de mort, son père, François Lassus, lui passait le relais. Drôle d'héritage que ce cirque de Noël, créé trente ans auparavant par un banquier passionné, qui avait monté l'affaire pour jouer les Monsieur Loyal une fois l'an, entre des clowns et des trapézistes embauchés pour distraire les enfants des comités d'entreprise.

Certes, Karl, dès l'âge de 6 ans, a trempé dans cet univers que son père recréait chaque fin d'année. Mais, en 2000, le cadre commercial basé à Paris puis revenu au pays, à Orthez, n'avait pas vraiment le virus du cirque. Ou plutôt, il ignorait qu'il était en lui. "J'ai hésité à le reprendre. Et puis, aux obsèques de mon père, à Hossegor, entouré de tous ces artistes qui s'étaient déplacés, je me suis décidé", explique celui qui, depuis, a endossé le costume de Monsieur Loyal. " Il a fallu que je trouve un costume, d'ailleurs, et que j'apprenne les ficelles du métier. La première tournée du Cirque de Noël, je l'ai organisée en hommage à mon père."

Pendant cinq ans, il va assurer les dates du petit cirque dans les villages de la région. Et puis, hyperactivité oblige, le cirque va grandir, et le commercial sous le costume de Monsieur Loyal, se réveille.

De rendez-vous pour les comités d'entreprise qu'il est toujours, le Cirque de Noël va devenir un cirque à part entière. Avec ce chapiteau de 2000 places trouvé en Italie, qui nécessite une quinzaine de techniciens pour le monter, des dizaines d'artistes qui vont se succéder au fil des hivers et des milliers de spectateurs à travers le Béarn, le Pays basque, la Bigorre et les Landes. "De 2006 à 2009, on est passé de 17 000 personnes à 30 000". Et plus rien n'arrête Karl Lassus. En 2009, justement, débordé par le phénomène, il quitte son travail de commercial. "En bons termes avec mon patron, mais il faut choisir." Depuis, le cirque salésien grandit, grandit… En 2012, 57 000 personnes sont passées sous le chapiteau.

Cette année, il compte faire autant, voire plus. Pour cela, six clowns ont été recrutés, mais aussi des jongleurs, des acrobates et bien sûr des dompteur. Au total, 60 personnes, artistes venus de toute l'Europe et techniciens, parties sur la route début novembre. Tarbes d'abord, puis Salies-de -Béarn et, depuis samedi Bayonne (1). Sans oublier deux éléphants, six tigres et huit boxeurs footballeurs qui mériteraient de devenir aussi célèbre qu'un certain lama Serge...

Karl Lassus reste donc aux manettes, même, si cette année, il a abandonné le costume de Monsieur Loyal. Il n'en reste pas moins le commercial insatiable qui déborde d'idées. Cette fois, il a inventé le concept de faire partager à une famille un week-end au cirque, a trouvé un partenaire et lancé un jeu-concours. Il a aussi mis sur le marché un double DVD réalisé par le bayonnais Arnaud d'Alfonso, avec des caméras Go-Pro pour rester au plus près des funambules. Trois heures quinze minutes de spectacle ainsi compilées. Inarrêtable, vous dit-on !
(1) Le cirque a pris ses quartiers d'hiver à Bayonne, au champ de foire, jusqu'au 1er décembre. Puis il passera par Pau-Idron (7 au 18 décembre), Oloron, Dax et enfin Mont-de Marsan.

Tout savoir sur www.lecirquedenoel.fr

Source : Sud-Ouest